Interview Delphine Riu Grenoble INP Ense3
Delphine RIU @GrenobleINPEnse3

Grenoble INP – Ense³, UGA : l’ingénieur du futur – L’interview de Delphine Riu

De l’énergie, Grenoble INP – Ense3, UGA n’en manque pas, tout comme sa directrice, Delphine Riu. Si vous souhaitez vous orienter vers les secteurs stratégiques des énergies hydraulique, solaire, éolienne et nucléaire, bienvenue dans une école à impact.

Quid de l’innovation pédagogique en 2025 – 2026 ?

Nous proposons une nouvelle formation, ACT – Agir et Construire les Transitions, comportant deux parcours de spécialité : PISTE, orienté autour de l’ingénierie soutenable, et TEET pour accompagner la transition écologique des Territoires. Cette formation sera ouverte pour la formation initiale et pour la formation continue. Plus globalement, nous sommes engagés dans la réforme de nos maquettes pédagogiques pour nous inscrire encore davantage en avance de phase vis-à-vis de l’adaptation aux impacts anthropiques, en s’intéressant à de nouvelles questions scientifiques et en développant de nouvelles pratiques pédagogiques.

Un événement marquant cette année ?

Nous sommes historiquement l’école de l’hydroélectricité. Nous célébrons cette année le centenaire de l’exposition internationale de la houille blanche  et avons accueilli, le 21 mai dernier, une table ronde ouverte au public sur le thème « Hydroélectricité : se former et innover ». Nous avons également réalisé une exposition photographique « La Puissance de l’eau » pour sensibiliser les acteurs aux différents enjeux de la production l’hydroélectrique. L’idée est de mettre en avant notre approche systémique du sujet, pas uniquement d’un point de vue production hydroélectrique mais également à travers les questions environnementales et économiques. Nous nous inscrivons dans une démarche d’ouverture vis-à-vis de la société civile, à travers des actions de sensibilisation aux questions scientifiques, et la participation du public à la mise en place de projets concrets autour des enjeux énergétiques.

Quel impact sur la stratégie de l’école ?

Jusqu’à présent, nous souhaitions être une école exemplaire sur le volet de la responsabilité sociétale et environnementale. Notre objectif, à cinq ans, est le devenir dans le domaine de l’ingénierie régénérative. Comment ? En intégrant le vivant dans les solutions d’ingénierie, c’est-à-dire en s’inspirant de la Nature pour concevoir des solutions innovantes. C’est intellectuellement et scientifiquement très stimulant. Cela implique de renforcer l’expertise de nos élèves dans les disciplines traditionnelles de l’école, tout en ouvrant nos maquettes à de nouvelles disciplines autour de l’écologie ou de la biodiversité. Demain, ces nouveaux profils d’ingénieurs questionneront davantage l’usage qui sera fait des solutions avec une vision bien plus large de leurs impacts. C’est une véritable ouverture d’esprit vers de nouveaux projets de recherche, de nouveaux questionnements et de nouvelles façons d’appréhender les cours. Dès 2026, les étudiants bénéficieront ainsi d’une centaine d’heures d’enseignement dédiées aux enjeux de soutenabilité appliqués à la conception d’ingénierie pour, à terme, pouvoir se positionner sur des pratiques d’ingénierie régénérative quelle que soit leur filière. Par ailleurs, certains étudiant peuvent développer un cursus avec une dimension recherche, avec le parcours Etudiant-Chercheur qui, dès la 1re année, plonge les élèves en immersion dans un laboratoire ½ journée par semaine.

L’Ense3 en 2050

Nous travaillons sur la vision 2050 de l’école et de l’ingénieur / ingénieure Ense3. Nous avons organisé cette année une nuit de l’utopie pour réfléchir avec l’ensemble des parties prenantes à l’avenir de l’école. L’idée est de s’interroger sur ce à quoi pourrait ressembler une école d’ingénieurs dans 30 ans, au sein d’un environnement soumis à des aléas climatiques différents de ceux d’aujourd’hui, mais aussi d’écouter les étudiants sur la vision de leur métier dans le futur. Or aujourd’hui, les jeunes talents n’envisagent plus de faire le même métier toute leur vie donc nous devons accompagner des carrières à la reconversion. En 2050, c’est le site même de l’école qui se doit d’être régénératif !