Directrice de l’ENTPE depuis décembre 2020, Cécile Delolme a été reconduite dans ses missions au sein de l’école d’ingénieurs de Vaulx-en-Velin, par un décret. Dans le cadre de ce nouveau mandat, elle souhaite en priorité apporter de la stabilité et une continuité après une phase de transformation et d’évolutions profondes.
Une transformation profonde au cours de ces 5 dernières années
Les cinq dernières années ont été particulièrement denses pour l’ENTPE, rythmées par une série de transformations majeures : réorganisations internes de plusieurs services, création du Bachelor « Transition écologique et territoires », refonte du cursus ingénieur avec l’introduction de majeures et de mineures, sans oublier le changement, de statut en devenant grand établissement en février 2025.
Ces évolutions s’inscrivent dans le cadre du projet stratégique 2021-2025 de l’école, articulé autour de cinq axes. L’un d’eux visait à positionner l’ENTPE comme l’école de la transition écologique et solidaire. « Dès 2022, nous avons mis en place un cycle interdisciplinaire obligatoire consacré à la transition dans le cursus ingénieur », souligne Cécile Delolme. « Dans une logique d’exemplarité, nous avons porté un plan ambitieux de sobriété énergétique, et nos consommations énergétiques ont diminué d’environ 38% entre 2019 et 2024 », ajoute-t-elle. Et les engagements RSE de l’ENTPE ont été reconnus par le classement international « Times Higher Education Impact ». Pour sa toute première participation, l’ENTPE a réalisé une belle entrée en matière en atteignant le top 1000 et même le Top 300 sur plusieurs thématiques liées aux Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.
L’un des grands changements sur ces cinq dernières années a été la création en 2023 d’un Bachelor « Transition écologique et territoires » dont les premiers diplômés sortiront en juin 2026. Aujourd’hui, cette formation post-bac présente un bilan très positif. À la rentrée 2025, le Bachelor comptait 38 étudiants en 1re année, pour un objectif maximum de 50, dont une part importante de jeunes femmes (37%). De premiers indices qui prouvent que cette formation commence à trouver une place dans le paysage complexe du post-bac.
L’école a également dû relever un autre défi de taille, le renouvellement massif de ses personnels, conséquence d’importants départs à la retraite : 40% des académiques n’étaient pas là il y a deux ans. Une transition anticipée, qui a permis d’impulser une nouvelle dynamique, puis de rajeunir et féminiser davantage les effectifs, notamment dans les sciences expérimentales et sciences dures.
« Aujourd’hui, après cette phase de transformation et d’évolutions profondes, l’école et ses équipes ont désormais besoin de stabilité et de continuité » confie la directrice de l’ENTPE. « Je suis profondément motivée à poursuivre la défense des intérêts de l’école, à voir les transformations engagées arriver à maturité et à accompagner l’ENTPE dans une période qui s’annonce plus incertaine » complète-t-elle.
Dessiner des trajectoires et des scenarii dans un contexte incertain
Face aux incertitudes budgétaires, politiques et environnementale à venir, l’ENTPE doit désormais envisager plusieurs trajectoires pour réfléchir et préparer son avenir. L’un des enjeux majeurs du prochain mandat sera notamment la diversification accrue des ressources financières de l’école. « Nos ressources propres représentent aujourd’hui 21% de nos ressources, il faudrait atteindre les 25-30%, dans les cinq ans à venir, que ce soit grâce à l’apprentissage, la formation continue ou intra-entreprises, la recherche collaborative ou encore la valorisation de notre patrimoine, » partage Cécile Delolme.
Pour répondre aux grands défis scientifiques et aux enjeux de société, l’ENTPE, avec tous les établissements d’enseignement supérieur et de recherche du site de Lyon Saint-Etienne, souhaite contribuer au déploiement d’une nouvelle stratégie scientifique commune. L’ENTPE affirme également sa volonté de jouer un rôle clé d’acteur du territoire de l’est lyonnais.
« Dans le contexte actuel, marqué par un environnement social et économique instable et par la remise en cause de certaines valeurs, nous devons continuer à renforcer la robustesse de l’école autour de ses missions essentielles » souligne la directrice de l’ENTPE. Par exemple, la feuille de route CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) sera un des éléments de cadrage de la réflexion sur les orientations et priorités du prochain projet pour mener collectivement des activités robustes et à visée régénérative.
