L’économie de partage étant synonyme d’entreprises du 21e siècle, les plateformes telles que AirBnb, Uber et TaskRabbit ont révolutionné leurs secteurs respectifs. Beaucoup estiment, par ailleurs, que nous n’en sommes encore qu’au début d’un véritable tsunami qui changera à jamais la nature du travail, du commerce et même de l’emploi. En tant qu’industrie de service, le tourisme se trouve en première ligne de cette transformation, luttant pour savoir comment s’adapter à un environnement qui évolue très rapidement.

 

Les plateformes de partage accroissent en attaquant des secteurs industriels lourds, en fournissant des combinaisons de produits / services qui ciblent les segments de clientèle à forte marge et prennent ainsi peu à peu aux entreprises historiques leurs meilleurs clients. Les hôtels avaient relativement peu changé depuis des décennies jusqu’à ce que l’arrivée d’Airbnb ait engendré une forte innovation qui les a obligé à adapter leur proposition à un public toujours plus sophistiqué ou à faire face à une hémorragie de clients les plus rentables devenus nouveaux clients P2P (Peer-to-peer).
La réaction des opérateurs historiques face à ces challengers reste généralement la même : la majorité passe par les cinq étapes du deuil.

 

Face au challenge, le refus…

Tout d’abord, le refus est négatif, car les entreprises rejettent la possibilité que le Peer-to-Peer puisse fonctionner dans leur secteur. « Ces entreprises servent un marché différent », « Ce n’est pas ce que nos clients veulent » sont des remarques fréquentes, lorsque les plateformes de partage commencent à prendre des positions provisoires sur leurs marchés.

 

… puis la colère

Avec une part de marché croissante (par exemple, Phocuswright estime que l’hébergement privé passera de 12 % à 16 % du total des réservations fin 2017), ces réactions évoluent rapidement en colère. En effet, les challengers, sans faire aucune entrave aux règles, sont invariablement accusés de concurrence déloyale ignorant ces normes établies pour fournir un service mieux adapté à un coût moindre par rapport aux joueurs traditionnels.

 

Vers une demande de normes plus restrictives

Ensuite vient la négociation, phase pendant laquelle les opérateurs historiques viennent essayer de négocier face à cette nouvelle concurrence négative pour eux. La plupart du temps, cela implique des appels aux autorités de réglementation pour qu’ils interviennent et re-nivelent le terrain de jeu, généralement en imposant des règles plus restrictives aux nouveaux opérateurs. Bien que, dans certains cas, une intervention soit nécessaire, par exemple, pour assurer la sécurité du client ou le paiement des taxes, souvent ces appels prennent l’eau face à la réintégration des nouveaux joueurs en constante évolution.

 

L’acceptation du changement de l’usage

La négociation est inévitablement suivie d’une dépression, car les joueurs établis comprennent finalement que le changement n’est pas influencé par les nouveaux joueurs, mais vice versa – que le succès des challengers est dû à un changement fondamental de la demande des consommateurs, encouragé par la disponibilité d’une meilleure adaptation, au service minimaliste.

 

S’adapter ou mourir

Un sentiment de finalité se développe au fur et à mesure que les entreprises se rendent compte qu’elles doivent finalement s’adapter ou mourir. Et, que ce soit par l’entêtement ou incapacité de changer, beaucoup luttent pour faire durer un passé qui n’existe plus et vont progressivement se diriger vers leur disparition.

 

Celles qui progressent atteignent l’étape de l’acceptation, où les plateformes de partage sont considérées non seulement non seulement comme des concurrents valides, mais souvent aussi comme des partenaires valorisés. Par exemple, dans de nombreux pays, les taxis s’inscrivent sur des plateformes de partage de routage, se situant ainsi devant les clients au moment de l’achat. Les hôtels se réveillent également sur le potentiel des sites Peer-to-Peer, à la fois comme canal de distribution et comme produit complémentaire pour leurs clients existants. En témoigne les récentes évolutions de Accorhotels, qui, au lieu de perdre du temps à pleurer le lait renversé, intègre le partage dans son offre de produits de base.

Pour vouloir être l’entreprise de demain, il faut commencer par être l’entreprise d’aujourd’hui : embrasser ambitieusement l’avenir pour relever les défis d’un marché qui a définitivement changé.

Dorénavant, c’est ça le progrès !

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