Pour la sixième année consécutive, l’ancien champion du 400m haies est dans les starting-blocks pour porter hauts les couleurs du Challenge du « Monde des Grandes Écoles et Universités ». Rencontre.

Stéphane Diagana

Stéphane Diagana

Qu’est-ce qui vous motive en tant que parrain de cette sixième édition ?
En six années, cet événement a réussi à s’ancrer dans le paysage de l’enseignement supérieur. C’est très significatif. S’il perdure, c’est qu’il a du sens pour les différents acteurs qui s’y impliquent (les écoles, les universités et les entreprises) et qu’il correspond à un besoin. Certes, le Challenge ne remplacera jamais les salons ou les entretiens d’embauche, mais le sport permet à chacun de faire un pas et de se retrouver sur un terrain neutre qui facilite la convivialité. Il permet aussi aux étudiants de mieux exprimer qui ils sont et aux entreprises de mieux percevoir qui elles ont en face d’elles. L’embauche n’est pas le seul objectif des étudiants : c’est parfois intéressant pour obtenir pour des stages, découvrir des métiers et mieux définir leurs projets professionnels. Pour les entreprises, c’est aussi un moyen de mieux se faire connaître et d’offrir des opportunités de parcours et de carrières intéressants. Certaines sociétés changent de noms dans le cadre de rachat ou de fusion, d’autres ne sont pas très connues, donc ce lien avec les écoles et les étudiants est très important. Cet événement motive tout le monde : ceux qui sont sur les terrains de sport, dans les tribunes ou sur les forums.

 

Les Universités françaises ont-elles changé leur façon d’envisager le sport ?
Il y a encore une grande différence entre la conception anglo-saxonne, qui perçoit le sport comme une opportunité éducative et de formation, et la vision française où l’activité sportive est encore souvent considérée comme quelque chose d’accessoire liée à la vie de l’étudiant. C’est ce qu’il faut changer et cela évolue petit à petit. En France, les universités n’ont pas été pensées avec des infrastructures sportives. Or créer une salle de sport est difficile car les espaces sont saturés. Toutefois, il y a des modèles vertueux comme celui de l’Université de Nantes qui a construit une salle d’athlétisme couverte qui sert aussi de salle d’examen. Une belle initiative, soutenue par la ville et les collectivités, qui a permis à l’Université d’économiser plusieurs centaines de milliers d’euros par an en frais de location de salles d’examen. Mais, pour mener à bien de tels projets, il faut une motivation et une conviction très fortes. Du reste, le classement de Shanghai et les standards internationaux dans ce domaine sensibilisent de plus en plus les présidents d’universités.

 

Où en est votre projet de centre d’excellence européen Sport-Santé dans les Alpes-Maritimes ?
Après avoir perdu un an, faute de terrain disponible, nous sommes aujourd’hui en bonne voie pour le construire aux abords de Sophia Antipolis. Le modèle économique est sur le papier, il va maintenant être challengé par les investisseurs. Ce centre ambitionne de répondre aux deux tendances de consommation de la pratique sportive : le dépassement et la santé. Il accueillera des sportifs professionnels, mais surtout amateurs pratiquant des événements de masse (course sur route, trail, triathlon, cyclosportives…) et des personnes souhaitant bénéficier d’un accompagnement sport santé de qualité (conçu et opéré conjointement par des professionnels de santé et des professionnels de l’activité physique et sportive), afin de mieux prévenir les maladies chroniques liées à la sédentarité. Pour ces dernières, l’activité physique est un facteur de prévention, de contrôle ou d’amélioration des symptômes de la maladie. Notre ambition est de développer des savoir-faire et de les proposer à des collectivités territoriales. Nous espérons voir ce centre ouvrir à l’horizon 2016.

 

F.B.