Pierre Tambourin, Directeur Général de Genopole, nous présente l’importance de ce biocluster situé à Evry en matière de recherche et nous dévoile les atouts qu’il représente pour le développement économique de la France et de l’Union européenne.  – Par Patrick Simon

 

 

Que faut-il faire pour être classé dans les dix premiers bioclusters mondiaux ?

D’un point de vue quantitatif, nous devons augmenter substantiellement le nombre de chercheurs, d’étudiants et de startups en biotechnologies. Avec 2 500 personnes, la taille de ce cluster demeure modeste comparé à d’autres comme ceux de Londres, Los Angeles ou San Francisco avec la Silicon Valley. Nous souhaitons doubler nos effectifs et le nombre de nos laboratoires pour devenir visible au plan mondial. Au niveau qualitatif, nous avons vocation à maintenir notre excellence dans des domaines très pointus des sciences du génome (la génomique) et jouerons un rôle de premier ordre dans le plan médecine personnalisée récemment annoncé par le gouvernement. Nous perpétuons notre tradition de recherche dans divers domaines comme les cellules souches pluripotentes humaines et la biologie de synthèse, par exemple.

© Augusto Da Silva – Graphix - images

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Comment mutualisez-vous les expertises, les compétences et les équipements dans le cadre international ?

Nous nous associons à des clusters frères (Barcelone, Montréal, Wuhan, etc.) qui regroupent eux aussi chercheurs, étudiants et des startups, avec lesquels nous développons des relations et des échanges, l’objectif étant de se féconder les uns les autres, notamment au niveau de la recherche. Un deuxième axe consiste à repérer les chercheurs français partis à l’étranger afin de les faire revenir sur notre territoire en leur offrant des postes à responsabilités, car après une longue période passée à l’étranger, les chercheurs souhaitent souvent revenir dans leur pays. Le troisième point consiste à définir des programmes européens de manière à faire progresser l’innovation dans l’Union européenne pour mieux se positionner face aux États-Unis.

Vos investissements dans les biotechnologies vont-ils déboucher sur des solutions afin de résoudre les grands problèmes environnementaux ?

Avec les biotechnologies, nous devons apporter des solutions tout à fait exceptionnelles pour résoudre les problèmes environnementaux. Par exemple, la pollution des eaux ou du sol par des produits chimiques hautement toxiques peut être traité par l’utilisation de bactéries conditionnées pour transformer ces substances en produits biodégradés moins toxiques pour l’homme et pour l’environnement. De même, les biotechnologies pourraient préserver les ressources fossiles et éviter l’épuisement des ressources maritimes. Nous nous dirigeons vers le remplacement des productions de l’industrie du pétrole dangereux pour l’atmosphère par des produits rapidement biodégradables.

 

Quel est l’impact de Genopole sur la création d’entreprises et l’industrie ?

La France (comme la plupart des pays européens) est en retard face aux États-Unis en matière de création d’entreprises innovantes à partir des sciences du vivant dans le cadre de l’économie du savoir. Nous devons former des personnes qui créent des entreprises avec les derniers résultats acquis en laboratoire, de la même manière que les sociétés étasuniennes qui sont devenues des géants de l’industrie pharmaceutique. Aujourd’hui, la France s’est mobilisée et l’une des missions de Genopole consiste à aider les couples chercheurs/ entrepreneurs à transformer nos découvertes en projets industriels pour faire en sorte qu’il existe à terme en France des Google et des Microsoft. Les grands domaines dans lesquels nous créons des entreprises issues du vivant concernent les médicaments, l’agroalimentaire, la bio-industrie et l’environnement.

 

Contact : cedric.goubet@safrangroup.com