À Grenoble INP – Pagora, UGA, les étudiants apprennent en expérimentant, en lien direct avec les industriels. Évelyne Mauret, directrice de l’école, et Eliot Ennifer, élève-ingénieur en dernière année en alternance, reviennent sur cette pédagogie de l’action, l’ouverture de l’école et les débouchés d’une filière d’avenir.
Former des doers : ça veut dire quoi, concrètement, à Pagora ?
Évelyne Mauret : Les projets menés tout au long des trois années permettent aux jeunes de se positionner très rapidement en tant qu’acteurs. En première année, il y a un projet scientifique. En deuxième année, Pagotech demande à l’étudiant de mobiliser lui-même les connaissances acquises dans d’autres matières. Il y a aussi un hackathon avec un partenaire industriel. En troisième année, les projets DEEP (Défi d’une Équipe d’Élèves de Pagora) visent la création d’un prototype, un démonstrateur. Vous devez produire quelque chose. Et comme nous travaillons sur des matériaux biosourcés, nos diplômés sont avant tout acteurs de l’évolution de la société face aux problématiques environnementales.

Eliot Ennifer : L’école accorde une place importante aux travaux pratiques, aux visites d’entreprises et à l’alternance. Nous disposons d’une grande liberté et d’un vrai soutien sur les projets à entreprendre. On apprend par nous-mêmes à réaliser un projet d’études, en couplant des outils d’initiation à l’innovation. Cette approche permet notamment d’apprendre en autonomie, d’entreprendre et d’être acteur du changement dans le monde professionnel. Le semestre à l’étranger dès la 1re année apporte aussi des connaissances certaines.
En quoi vos nouveaux parcours de master en anglais représentent-ils cet esprit ?
Évelyne Mauret : Nous travaillons en étroite collaboration avec notre laboratoire de recherche, le LGP2. Néanmoins, la recherche est souvent en avance de phase par rapport à une formation ingénieur. Or, notre objectif est de permettre à nos étudiants d’appliquer rapidement ce qu’on leur enseigne. Nous devons rester attentifs au marché. Ce transfert de l’innovation entre la formation ingénieure et la réalité de l’emploi est toujours délicat, notamment dans les domaines de la bioraffinerie, des nouveaux matériaux biosourcés et de l’électronique imprimée. Ces masters permettent d’aller plus loin et de transférer plus vite ces innovations vers la société.
Eliot Ennifer : Il est aussi très intéressant d’accueillir des étudiants étrangers. Ça apporte de la mixité et de l’ouverture.
Et le plus de la formation en apprentissage ?
Eliot Ennifer : C’est la complémentarité ! À Pagora, on est plutôt sur une formation théorique, qui nous inculque des concepts scientifiques et de la rigueur. En entreprise, on évolue dans le monde industriel, ce qui nous permet d’appliquer les concepts appris à l’école et de toucher au concret du métier d’ingénieur. Dans mon cas, les cours de physico-chimie dispensés par Madame Mauret m’ont notamment permis de connaître les interactions qu’il pouvait y avoir entre des produits chimiques et les fibres, par exemple et, ainsi de mieux comprendre ce que je fais en laboratoire ou chez un client.
Évelyne Mauret : Les apprentis enrichissent aussi les cours. Ils posent des questions différentes, ou apportent certaines réponses, parce qu’ils sont en contact avec les problématiques industrielles. Ils constituent une ouverture vers le monde industriel pour les autres étudiants.
Pourquoi choisir Pagora aujourd’hui ?
Parce que l’école n’enferme pas, bien qu’elle soit spécialisée. Elle ouvre, au contraire, sur une multitude de secteurs et de métiers : packaging, matériaux biosourcés, procédés additifs, impression fonctionnelle, production, R&D, qualité, technico-commercial. Et pour Eliot Ennifer, cette spécialisation est positive. « On est dans un secteur de niche, avec de nombreuses opportunités, une vraie ouverture à l’international et des débouchés variés. Moi, je suis dans la chimie, d’autres sont dans le biomédical ou au CEA. Non seulement, l’école ne nous limite pas à la papeterie, mais surtout, elle nous ouvre à des milieux pleins d’avenir. » Par conséquent, « si des jeunes veulent être acteurs des changements de la société, c’est la bonne école » conclut Évelyne Mauret.