Quand les étudiants d’aujourd’hui font l’innovation sociale de demain
« Tous les entrepreneurs n’ont pas vocation à changer le monde, mais tout le monde peut se poser la question de son impact sur la société et l’environnement », témoigne Maëva Tordo, responsable de l’incubateur de ESCP Europe et fondatrice du NOISE (Nouvel Observatoire de l’Innovation Social et Environnemental). Hier encore méconnu du grand public, l’entreprenariat social laisse aujourd’hui les jeunes générations de moins en moins indifférentes. Concrètement, de quoi s’agit-il ? « C’est l’idée de remettre l’économie au service de la société, de prendre d’avantage en compte le bien être des parties prenantes du travail et le respect de l’environnement, explique Vincent Dalex, membre du NOISE. C’est l’idée de ne plus considérer le profit comme unique finalité de l’entreprise, mais comme un moyen nécessaire et indispensable. Concrètement, cela peut se  traduire par le choix de donner plus aux producteurs, de procéder à une meilleure redistribution des revenus, de vendre des produits de meilleure qualité, d’embaucher des personnes en réinsertion…» Née des préoccupations d’une jeunesse en quête de sens, l’entreprenariat social répond aussi à un besoin d’engagement, au désir de repenser l’entreprise comme milieu de vie. Séduit par les problématiques de l’entreprenariat et du développement durable, Vincent a en effet choisi de travailler six mois pour le NOISE dans le cadre de son service civique…

 

 

Valoriser les prises d’initiatives
Créé à ESCP Europe il y a un peu plus d’un an, le NOISE est une association étudiante cherchant à promouvoir l’innovation sociale. Son but ?  « Faire du bruit sur des projets positifs, et valoriser les prises d’initiatives à n’importe quelle échelle » explique Selva, présidente de l’association sur le campus de Paris. Tout au long de l’année, le NOISE organise des conférences et des concours sur le thème de l’entreprenariat social ; ses membres accompagnent en parallèle des entrepreneurs sociaux pour les aider à démarrer leurs projets. « Avant d’entrer en école, explique Selva, je voyais le développement durable comme un secteur très fermé. Au NOISE, j’ai réalisé qu’on peut agir dans absolument tous les domaines, du cinéma à la finance, en passant par la restauration. » L’association participe à l’organisation d’un Start Up Week-end, réunissant des jeunes diplômés aux compétences diverses (ingénierie, design, finance…) attirés par le domaine de l’entreprenariat social. L’évènement permet aux participants de trouver une équipe, un projet, et de le présenter à un jury à l’issue du week-end. Le dynamisme, l’enthousiasme, la créativité, sont en effet des valeurs chères à l’association : « Notre objectif est aussi de rendre le développement durable moins moralisateur, de lui donner une image plus cool », explique Selva. Présente également sur les campus de Berlin et de Madrid de l’école, l’ouverture sur l’extérieur est une autre particularité de l’association : certains anciens de l’école comptent toujours parmi ses membres, et quelques stagiaires travaillent également pour elle. La majorité des conférences co-organisées par l’association sont notamment investies par les spectateurs extérieurs, de même que les Start Up Week-end, qui comptaient l’année dernière plus de 80 participants. « Le fait que le Noise soit connu à l’extérieur de l’école est aussi ce qui fait sa force, atteste Selva.  Pour moi, le NOISE est plus qu’une association, c’est un véritable réseau qui a vocation à fédérer les étudiants autour d’une cause ». En seulement un an, le NOISE a attiré une cinquantaine de membres, et noué des partenariats avec d’autres acteurs de l’entreprenariat social, tels que Make Sense ou Danone.communities. L’association voit large et cherche à présent à amorcer une coopération avec d’autres grandes écoles telles que HEC Paris, ESSEC… Une belle aventure humaine, qui invite bruyamment à rejoindre sa cause.

 

 

Les entreprises dans le secteur de l’innovation sociale et environnementale :
En quelques années, des groupes comme Babyloan (microfinance), Kisskissbankbank (financement participatif), Alteréco et Green République (commerce équitable), Capital Koala (consommation «utile ») se sont développés en France. Parmi les réseaux et incubateurs d’entrepreneurs sociaux, on compte notamment Ashoka, Atelier IDF, Danone.Communities, Groupe SOS, la Ruche…

 

 

Alizée Gau