Le développement de l’intelligence artificielle (IA) nourrit de nombreux fantasmes, notamment celui d’un monde gouverné par des machines, dans lequel l’humain, le raisonnement et les émotions perdraient du terrain. Sa montée en puissance cristallise de nombreux débats (sociétal, éthique, économique…) et génère de la crainte dans l’entreprise. Des questionnements légitimes qui méritent d’être mis en perspective avec le niveau de maturité des applications basées sur l’IA, les bénéfices qu’elles peuvent apporter mais aussi avec les travaux menés en Europe sur le plan éthique. Par Narendra Jussien, directeur IMT Mines Albi

 

IA, quel état de la recherche ?

Sélectionner les données pertinentes, les organiser et les transformer en des informations exploitables est une étape clé dans la construction des modèles d’IA. Aujourd’hui, l’accès aux données est maîtrisé et on sait de mieux en mieux les analyser. En revanche, de nombreux verrous scientifiques restent à lever pour automatiser la prise de décision. Ce domaine de recherche nécessite une conjugaison d’expertises à la croisée des mathématiques, de l’informatique et des univers métier. Peu d’équipes dans le monde les réunissent. Le Centre Génie Industriel (CGI) d’IMT Mines Albi est l’une d’entre elles.

 

Plus souvent opposés que corrélés, IA et humain se nourrissent mutuellement.

 

L’humain au cœur de l’IA

Pour être pertinents, les systèmes intelligents visant à automatiser la prise de décision doivent être conçus à partir des connaissances métier, lesquelles sont en majorité détenues par l’humain. C’est le parti pris du CGI. Il conjugue connaissances métier avancées et expertises scientifique et technologique. A partir d’une vision intégrale des processus et de la prise en compte de l’ensemble des intérêts de l’entreprise, les chercheurs valident scientifiquement ses objectifs et fournissent, via l’IA, les moyens technologiques de les atteindre. Par exemple, le CGI mène des travaux sur la maintenance prédictive des Airbus A320 : tout comme les enregistrements de vols, les témoignages humains (pilotes, PNC, compagnies…) fournissent de précieuses données pour élaborer les systèmes capables d’anticiper les besoins de maintenance avant que les incidents ne se produisent.

L’IA au cœur de l’humain

Parce qu’elle améliore le fonctionnement de l’entreprise, l’utilisation des algorithmes apporte, en de nombreux points, du « mieux-vivre » à l’humain. Les données issues des capteurs peuvent diminuer la pénibilité du travail (ex : raccourcissement des chemins, réduction des tâches fastidieuses et du stress…), renforcer la sécurité et identifier les situations de risque (ex : détecteur de chute des travailleurs isolés), réduire les points de congestion, fluidifier les interactions entre les différents services d’une entreprise ou les salariés. L’IA a également beaucoup à apporter pour individualiser la réponse au besoin de chaque salarié tout en permettant de mieux gérer la diversité. Grâce aux algorithmes, les managers peuvent aujourd’hui bénéficier d’indicateurs nouveaux, directs et plus proche de la réalité et du vécu des salariés, ils peuvent donc concentrer leurs efforts sur le raisonnement et identifier d’éventuelles corrélations, notamment émotionnelles. Autant d’éléments qui interviennent dans l’interprétation et la prise de décision, lesquelles doivent rester humaines.

Un cadre éthique pour l’IA en Europe

L’Europe a privilégié une approche de l’IA, centrée sur l’humain avec trois composantes essentielles : la légalité, l’éthique et la fiabilité dont les indicateurs sont l’État de droit, les droits fondamentaux et la démocratie. Le 26 juin 2019, l’Union européenne a rendu public le rapport* d’un groupe d’experts mondialement reconnus dans le domaine de l’IA, formulant 33 recommandations, en faveur d’une IA digne de confiance. Cette démarche éthique conduite au sein des institutions européennes permettra d’encadrer strictement les dérives de l’IA.

 

* https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/news/policy-and-investment-recommendations-trustworthy-artificial-intelligence

 

crédits : IMT Mines Albi.

Narendra Jussien, directeur IMT Mines Albi : Diplômé de l’Institut de mathématiques appliquées à Angers (1994) et docteur en informatique de l’université Rennes 1 (1997), Narendra Jussien intègre l’École des mines de Nantes en 1998, où il enseigne l’informatique, les mathématiques appliquées et l’intelligence artificielle.
Titulaire d’une habilitation à diriger les recherches de l’université de Nantes depuis 2003, il devient par la suite responsable de formation et responsable d’équipe de recherche. En 2008, il prend la direction du département informatique, où il fédère les activités d’enseignement et de recherche dans le domaine des sciences et technologies du logiciel.
Fondateur de l’Association française de programmation par contraintes (AFPC), thème de ses activités de recherche, il est directeur de la collection « Programmation par contraintes et recherche opérationnelle » aux éditions Hermès Sciences et ISTE/Wiley.
Narendra Jussien est directeur d’IMT Mines d’Albi depuis le 1er mai 2017. Auparavant, il était directeur délégué d’IMT Lille-Douai (issu de la fusion de Mines Douai et de Télécom Lille) depuis janvier 2017. Il a dirigé Télécom Lille de 2014 à 2016.

 

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