Le Centennial Campus de Raleigh où est établi le campus américain de SKEMA

Le Centennial Campus de Raleigh où est établi le campus américain de SKEMA

Quelles écoles ont déjà fusionné ?
La fusion des ESC Tours et Poitiers a conduit à la formation de l’ESCEM en 1998. La suite de l’histoire s’écrit depuis mai 2012 avec la formation de FBS (voir plus loin). En 2001, c’est au tour de ESCP et EAP de se marier, donnant naissance à la première école européenne multi campus, ESCP Europe. Pour Pascal Morand directeur de l’institution depuis 2006, « ce qui importe avant toute chose est l’identité stratégique du projet. Il faut une identité et des valeurs plus qu’un seul objectif d’économies d’échelle pour faire adhérer la communauté à la formation d’une école. »Les anciens de ESCP craignaient pour leur identité parisienne, ceux d’EAP pour leur histoire européenne. « Le mariage a au contraire permis aux caractéristiques de chacun d’être sublimées. On sait que si le projet n’avait pas rencontré l’adhésion des anciens ils se seraient éloignés de l’association, or ils sont à l’écoute et actifs. »

Skema est née en 2010 du rapprochement du Ceram Nice et l’ESC Lille. Régis Brandinelli résume son objectif : « apporter plus de valeur aux diplômés. Outre le fait d’avoir une stratégie claire, le seul sujet important d’une fusion est ce qu’elle apportera aux élèves et aux diplômés. » Skema est une école à stratégie internationale, multi-sites. « Nous avons ainsi développé notre image de marque, notre valeur. C’est un gage de solidité et de compétences pour notre communauté. La fusion a démultiplié les possibilités internationales, et ce n’est qu’un début. » Le réseau des Skema est fort de 25 000 professionnels, tous les métiers et secteurs sont représentés et « pour les jeunes ou les diplômés en reconversion il y a un contact dans toutes les grandes entreprises. Le budget de l’association des anciens a été multiplié par 5. »

La création de France Business School (FBS) a été annoncée en mai 2012. Elle résulte de l’alliance des groupes Sup de Co Amiens, ESC Bretagne Brest, ESC Clermont et ESCEM (Tours-Poitiers). FBS a déjà annoncé que d’autres écoles rejoindront le groupe. C’est Patrick Molle, DG d’EMLyon Business School durant 16 ans qui a pris la tête de l’école en septembre. FBS accueille plus de 7 000 étudiants et pourra s’appuyer sur un réseau composé de 30 000 anciens. L’objectif est d’« inventer et mettre en place pour nos étudiants et nos partenaires entreprises, la Business School du XXIe siècle, ouverte sur le monde et tournée vers la formation de leaders entrepreneuriaux, innovants et responsables. » Un nouveau programme grande école est en place depuis septembre et FBS a annoncé qu’elle se déploiera dès 2013 sur d’autres campus en France et dans le monde.

 

Quelles fusions sont en cours ?
Euromed et BEM ont officialisé leur fusion en janvier. Elle sera effective en 2013. Là aussi les directeurs Philip McLaughlin et Bernard Belletante ont insisté sur le partage de valeurs et d’ambitions comme socle de la réussite de ce rapprochement. L’enjeu de la taille et de l’emprise géographique fait partie des effets attendus avec 1 000 étudiants sur 4 continents, un budget consolidé de 83 M€ et un potentiel de 159 enseignants-chercheurs ; et un objectif : s’installer dans le top 15 des meilleures écoles européennes. L’objectif étant de « répondre encore et toujours mieux aux attentes des étudiants et des entreprises. » Un tel projet suscite toujours des questions, voire des inquiétudes. Philip McLaughlin a mis une vidéo en ligne à destination de la communauté des Bémiens pour les rassurer. « L’objectif est d’accroître nos moyens et notre notoriété pour peser dans la compétition internationale. Nous sommes convaincus que cela apportera beaucoup à nos étudiants. » Depuis la rentrée 2012, les élèves ont accès aux spécialités et accords d’échange des deux établissements.

 

Témoignages

Geoffroy Regouby, président du réseau ESCEM PRO, est impliqué dans la formation du réseau de diplômés du groupe FBS.
« Les diplômés des 4 réseaux sont des femmes et des hommes d’entreprises. Ils ont conscience des avantages inhérents à un rapprochement. Comme les 3 autres présidents je suis en faveur de l’unification des réseaux. Lorsque l’on nous a présenté le projet, nous avons vu la fusion sous un jour positif. Les avantages sont d’abord ceux de la puissance démultipliée d’un réseau de 30 000 professionnels au lieu de 15 000 pour la seule ESCEM ou 8 000 pour l’ESC Clermont, et donc du champ des possibilités relationnelles. Nou accompagnons les stratégies de nos écoles, en conservant un œil critique, et attendons la pleine réalisation de FBS. »
« Les jeunes diplômés trouveront une communauté FBS pour les accueillir ! »
 » La création d’une nouvelle école a un impact sur le CV de ses diplômés, qui y ajoutent un nouveau nom, incluant implicitement celui d’autres établissements. Il ne s’agit pas d’additionner mais bien de former une entité plus puissante, des compétences démultipliées, des pépites précieuses et valorisées. Tout cela m’amène à penser que que la formation de FBS va déboucher sur quelque chose de très positif. Les instances dirigeantes ont compris qu’il faut sortir du tout académique vers lequel poussent les accréditations internationales. Et mieux répondre aux besoins des entreprises en devenant une école opérationnelle, proche du milieu professionnel. FBS sollicite déjà ses anciens pour accompagner ce mouvement. Cela nous permet de nous souder autour de ce projet. L’appropriation de la nouvelle identité a été très rapide chez les diplômés, cela aussi est un excellent signe. »

 

Matthieu Dumont, diplômé de Skema en 2011 a débuté sa scolarité au Ceram Nice
« J’ai choisi le Ceram Nice car j’ai appris qu’un projet international était en préparation. Et j’ai effectivement eu la chance de faire partie des premières promotions à pouvoir étudier sur les campus de Suzhou avant la fusion, puis de Raleigh après la création de Skema. Lorsque la fusion a été annoncée, j’ai trouvé la stratégie audacieuse et correspondant aux enjeux du XXIe siècle, qu’elle permettrait d’être plus puissants financièrement et sur la scène académique. Cela dit les questions ont été nombreuses, la communauté a eu besoin d’échanger, de comprendre où elle allait.  »
« Je suis persuadé que la fusion a beaucoup valorisé mon profil et notre diplôme »
 » Une école est comme une boite avec de nombreux tiroirs : celui qui les ouvre tous profite au maximum de ce qu’elle peut lui offrir. En formant Skema, le nombre de tiroirs a été démultiplié ! Très vite nous étions tous des Skema, sans distinction. Aujourd’hui la première question que l’on me pose est : dans quels campus as-tu étudié ? Skema est reconnue comme une école à rayonnement international. Je lui suis très reconnaissant
pour cela, et m’investis pour mobiliser le réseau des anciens à Shanghai où je travaille. »

 

A. D-F