85 jours, 2 heures et 4 minutes : voilà le temps qu’il a fallu à Laurence Grand-Clément (X 97, INSEAD 2006) et Laurence de Rancourt (ESA 2008) pour pulvériser le record de la traversée de l’Océan Indien à la rame. Même prénom, même passion, les Zell, comme elle se sont surnommées, sont de vraies aventurières des mers. Récit de leur incroyable aventure avec Laurence Grand-Clément.

Un duo de choc
Après avoir traversé l’Atlantique avec deux autres rameuses en 2010, les Zell ont vite voulu repartir, plus loin, plus fort. « Malgré nos personnalités différentes, Laurence et moi avons vite accroché. Alors que je suis l’X par excellence, rationnelle et cartésienne, elle est plus spontanée et se laisse guider par son instinct. » Cette complémentarité a d’ailleurs été un atout dès la préparation de cet exploit en duo. « Pour la première fois, nous partions en autonomie totale, sans filet de sécurité. Nous étions seules responsables de tout, des aspects financiers à la technique. Pendant 2 ans, avec ténacité, nous avons remonté nos manches ensemble. Et de la ténacité, il fallait en avoir pour passer près de 1000 heures à concevoir notre désalinisateur. » A terre, l’aventure avait déjà commencé.

 

Une incroyable traversée
Malgré les mois passés à essayer de parer à toutes les éventualités, les deux jeunes femmes se sont pourtant confrontées aux caprices de la mer dès le jour du départ. « Notre fenêtre météo était courte mais devait être sûre. Après 12h de navigation sans encombre, nous avons pourtant dû essuyer des vagues de 8 mètres. Dans des conditions difficiles où manque de sommeil et vents contraires étaient notre quotidien, ces premières semaines furent les plus sportives : nautique après nautique, on allait vers le record. » La deuxième partie de la traversée a été plus chaotique. « Dans des conditions climatiques terribles, nous avons rencontré de graves avaries techniques. Alors qu’une première vague s’était déjà cassée sur notre bateau, provoquant la perte de mon poste de rame, nous nous sommes retournées quelques jours après. Bilan, la cabine remplie d’eau et des rames cassées. Quatre heures plus tard, nouvelles sueurs froides : le bateau se retourne à nouveau emportant avec lui d’autres rames. Au deux tiers du parcours, nous n’avions plus qu’1 rame sur 6. Nous nous sommes alors mises à réparer les dégâts en utilisant ce qu’on avait. Caisses à outil, carbone de la structure, composites, tuyaux, tout y est passé, même mon sac de couchage ! Et nous sommes reparties. On se disait qu’on ne passerait jamais la ligne d’arrivée et pourtant, on l’a fait. » Avec un beau record à la clé.

 

Une aventure de passionnées
Recordwoman, Laurence Grand-Clément refuse pourtant tout net d’être érigée en symbole. « Je ne suis pas un modèle mais plutôt une enfant gâtée qui a eu la chance de vivre une aventure sportive, humaine et technique incroyable. » Si cette passion et cette volonté de se dépasser font intrinsèquement partie de sa personnalité, Laurence Grand-Clément a pu les exprimer pleinement à l’X. « Se mettre avec courage et passion au service de la patrie a ce panache qu’on ne trouve plus dans l’entreprise. L’X est une école de passionnés où on peut expérimenter son talent dans tous les domaines. » Sport et X même combat : le dépassement de soi.

 

Sport et entrepreneuriat, un objectif commun
Sport ou travail, Laurence Grand-Clément est une femme de défis. « Après un début de carrière dans des multinationales, j’ai eu un vrai ras-le-bol de la grande entreprise. Rentrée en France pour préparer ma traversée, j’ai travaillé en tant que freelance dans les clean tech, et me suis vite rendue compte que le plus simple était sans doute de monter ma boite. Aujourd’hui, je suis associée à la tête de l’Observatoire de l’Innovation dans l’Energie (OIE ). Quelle situation géniale, c’est comme sauter à l’élastique ! » Sport et entrepreneuriat ont donc beaucoup en commun. « Engagement,  ténacité, sens de l’objectif autant de valeurs partagées. Si mon aventure ne m’a pas changée, elle m’a permis de me révéler. Je ne suis plus la “ Xette de service ”, je suis moi-même. »

 

Pour en savoir plus sur ce record
www.2zell.org

 

CW.