Jean-Michel Blanquer, directeur de l’ESSEC BUSINESS SCHOOL, revient pour nous sur les développements de sa stratégie 3i qui place l’esprit pionnier et d’innovation de l’ESSEC au service de l’étudiant.

Jean-Michel Blanquer, directeur de l’ESSEC Business School © Christophe Meireis

Jean-Michel Blanquer, directeur de l’ESSEC Business School © Christophe Meireis

18 mois après le début du déploiement de la stratégie 3i, quels en sont les apports pour vos étudiants ?
La stratégie 3i est un état d’esprit que traduisent ses trois mots innovation, implication et internationalisation. Nous dotons nos étudiants des piliers de l’identité de l’ESSEC, très adaptés aux enjeux du 21e siècle : créativité, innovation, engagement, sens des responsabilités, capacité à prendre en compte l’autre et le monde pour contribuer à l’améliorer. Nous voulons que « faire » l’ESSEC soit quelque chose d’unique par la diversité des expériences que nous offrons.

 

Comment se traduit cette diversité des expériences dans les cursus ?
La diversité des cours et des parcours à la carte permettent aux étudiants de transcender leur capacité d’impact sur leur propre cursus. Ils le créent de manière personnalisée, au travers de leur vie associative, de leurs expériences en France et à l’étranger, en co-élaborant de nouveaux cours (voir encadré ndlr). Par exemple, nous venons d’inaugurer notre propre site à Singapour. Au-delà du développement de nos activités en Asie, nous pouvons y accueillir plus d’étudiants du PGE. Déjà 310 y ont suivi un programme en 2014-2015 et dès septembre 2016, 40 à 50 élèves pourront y débuter leur PGE. Autre nouvelle opportunité : nous venons de nouer un accord de double-diplôme avec la Bocconi.

 

3i c’est aussi une méthode, quels en sont les dispositifs pédagogiques ?
Elle comprend la prise en compte accrue de la révolution digitale dans le cadre de notre alliance avec CentraleSupélec. Cela se traduit par le développement de l’hybridation de nos cursus et du nombre de double-diplômés. Nous déployons également nos 8 centres d’excellence sur nos thématiques phares comme Management and society ou Entrepreneuriat. Nos étudiants bénéficient de ces forces académiques, nos centres fédérant les chaires et instituts qu’ils intègrent durant leur cursus.

 

Votre ambition est de concevoir la bibliothèque du 21e siècle, de quoi s’agit-il ?
Depuis le moyen-âge, la bibliothèque est le coeur d’une institution. L’innovation nous permet de rendre le meilleur service à nos étudiants. La bibliothèque du 21e siècle met en interaction la production de recherche et l’enseignement via notre Knowledge center. Il est doté de fonctionnalités comme la réalisation de vidéos ou le déploiement de la 3D. Ce sont des outils pour expérimenter, pour créer des cas et jeux pédagogiques.

 

Quels sont les éléments clés de la réforme de la 1e année du PGE en vigueur depuis septembre 2015 ?
Nous changeons la notion de transition entre la prépa et la grande école. La densification du fond et de la forme de la 1eA permet aux élèves d’être d’emblée dans leur nouveau monde, de commencer à réfléchir sur eux-mêmes et de former une promotion. Ils vont vivre des expériences fortes comme le « Start up shaker » un bootcamp organisé par Saint Cyr pour créer l’entreprise du futur, des activités de terrain pour se connaître, un séminaire « Comment changer le monde ? », etc. Les élèves sont mentorés par des étudiants plus avancés, et en 2e année nous constituons des binômes avec un alumni. Du côté des professeurs, la méthode de la pédagogie inversée est mise en place et les cours sont illustrés par une Expérience projet mené par les étudiants.

 

Les étudiants de l’ESSEC participent à la construction de leurs cours
Dans le cadre de sa stratégie 3i, l’ESSEC a mis en place un programme de design learning visant à élaborer des cours à partir de recherches de la faculté et en faisant participer les étudiants à leur construction. Ces derniers sont mobilisés durant l’Imagination Week, un bain de futur pour imaginer comment sera le monde demain. « Des professeurs leur font un pitch de 6 minutes sur leurs recherches. Puis, encadrés par un tuteur, ils réfléchissent à la manière dont il serait pertinent pour eux que le cours soit constitué, explique Jean- Michel Blanquer. Un système de vote leur permet de choisir les cours ainsi proposés puis ils participent à leur co-élaboration. » La première session du dispositif Build your own course a débouché sur la création de 6 cours. Le professeur Simon Nyeck (voir photo) a ainsi développé son cours « Gestion des métiers et savoir-faire exceptionnels ».

 

A. D-F