Après notre expérience dans un village de la tribu Luo, nous avons tenu à passer quelques jours à Kisumu (au bord du lac Victoria), pour bénéficier de l’éléctricité et ainsi donner des nouvelles, récupérer et écrire nos articles.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers un endroit où nous avons été invités, en plein territoire Kikuyu près de Murang’a. Notre hôte d’Eldoret nous avait en effet parlé d’une de ses amies anglaises qui a décidé de créer son école pour parrainer des enfants orphelins ou dans des familles instables. Elle cherche des volontaires, nous avons sauté sur l’occasion ! L’école de Tracey accueille ainsi une quinzaine d’élèves, dont 8 sont parrainés directement par elle – et bientôt par son association. L’initiative date d’il y a un an, et l’ambition de sa créatrice la poussera loin. Nous avons ainsi découvert le réseau Helpex, où l’on gagne notre gîte et notre couvert en échange de travaux. Pendant une douzaine de jours, nous avons construit un enclos, aménagé un toit et assuré les cours de sport des enfants.

Cette expérience nous a permis de voir les galères à monter une organisation comme celle de Tracey, où par exemple l’incompréhension culturelle entre institutrices kenyannes et directrice anglaise ne peut surpasser la bonne volonté ou les bénéfices de l’institution.

Elle nous a aussi permis de vivre près des terres d’origine de la tribu majoritaire du pays, les Kikuyus. Nous avons pu constater par nous même que cette province est loin d’être démesurément riche par rapport aux autres, comme l’accusent beaucoup de Luos. Et ils ne sont pas tous prêts non plus à nous vendre aux terroristes. Les tensions et préjugés entre ces deux clans sont très vifs, les deux luttant pour le contrôle politique du Kenya. Ces tensions ont mené à des massacres mondialement décriés lors des éléctions de 2007. Il fût intéressant pour nous de collecter les deux points de vue opposés. Historiquement, les Kikuyus semblent avoir une identité culturelle et des traditions fortes, mais aujourd’hui rares sont ceux qui les poursuivent. Les traditions sont vues comme un frein au développement là où les gens souhaitent aller de l’avant. Aucun de nos interlocuteurs ne connaissaient qui que ce soit qui porte encore la tenue traditionnelle. La circoncision est encore pratiquée, mais dans des hôpitaux, plus sûrs certes mais qui dans ce cas ne rend pas le rite propre à la tribu.

Nous retournons à Nairobi, afin de prendre un bus pour un nouveau pays : la Tanzanie.

 

Nous nourissons l’espoir d’y rencontrer des Masaïs, tribu la plus connue d’Afrique car celle qui serait la plus attachée à ses traditions !

 

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