
L’ambush marketing est aussi parfois dénoté comme parasite et l’image est assez juste. En effet, l’ambush marketing vient véritablement parasiter le cerveau des consommateurs, puisque ceux-ci ne perçoivent pas nécessairement la différence entre de « vrais » et de « faux » sponsors lorsqu’ils sont exposés à des annonces pendant des événements sportifs. Plusieurs études réalisées dans des conditions fortement contrôlées, ont montré que les participants à l’étude ont plutôt tendance à mentionner des noms de marques cohérentes avec la discipline sportive ou avec l’événement sportif, ce qui provoque de nombreuses erreurs de mentions. Mais pire pour les sponsors officiels : le taux de reconnaissance des marques sponsor est largement erroné, en d’autres mots, lorsqu’on présente une liste de marques aux consommateurs en leur demandant de cocher celles qui sont sponsors d’un événement, environ 44 % des personnes interrogées se trompent de marque.
Lorsqu’on interroge des professionnels du sport ou de la communication, ceux-ci estiment généralement que le consommateur moyen ne se rend pas compte de la pratique, ce qui la rend d’autant plus efficace. Ils estiment aussi que la pratique continuera à se développer. En effet, l’ambush marketing s’inscrit dans le contexte d’une stratégie de challenger qui peut montrer un esprit rebelle, provocateur, impertinent. Il s’agit aussi d’une stratégie plus intelligente que celle des sponsors officiels et qui séduit particulièrement la cible privilégiée des événements sportifs, soit les 12-20 ans. Ceuxci sont attirés par l’anticonformisme et pensent que les actions des sponsors officiels sont « ringardes ». En effet, les résultats d’un sondage auprès d’un groupe de 100 étudiants sur leurs attitudes envers la pratique, montrent des attitudes plutôt favorables. Les étudiants pensent effectivement que c’est une bonne façon de contrer le pouvoir des vrais sponsors, mais aussi que ce n’est pas une technique à bannir à tout prix. Nous voilà donc dans une situation délicate qui prônerait le développement d’une pratique à la limite de légalité, mais aussi entièrement créée par un petit groupe de très grandes entreprises.
Par Corinne Berneman,
enseignant chercheur en marketing à ESC Saint-Etienne