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La Chronique littéraire

Mille Soleils Splendides

Dans un pays meurtri par la guerre, subissant tour à tour l’invasion soviétique, la terreur des Talibans et l’occupation américaine, deux femmes tentent de survivre. Tandis que l’une, instruite, grandit dans une famille aimante, l’autre, enfant bâtarde, vie auprès de sa mère dans le plus grand secret. Pourtant destinées à des parcours si différents, c’est finalement la guerre qui les réunira, et qui tissera entre elles une amitié poignante. Car si le chef d’oeuvre d’Hosseini parle de guerre et de violence, il nous bouleverse surtout par la force des sentiments humains que cette souffrance éveille.

Que reste-t-il de Kaboul, la ville aux mille soleils splendides ? Après Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini nous plonge une nouvelle fois au cœur d’un Afghanistan dévasté par la guerre. Mais cette fois, c’est à travers les yeux de Laila et de Mariam que l’auteur nous dépeint la face la plus honteuse de ces années meurtrières : celle de la guerre de l’autre côté du voile, endurée en silence.

Les coups que le destin assène à ces deux femmes laissent souvent la gorge sèche et le cœur serré. De l’enfance à la mort, l’auteur nous lie aux personnages, nous fait vivre avec elles leurs tragédies, leurs espoirs, leur résignation et leur courage… Et dans la dignité, il redonne un visage aux sombres silhouettes cachées sous leur burqua.

 

Alizée Gau

 

 

Kafka sur le rivage

Haruki Murakami, après avoir été le traducteur de -entre autres – Francis Scott Fitzgerald et John Irving, est devenu depuis les années 1980 un auteur à succès reconnu par la critique, plusieurs fois cité pour le prix Nobel de littérature. A mi-chemin entre la culture moderne occidentale et la tradi-tion littéraire japonaise, son œuvre (dont Kafka sur le rivage, son dixième roman, est un des som-mets) aborde les thèmes de l’individu, du voyage initiatique et de la liberté.

Kafka (nom étrangement symbolique pour un adolescent japonais), quinze ans, décide de quitter le domicile familial où il réside avec son père pour échapper à une terrible malédiction. Persuadé d’être destiné à tuer son paternel, il s’efforce de déjouer un destin implacablement oedipien… Son chemin le mènera au bout de lui-même et de sa mémoire, et en retrouvant son passé il «fera partie d‘un autre monde« , pour reprendre la dernière phrase du roman. Dans le même temps, un vieil handicapé mental sachant parler aux chats (animal récurrent de l’œuvre de Murakami) mène lui aussi une quète, dont il ne sait pas très bien où elle le mènera mais qu’il accomplira en croisant des êtres plus étranges les uns que les autres.

C’est en effet la force de Murakami de savoir allier l’absurde à la gravité. Cette histoire, en apparence folle et fantastique, est en réalité profondément métaphorique, et aborde en arrière-plan les réalités sociétales du Japon de la deuxième moitié du vingtième siècle. Les détails narratifs sont à la fois loufoques et fascinants, la panoplie des personnages dessine un patchwork bigarré absolument inattendu, et la conclusion nous fait véritablement réfléchir sur la portée existentielle de l’introspection.

Une histoire ébouriffante, une œuvre grandiose : un roman, un vrai.

 

Valentin Bardet

Extrait du journal culturel étudiant Contrepied.

 

Contrepied est le journal culturel étudiant de ESCP Europe. Critiques de films, expositions, chroniques musicales… Tous les mois, ses étudiants-journalistes en herbe explorent dans des articles décalés les expériences culturelles de la capitale, et apportent leur grain de sel à un thème d’actualité (génération Y, élections américaines…).

Contact :
contrepied.escp@gmail.com

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