Le mot très en vogue en ce moment est le Bachelor. Pas une semaine ne passe sans qu’une école n’annonce le lancement de son Bachelor ou qu’un journaliste ne publie un article sur ce sujet. En tant que Président de Passerelle, je constate par ailleurs chaque année une augmentation régulière de candidats titulaires de ce diplôme.

© Agence Prisme / Pierre Jayet

© Agence Prisme / Pierre Jayet

Un Bachelor, 3 réalités
Mais derrière ce diplôme se cachent différentes réalités et il faudrait plus précisément parler de Bachelors au pluriel. Alors quels sont-ils ? J’en ai identifié trois types sur le marché français
Des programmes en 3 ans, correspondants au LMD et principalement proposés par des écoles françaises. Ils sont les équivalents de la licence à l’université. Ils sont généralement accessibles sur concours après le Bac
et comprennent 2 années de tronc commun complétées par un semestre de spécialisation et un semestre à l’étranger. C’est le standard français.
Des programmes en 4 ans, proposés dans le monde anglo-saxon ou par quelques grandes écoles françaises. Ils donnent aux étudiants de fortes bases en management, le tout dans un fort contexte international.
Une année à l’étranger, souvent dans des universités anglaises, écossaises ou irlandaises. Cette année supplémentaire est offerte aux étudiants titulaires de DUT et s’inscrivent dans le cadre d’accords de coopération. D’autres typologies existent à l’étranger mais il serait plutôt fastidieux de les présenter ici !

 

Des motivations spécifiques pour les étudiants
Chacun de ces Bachelors répond à un besoin précis.
Les Bac + 3 recherchent une formation très pratique, leur offrant trois ans plus tard la possibilité de rejoindre le marché du travail ou alors de poursuivre en ESC afin de compléter leur formation. C’est également, et il ne faut pas le négliger, un moyen pour certains de « contourner » la prépa.
Chez les Bac + 4, la motivation est différente. Il s’agit d’acquérir une forte dimension internationale avant de se spécialiser dans une 5e année. Tous envisageaient dès le départ un parcours en 5 ans.
Autre vision, celle des étudiants effectuant une année de Bachelor à l’étranger. Pour eux, la raison principale est l’année à l’étranger afin de parfaire (ou tout simplement maitriser) une langue étrangère avant de poursuivre leurs études à la fac ou en école. Des avantages non négligeables pour les écoles Il ne faut pas se le cacher, les Bachelors nous intéressent également énormément du côté des écoles.Ils nous permettent en effet, de proposer une offre globale de formation en répondant à tous les besoins des entreprises de diversifier notre recrutement en attirant des étudiants talentueuxd’apporter des ressources supplémentaires.

 

Quel avenir ?
Je crois aux Bachelors mais nous devons surmonter 2 défis :
Le défi de la lisibilité : Bachelor a une vague connotation anglo-saxonne qui peut-être « sexy » sur le plan marketing mais ce terme est encore trop « neuf » pour rassurer des étudiants et leurs familles. Je ne suis pas sûr non plus que les entreprises soient capables de faire la distinction entre toutes ces catégories et ces subtilités. Le Bachelor n’est pas pour l’instant un standard. L’absence de lisibilité est encore plus importante quand on regarde les banques de concours.
Le défi de la respectabilité : Certains programmes sont visés par la CEFDG, d’autres sont inscrits au RNCP, d’autres sont soi-disant labellisés par des organismes que je qualifierais de « fumeux ». Difficile là-aussi de s’y retrouver et ce, d’autant plus qu’un certain nombre d’organismes de formation entretiennent sciemment la confusion.Quelques progrès ont été réalisés avec la publication depuis peu de classements spécialisés mais le chemin est encore long. La CEFDG qui réfléchit à la création d’un grade de licence devrait permettre également certaines avancées. Au-delà du Bachelor, c’est toute la problématique du Bac + 2 qui risque d’être remise en cause. Quid des BTS et des DUT dans ce paysage mouvant de l’enseignement supérieur ?

 

Par Jean-François Fiorina,
Directeur Adjoint de GEM
Directeur de l’ESC Grenoble
Président de Passerelle ESC
Et Vice-président d’Atout +3