
Notre séjour dans une vraie maison nous a permis de préparer en détail notre passage de frontière vers le Mozambique, point chaud de notre projet en Afrique. Nous avons été aussi surpris d’entendre l’européenne Ana et le médecin moderne Lu, nous mettre en garde eux aussi contre les sorciers-docteurs. Lu explique qu’il sait que certaines personnes ont en effet des pouvoirs, comme réparer des fractures par le toucher, bien qu’il ne l’explique pas par la science… Au-delà des croyances, Ana et Lu nous apprennent que les sorciers-docteurs sont un fléau réel, puisque de nombreuses disparitions de personnes – et notamment des albinos – sont dues à des enlèvements pour des rituels de magie noire. Après 10 jours à nous requinquer, nous préparer, lutter contre les bugs du nouveau site Couchsurfing, grimper sur la colline aux lions dominant la ville ou visiter les villages alentours à vélo, nous nous élançons pleins d’espoirs vers la frontière du Mozambique. Pleins d’espoirs, car il n’est pas automatique, ni même facile d’obtenir un visa directement à la frontière. Mais différents interlocuteurs, y compris l’ambassade à Paris, préconisent d’essayer.

Le ton est donné, la corruption semble de mise. En fait, nos interlocuteurs sont très sympas et pleins de bonne volonté. Ils téléphonent à plusieurs de leurs chefs pour voir comment ils pourraient faire, mais les ordres sont formels : il faut passer par l’ambassade à Dar-Es-Salaam pour obtenir un visa… La décision est sans appel.