CHEZ ELISABETH CRÉPON, PREMIÈRE FEMME DIRECTRICE DE L’ENSTA PARISTECH, POLYTECHNICIENNE ET DOCTEUR EN CHIMIE, SA RIGUEUR LE DISPUTE SANS SURPRISE À SA PRÉCISION. MAIS C’EST AVANT TOUT AVEC PASSION, ÉCHANGES, DÉBATS ET ÉPANOUISSEMENT QUE RIMENT LES SCIENCES À SES YEUX.

 

Elisabeth Crépon, directrice de l’ENSTA ParisTech depuis août 2012 © B. Rimboux - ENSTA ParisTech

Elisabeth Crépon, directrice de l’ENSTA ParisTech depuis août 2012 © B. Rimboux - ENSTA ParisTech

Deux parents enseignants en sciences n’ont sûrement pas été étrangers à l’orientation d’Elisabeth Crépon. Mais c’est surtout son goût pour les disciplines scientifiques qui l’ont conduit à Polytechnique. Elle se souvient encore de son premier cours de physique de seconde qui portait « sur l’exercice classique du tapis roulant sur lequel on lâche une balle et il faut estimer où elle tombe. Nous avions eu un débat avec un camarade. C’est cela qui me plait dans la science : les échanges. »

 

Yannick Noah ou l’X ?
Etre reçue à l’X a été une grande joie. Elisabeth Crépon garde aussi un regret de cette période. « Je préparais le concours l’année où Yannick Noah a remporté Roland Garros. Ça été une énorme frustration pour moi d’entendre les cris de joie de ma famille dans le salon pendant que je bûchais. Je me suis tout de même accordée de regarder le dernier set de la finale ! »

 

Valoriser la prise de risque
Attirée par la recherche publique, elle opte pour le corps de l’armement et prépare une thèse en chimie. Elle part ensuite aux Etats-Unis avec son mari économiste où elle travaille dans une start-up fondée par un chercheur du MIT. « J’ai découvert une nouvelle approche de l’innovation et de l’entrepreneuriat qui valorise la prise de risque. » La directrice est aujourd’hui déterminée à développer ces deux dimensions à l’ENSTA ParisTech. « Je heureuse de constater que nos étudiants sont très demandeurs de se former dans ce domaine. » Elle choisira définitivement le monde académique lorsqu’en 1997, l’ENSTA ParisTech lui propose la responsabilité de la formation et de la recherche. « Les carrières ne sont plus linéaires. C’est pourquoi il est si important que nous préparions nos élèves à être flexibles, à savoir saisir les opportunités, à relever des défis. » En 2003, c’est l’école qui l’a formée, l’X, qui la rappelle pour déployer sa stratégie internationale. A l’été 2012, elle est nommée directrice de l’ENSTA ParisTech.

 

Carrières scientifiques au féminin
Elisabeth Crépon est membre de l’association des femmes cadres de l’université Paris-Saclay. « L’idée est de mieux se connaître à titre personnel et institutionnel, toujours de manière conviviale. » Elle se sent une certaine responsabilité à inciter les femmes à entreprendre des carrières scientifiques, à ne pas se censurer, à faire savoir « avec beaucoup de modestie et de simplicité » que c’est possible de s’épanouir dans la filière. L’ENSTA ParisTech se défend bien avec 25 à 30 % d’étudiantes selon les années. « Et je constate avec plaisir que nos étudiantes sont rayonnantes et ont l’air heureux ! »

 

Force du mental
Membre de la section athlétisme durant ses études à l’X, Elisabeth Crépon pratique toujours la course de fond en club. « C’est la dimension collective qui me plaît : les entraînements en groupe, les courses en équipe. J’aime aussi l’idée du dépassement de soi, de se fixer des objectifs, de relever des défis ; le moment où le mental prend le relais lorsque la fatigue physique est intense. »

 

Ils nous parlent D’ELISABETH CRÉPON
DOMINIQUE MOCKLY, DIRECTEUR DU BUSINESS GROUP AVAL D’AREVA,
président du CA de l’école jusqu’en octobre 2014, il devient président de l’association des anciens en 2015.
RIGUEUR ET CONVIVIALITÉ

« Elisabeth Crépon possède une connaissance parfaite de l’enseignement supérieur et de la recherche et est ouverte au monde économique et à l’international. Elle est extrêmement précise et très rigoureuse. Son raisonnement et ses décisions sont toujours construits. Elle est orientée vers le résultat. Elle a une personnalité ouverte et est très à l’aise. Elle sait à la fois imposer son autorité et être conviviale, informelle ; dans la proximité avec ses équipes et les étudiants. »
MARIE-STÉPHANE MARADEIX, DÉLÉGUÉE GÉNÉRALE DE LA FONDATION DANIEL ET NINA CARASSO,
a été directrice de la campagne de levée de fonds pour l’Ecole polytechnique.
CE QUE L’X PRODUIT DE MEILLEUR

« Lorsque je suis entrée au comité exécutif de l’Ecole polytechnique je me suis fait la réflexion que je doublais la part des femmes au sein de l’instance puisqu’Elisabeth en était la seule représentante à l’époque ! A mes yeux, elle représente ce que l’X produit de meilleur : une femme à la fois ingénieure, chercheuse, s’étant confrontée au monde des start-up, avec une très forte ouverture internationale, sachant gérer des responsabilités professionnelles importantes et une vie de famille non moins riche. C’est un bourreau de travail. Elle possède toutes les qualités humaines, stratégiques et techniques pour diriger l’ENSTA ParisTech ! »

 

A. D-F