(crédit photo : Aix-Marseille Université)

Aix-Marseille Université
Vous étiez président d’Aix-Marseille 2 avant de devenir président d’Aix-Marseille en janvier 2012. En quoi le rapprochement des universités d’Aix-Marseille est-il un facteur d’excellence ?
Tout d’abord, en termes de formation, nous allons pouvoir davantage favoriser l’interdisciplinarité, notamment dans des secteurs qui étaient situés dans des universités différentes, comme le droit et la santé. Ensuite, pour le monde de la recherche, la fusion offre des possibilités de se rapprocher, monde socio-économique, jusqu’à présent nous étions trois universités différentes, nous avions du mal à apparaître auprès des entreprises. C’est en train de changer.

Quelles sont les implications de l’investissement d’avenir A*MIDEX sur votre université ?
Sans la fusion, nous n’aurions pas eu l’A*MIDEX : désormais nous apparaissons coordonnés, avec une gestion claire et organisée, des relations plus rapides et fluides avec les organismes de recherche (parce qu’au lieu de s’adresser à trois universités, ils s’adressent à une seule). Avec nos partenaires de l’A*MIDEX, le but est de construire une politique d’excellence. Dans la formation par exemple, nous avons lancé l’académie d’excellence c’est-à-dire des formations qui allient interdisciplinarité, innovation, internationalisation. Dans le domaine de la recherche, nous lançons des appels pour des projets innovants. Dans le domaine de l’innovation, nous construisons la maison de l’innovation technologique, où des chercheurs du monde industriel et académique travailleront sur les mêmes projets. Enfin, à l’international, les relations avec le pourtour méditerranéen constituent notre objectif prioritaire.

Quels sont vos autres grands projets à venir ?

Nous devons mettre en place toute l’organisation administrative de cette université, qui part de rien, et ce n’est pas négligeable. A cette échelle en France, cela n’a jamais été fait. Nous comptons environ 8 000 personnels, 710 000 étudiants, 132 structures de recherche.Près de 1 100 diplômes vont fusionner.Un travail méthodologique est en cours : supprimer les doublons dans la formation, ne pas être dans une compétition loco-locale, chercher le bien-être des étudiants, etc. Il faut la mettre en place cette université, et lui donner de la cohésion, une âme. Chacun doit enlever le maillot qu’il portait avant et enfiler un nouveau maillot, tout en continuant à pédaler et ça, ça prend du temps.

Claire Bouleau