En 1993, Jean-Pierre Boisivon (directeur général ) et Alain Bernard (professeur du Département Management) ont   proposé aux étudiants du programme Grande Ecole de l’ESSEC de suivre leur cursus en apprentissage. Animés par l’esprit pionnier de l’Institution, plusieurs raisons poussent ces précurseurs à ce choix.

 Une plus grande professionnalisation et une meilleure employabilité

Par l’alternance, l’acquisition simultanée des connaissances théoriques, méthodologiques et pratiques mises en œuvre directement sur des problématiques concrètes est facilitée. La présence en entreprise favorise aussi l’acquisition du savoir-faire et du savoir-être permettant à l’apprenti de s’approprier l’ensemble des compétences de son futur métier.

Une pédagogie originale

Le tutorat donne à l’apprenti un double encadrement par un professionnel reconnu de l’entreprise (le maître d’apprentissage) et un professeur-tuteur, et permet une pédagogie originale qui, si elle trouve ses origines dans le compagnonnage, est utilisée aussi pour la formation au métier de haute technicité : médecin, chirurgien, chef d’orchestre, pilotes…. Le maître d’apprentissage prend une responsabilité directe dans la formation des jeunes. Une étude, réalisée en Juin 2014 par le CFA CCIV-ESSEC auprès des maîtres d’apprentissage montre d’ailleurs que 75% se voient surtout comme un coach, 65 % comme un formateur et 40 % comme un supérieur hiérarchique. Les entreprises jouent ainsi un véritable rôle dans la formation des jeunes apprentis.

Une formation longue

La durée du contrat d’apprentissage (3 ans pour les écoles d’ingénieur, 2 ans le plus souvent pour les écoles de management) permet aussi la confrontation au temps contribuant à une plus grande maturité professionnelle, un approfondissement des compétences et l’acquisition d’une expérience professionnelle de qualité.

A côté de ces avantages pédagogiques, de nombreuses autres raisons peuvent être évoquées pour justifier le choix de la filière apprentissage. Nous citerons :

la découverte en profondeur d’une entreprise (culture, style de management, problématiques sectorielles)

le passage du statut « étudiant » au statut « salarié  » générateur d’une plus grande motivation, mais aussi le développement du sentiment d’appartenance

la création d’un réseau professionnel et personnel varié

l’accès rapide à des responsabilités

une mission évolutive dans un parcours cohérent (mobilité)

la valorisation d’une expérience, à l’issue de l’apprentissage et après obtention du diplôme, par une embauche directement à des niveaux de collaborateur confirmé permettant un développement plus rapide de la carrière professionnelle

 Le Financement : enjeu majeur pour les étudiants

L’apprentissage, c’est, d’abord pour nombre d’étudiants, une solution pour le financement de leurs études puisqu’outre le salaire mensuel versé à l’apprenti, c’est l’entreprise qui prend en charge leur frais de scolarité.

Selon une enquête menée en Septembre 2014, auprès des anciens apprentis du CFA CCIV-ESSEC, la gratuité des études (96 %), l’augmentation des chances d’intégrer rapidement la vie professionnelle (84 %), la possibilité d’avoir une expérience professionnelle longue (82 %), telles sont, pour les étudiants, les motivations essentielles au choix de la formule apprentissage.

Depuis 20 ans, les lignes ont bougé et l’apprentissage dans l’enseignement supérieur se développe même si l’image de l’apprentissage reste négative aux yeux de certains. En ces périodes ou l’employabilité des jeunes générations devient central, l’apprentissage voie d’excellence, voie de réussite, voie de transmission des savoirs faire, enraciné dans une tradition millénaire demeure une voie de formation et d’insertion pour nos jeunes managers appréciés par les employeurs pour leurs aptitudes à être rapidement opérationnels. Il nous faut donc convaincre encore et encore.

 

Par Michel Gordin, Professeur Département Comptabilité/Contrôle de Gestion ESSEC Business School, Directeur du CFA CCIV ESSEC