Keri and care - Porteur de projet

Keri and care - Porteur de projet

L’entrepreneuriat social, c’est quoi au juste ?
Le terme est apparu dans les années 80. Toutes les définitions, nombreuses, qui en ont été données, mettent au centre de leur approche les trois éléments suivants :
- l’homme : l’entrepreneur social est un acteur de changement dont l’action est guidée avant tout par la maximisation de son impact social
- la démarche entrepreneuriale : l’entrepreneur social exprime une vision, se donne une mission, des principes d’action et se fixe des objectifs à atteindre
- et enfin une finalité sociale supérieure à la finalité économique

 

Une chaire pionnière
J’ai créé la chaire Entrepreneuriat Social en 2003 avec Anne-Claire Pache, aujourd’hui directrice de l’Ecole. Nous avons la fierté d’avoir été les premiers à pressentir l’intérêt de ce sujet et sa pertinence dans le cadre d’une business school. Nous avions comme objectif initial d’adapter à l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) des principes d’organisation qui avaient fait leurs preuves dans le secteur lucratif et de former des entrepreneurs sociaux. Dès 2003, nous avons affirmé la nécessité d’entreprendre autrement, et nous avons veillé à toujours aligner notre action sur cette parole forte. Les crises successives ont poussé de nombreuses institutions à suivre le mouvement : cet essaimage est pour nous une vraie réussite ! Puis nous avons lancé Antropia en 2008, le premier incubateur social adossé à une Grande Ecole. Nous avons développé de nouveaux programmes de tutorat dans le champ de l’égalité des chances (PHARES, POLLEN, CAP ESSEC, CAP PREPA). En 2008 également, la Chaire devient partenaire régional pour la zone francophone de la compétition internationale de business plans sociaux pilotée par Berkeley : la Global Social Venture Competition, GSVC. Cette année, nous avons créé un nouveau concours, dit « track ESSEC », pour élargir cette compétition à des projets qui, même s’ils ne correspondent pas aux critères de Berkeley car ils sont plus locaux ou non marchands, offrent un beau potentiel et méritent d’être valorisés.

 

Une pédagogie innovante
Au contact des étudiants, nous avons la confirmation que la chaire, au-delà de la réflexion sur l’entreprise sociale, doit aussi être un moyen de se réaliser personnellement : groupes de réflexion, rencontres fortes, week-ends de team building, service learning. Nous créons le cadre pour inspirer les étudiants et les aider à faire des choix de vie en accord avec leurs convictions personnelles. Les diplômés de la chaire aiment ce qu’ils font ! Il s’agit aussi de stimuler et valoriser la fibre entrepreneuriale et l’envie d’entreprendre des étudiants. Aujourd’hui, la chaire reste résolument tournée vers l’innovation via ses choix pédagogiques qui privilégient les mises en situation, au bénéfice d’acteurs de l’ESS et d’entrepreneurs sociaux : il s’agira par exemple de réaliser l’audit de Bonnes Pratiques et Transparence d’une association, le business plan social d’un projet de création d’entreprise sociale. L’e-learning permet l’acquisition à distance des fondamentaux et libère le temps de présentiel pour le travail en groupes. L’objectif : rendre les étudiants acteurs tout au long du cursus. Au final, notre objectif est de faire bouger les lignes et susciter l’engagement des jeunes au service de la société pour en faire des acteurs de changement

 

La chaire, pour quel projet professionnel ?
La chaire prépare à différents projets professionnels : bien sûr devenir entrepreneur à vocation sociale ou « intrapreneur  » social au sein de grandes entreprises, mais aussi manager dans le secteur de l’économie sociale ou chef de projet RSE d’une grande entreprise. De nombreuses rencontres en France et à l’étranger, un stage de 6 mois aident les étudiants à préciser leurs choix professionnels.

 

La chaire, ce sont les anciens qui en parlent le mieux…
« La chaire, c’est un accélérateur de projet professionnel et personnel. En faisant la Chaire, je me suis peu à peu sentie capable d’avoir de l’ambition, de porter un projet, de me mettre dans la posture d’un entrepreneur, alors que je l’avais intégrée sans projet bien défini, plutôt dans la perspective d’un travail salarié classique. » Kérima Nicholls, promotion de la Chaire Entrepreneuriat Social 2013.
Cette Chaire ne pourrait pas exister sans le soutien fidèle de nos partenaires la Macif, la Maif, Logéo et la fondation Deloitte, un grand merci pour leur engagement à nos côté !

 

Par Thierry Sibieude,
Professeur titulaire de la Chaire Entrepreneuriat Social
Thierry.sibieude@essec.edu