A emlyon business school, on ne forme pas juste des décideurs on forme des makers, des entrepreneurs du changement. Isabelle Huault Présidente du Directoire et Directrice Générale de l’école, nous explique ce qui fait leur différence.
Qui sont vraiment les makers made in emlyon ?
La communauté des makers fait écho à un mouvement sociologique puissant et à notre pédagogie, qui valorise à la fois le transfert de connaissances académiques et la pédagogie par l’action. Être un maker c’est être capable de faire, de façonner et de transformer les organisations et les entreprises. C’est d’ailleurs tout l’esprit des makers lab mis en place sur nos campus, qui permettent à notre communauté de passer du concept à l’action, de l’idée à l’expérimentation. Être un maker, c’est aussi bien sûr être capable de mobiliser des savoir hybrides, pour être en résonance avec le monde et la société.
En parlant d’hybridation, la tech est devenue un pivot central de votre stratégie. Comment comptez-vous allier le meilleur d’une business school et d’une tech school ?
emlyon est et reste une business school. Mais avec de l’hybridation à tous les étages ! En témoignent. notre master en data science & AI, ou notre double diplôme de bachelor of science en data science & responsible business avec Centrale Lyon, pour ne citer qu’eux. Aujourd’hui, nous comptons déjà un millier d’étudiants d’emlyon formés aux enjeux de la tech. C’est bien, mais cette tech school de haut niveau, adossée à une formation et une recherche de haut niveau autour de la tech, va nous permettre de passer un cran supplémentaire. J’insiste : il ne s’agit ni d’une école d’ingénieurs, ni d’une école du numérique, mais bien d’une école dédiée à la tech, avec des formations en computer science, cybersécurité, IA, data science etc., et de nombreuses passerelles avec nos autres formations. Elle s’inscrit donc pleinement dans notre volonté de faire d’emlyon une management university.
Vous poursuivez aussi vos autres axes stratégiques ?
Bien sûr ! En tant que société à mission, l’engagement social et environnemental reste notre boussole avec, notamment, notre programme de formation continue emlyon ProPulse (pour les professionnels non-cadres, personnes en reconversion ou en remobilisation professionnelle), notre école de la qualification numérique la toile, ou encore notre « Alternative Futures Institute » que nous lançons pour permettre à tous de construire de nouvelles stratégies compatibles avec les limites planétaires. L’international fait aussi partie de nos priorités, avec un objectif de 50 % d’étudiants internationaux à horizon 2030.
L’école s’appuie par ailleurs sur une nouvelle verticale d’enseignement et de recherche autour du management du risque. Pourquoi ?
Qu’elles soient économiques, politiques, géopolitiques, sociales ou environnementales, les vulnérabilités sont de plus en plus nombreuses et prégnantes. De fait, le développement des compétences managériales à l’ère de l’incertitude doit faire partie de nos axes stratégiques. Pour nous aider à penser ce sujet, nous développons et enrichissons notre écosystème partenarial avec des institutions de renom : St Cyr, Ecole de l’Air et de l’Espace, IHEDN, United Nations System Staff Collège, Institut de recherche de l’Ecole Militaire, Académie diplomatique et consulaire du ministère des Affaires étrangères etc. Parallèlement, nous avons mis en place un executive master en management des assurances et nous lancerons l’année prochain un MSc global risks & strategic intelligence. Nos chaires de recherche s’inscrivent également dans cette dynamique : sur le risque climatique avec Groupama, sur la stratégie en anthropocène avec Carbone 4, ou sur la santé mentale des dirigeants avec Malakoff-Humanis.
Vos critères pour être certaine de prendre la bonne (ou la moins mauvaise !) décision ?
Je ne conçois pas la décision comme un acte solitaire. Si l’arbitrage personnel s’impose souvent en dernier ressort, j’attache beaucoup d’importance à la délibération collective et à la collégialité. Surtout quand il s’agit de prendre des décisions clés qui engagent l’école sur plusieurs années. On le sait, beaucoup de biais entrent en jeu dans la prise de décision. Mais la capacité à faire émerger des avis qui ne sont pas complètement convergents incite à la prudence. Ça ne permet pas toujours de prendre une bonne décision, mais ça permet d’être plus sûr de ne pas en prendre une très mauvaise !