Alain Beretz, président de l’Université de Strasbourg depuis sa création en 2008

Alain Beretz, président de l’Université de Strasbourg depuis sa création en 2008

En 2008, les trois universités strasbourgeoises ont fusionné pour donner naissance à l’Université de Strasbourg. En quoi cela a-t-il été un facteur d’excellence pour votre établissement ?
Je ne suis pas sûr que ce soit un facteur d’excellence, c’est un geste logique avant tout pour les fondamentaux de l’excellence, dans le but de retrouver ce qu’est l’université : un lieu où l’on fait de la recherche et de la formation dans toutes les disciplines. Strasbourg souffrait d’être une université disciplinaire. Or le modèle de l’université est pluridisciplinaire.

En quoi l’université de Strasbourg est-elle originale ?
Elle est originale car il y a encore peu d’universités fusionnées. De plus, nous sommes une des seuls universités de France à avoir une école de management, un sciences po, quatre écoles d’ingénieurs : nous avons une variété unique dans notre pays.

Quels sont les grands chantiers que vous avez menés depuis 2008 ?
Déjà, je pense que la fusion en tant que telle a abouti à une vraie identité, qui aujourd’hui n’est plus contestée. Les problèmes que nous avons maintenant sont les mêmes que dans les autres universités, ils ne sont pas liés à la fusion. En plus, nous avons connu des succès dans les deux grands appels d’offres nationaux : l’opération Campus et les investissements d’avenir. Or, pour les investissements d’avenir, nous avons eu parmi les meilleurs succès au regard de notre taille. Et c’est un double succès : à la fois celui des individus (nos forces de recherche ont pu proposer des projets de recherche compétitifs) et un succès collectif parce que le succès vient de notre capacité à présenter une université unie et cohérente.

Quelle est votre visibilité à l’international ?
Elle est très bonne. L’Université de Strasbourg appartient à la LERU (Ligue des universités européennes de recherche), une fédération de 21 universités européennes (Oxford, Cambridge, UPMC, …) caractérisées par leur niveau très fort en recherche. Ce sont des gens très sympathiques mais très rigoureux. On ne s’inscrit pas, on est coopté. Nous n’aurions pas fait partie des douze premiers membres si notre visibilité n’avait pas été bonne. Aujourd’hui je suis l’un des trois membres du comité de direction de cette ligue. La ligue n’aurait pas pris dans son comité de direction Strasbourg si sa reconnaissance internationale pouvait être remise en cause.

 

Claire Bouleau