« A GEM, nous travaillons pour définir l’école du futur. Celle-ci utilisera des méthodes très différentes (études de cas, classes inversées, serious games…) dans des lieux d’enseignement très différents qui intègrent la torsion de l’espace-temps que permettent désormais les technologies (e-learning, MOOCs, apprentissage synchrone ou non mais tout au long de la vie…). »
Loïck Roche, Directeur de Grenoble Ecole de Management

Loïck Roche, Directeur de GEM

Loïck Roche, Directeur de GEM

Quel est le bilan global de l’école après 30 ans d’existence ?
Après nous être insérés dans le paysage des écoles françaises, puis obtenu une reconnaissance au niveau européen, la troisième étape est de faire de GEM une marque capable d’impacter et d’inspirer l’ensemble de ses parties prenantes. Dans le même temps, nous devons prendre en compte les mouvements de fond : critiques des écoles qui n’ont pas su anticiper la crise ; arrivée de nouveaux compétiteurs dans l’enseignement supérieur ; frais de scolarité déraisonnables ; émergences des questions de RSE et d’éthique ; mise en cause de la recherche parfois sans lien avec l’entreprise. Pour répondre à ces enjeux, j’ai défini la stratégie de GEM comme devant nous permettre de réussir à passer d’une Business School à une School for Business.

 

Sur quels types d’enseignements allez-vous faire porter vos efforts ?
Nous devons faire évoluer le métier d’enseignant, comprendre que les étudiants peuvent avoir accès aux connaissances par d’autres canaux, les préparer à résoudre des problèmes dans un monde qu’ils vont contribuer à inventer. Nous devons transmettre des humanités, des valeurs, une éthique, une capacité critique, une puissance d’innovation, un esprit entrepreneurial. La pédagogie doit changer. Ne diffusons plus des cours ex-cathedra, allons au-delà de la pédagogie différenciée et mettons en place une pédagogie d’un troisième type, une pédagogie connectiviste : qu’il s’agisse de supports numériques, de base de monde. Tout l’enjeu consiste à passer de la capacité à trouver une information et de la tordre au savoir-faire et au savoir-être.

 

Des campus ou partenariats spécifiques à l’international sont-ils prévus dans les années à venir ?
Notre stratégie à l’international est liée à l’identité de GEM, la technologie, l’innovation et l’entrepreneuriat (Grenoble est classée
1ère ville française et 5e ville dans le monde en innovation par Forbes). Nous devons être présents là où ces dimensions sont prioritaires. Comme nous avons déjà bâti liens très forts avec des universités comme Beihang, Pace, Simon Fraser, Georgia Tech…, nous serons demain en Corée, en Inde, au Japon et à Taïwan.

 

Les plus de Grenoble pour son avenir…
Depuis 30 ans, nous travaillons sur notre identité technologie, innovation et entrepreneuriat. GEM fait partie du campus de l’innovation GIANT sur le modèle de la Sloan School of Management, la business school du MIT. Nous travaillons à valoriser les technologies, à transformer les brevets en emplois, à imaginer et créer les formations de demain en sciences de gestion pour les publics ingénieurs et scientifiques. Comme autre avenir ambitieux pour GEM, nous travaillons sur des scénarios de croissance externe pour compléter notre offre de programmes au plus haut niveau de qualité et sur les modalités de travail en commun que nous pourrions proposer à nos amis d’EMLYON Business School. Réunir les forces de production en sciences de gestion de nos territoires pour former une puissance d’enseignement et de recherche unique. Là est l’avenir, être pour la Région, un véritable accélérateur de croissance.

 

Festivités prévues
L’Ecole ne se retournera pas sur son passé mais se projettera. Tout au long de l’année, elle invitera ses parties prenantes à anticiper avec elle le futur de la formation, de la société, et de l’économie de l’année. Point d’orgue des festivités : conférences, débats et expérimentations les 22 et 23 mai 2014 à Grenoble.

 

Patrick Simon