Entre 2005 et 2013, le nombre de jeunes handicapés scolarisés en France a triplé (+160 000). Mais leur insertion professionnelle reste limitée alors que 94 % des TPE nationales n’emploieNT aucun salarié en situation de handicap (baromètre Fiducial 2015). Comment nos universités combattent-elles les préjugés sur le handicap dans la sphère professionnelle ? De quelle façon préparent-elles l’entrée de ces étudiants sur le marché du travail ?

 

Témoignage de Mahmoud Kékouche, responsable de la mission handicap et accessibilité de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense

Mahmoud Kékouche © François Chemel

Mahmoud Kékouche © François Chemel

Un accompagnement personnalisé
Accueillant 34 000 étudiants dont 8 500 en master, l’université Paris Ouest place le handicap au sein de ses objectifs phares. « Notre mission handicap accompagne aujourd’hui près de 400 jeunes chaque année dans la construction de leur parcours académique. Suite à une présentation à la médecine du travail, chacun est libre de nous rencontrer s’il en ressent le besoin. Ce système repose sur le volontariat de déclarer ou non son handicap. Pour permettre aux étudiants en situation de handicap de vivre pleinement leur cursus universitaire, les propositions ne manquent pas (service médical, une équipe plurielle d’enseignants référents, corps administratif) réfléchit constamment à la meilleure manière de les soutenir. Exemples : obtention d’un tiers temps pour une épreuve, aide d’un interprète en langue des signes, auxiliaire de vie universitaire (AVU), accompagnateur lors de leurs déplacements et prises de notes… »

 

Un tremplin vers l’emploi
L’ambition affichée par l’université Paris Ouest est claire : « nous n’apportons pas seulement une formation pédagogique à l’étudiant. Notre but est de préparer son insertion professionnelle. Dans cette optique, nous entretenons entre autre un partenariat avec la maison de l’emploi et de la formation (MEF) de Nanterre. Des intervenants viennent régulièrement former nos jeunes à la rédaction de CV ou à la présentation devant des recruteurs. » Doublement bénéfiques, ces rencontres leur permettent d’affiner leur projet de carrière, tandis que les professionnels comprennent à quel point handicap ne rime pas avec incompétence dans le travail.10 ans après la promulgation de la loi favorisant l’accompagnement vers l’emploi des jeunes en situation de handicap, M. Kékouche affirme que des efforts restent à faire : « 18 200 étudiants handicapés suivent aujourd’hui des études supérieures en France. Notre principal challenge : adapter les infrastructures académiques et développer des établissements « handiaccueillants ». Certaines universités ne proposent pas encore l’aide d’interprètes en langue des signes ! Nous devons jouer sur le levier de la compensation du handicap pour ne pas décourager les étudiants concernés dans le suivi d’études supérieures. » Rappelons les 3 axes de travail de l’établissement : accessibilité, scolarité et insertion professionnelle. « Notre souhait est de faciliter votre intégration académique puis professionnelle sans que vous ne vous sentiez freinés par votre environnement. N’hésitez pas à vous manifester auprès de notre mission. »

 

JBN.

 

Contact : handicap.caciope@liste.u-paris10.fr / Sources : u-paris10.fr/toushanscene.fr/informations.handicap.fr