En l’espace de quelques années, le groupe PagesJaunes, fleuron français de la culture papier, est devenu Solocal Group, leader européen du webmarketing local. Ce, sous la houlette d’un homme, Jean-Pierre Remy (Centrale Paris 86), son Pdg. Rencontre avec un innovateur doublé d’un empêcheur de penser en rond qui n’en est pas à son premier succès…

 

Jean-Pierre Remy (Centrale Paris 86), son Pdg

Jean-Pierre Remy (Centrale Paris 86), son Pdg

 

 

Pour quelles raisons PagesJaunes, marque à forte notoriété, est-elle devenue Solocal Group en juin dernier ?
Le groupe PagesJaunes a été rebaptisé Solocal Group tout simplement parce qu’il comprenait désormais bien davantage que les seules PagesJaunes. Même si celles-ci croissent toujours en audience, elles ne représentent plus que 50 % du trafic créé pour nos annonceurs. Comme son nom l’indique, Solocal Group est donc aujourd’hui un spécialiste du web marketing local et, de fait, son leader européen : 1er créateur de contenu et 1er animateur de sites web, 1er dans les deals, la cartographie, la prise de rendez-vous ou la localisation des points de vente, etc. A l’image de Mappy ou de ZoomOn sur Facebook, plusieurs de nos marques figurent dans le Top 50 des sites les plus visités et nous avons noué des partenariats avec tous les grands : Google, eBay, Facebook, Yahoo, etc. C’est ça, aujourd’hui, Solocal Group : des équipes expertes qui aident les clients à se positionner sur nos carrefours d’audience.

 

Quand vous êtes arrivé à la direction de PagesJaunes, le groupe réalisait 70 % de son CA avec le papier et 30 % avec le numérique. Les chiffres sont aujourd’hui inversés. Comment conçoit-on et met-on en oeuvre une révolution culturelle de cette ampleur ?
Il y a eu deux grandes phases. De 2009 à 2012, on a développé l’activité en ligne sans modifier le coeur de notre fonctionnement, mais en s’appliquant à maîtriser la technique, toutes les techniques. Puis, en 2012, on a accéléré à fond en appliquant notre plan « Digital 2015 » à l’horizon duquel, il a été décidé que l’entreprise ne serait plus que digitale. Depuis, on ne préserve plus le papier ni ses solutions, on avance… Bien entendu, cela a été une transformation considérable, un bouleversement total de la culture d’entreprise, mais on n’avait pas le choix. Pour ne pas disparaître, il fallait changer ! Les formations n’existaient pas ? On les a inventées, et on a embarqué les 5 000 collaborateurs dans l’aventure. Pour la grande majorité, ils ont suivi et on s’est enrichi de la plus grosse équipe numérique du pays ; équipe ayant acquis des compétences exceptionnelles et retirant de cette expérience une fierté légitime et très fédératrice.

 

« Entreprendre,
c’est créer, innover, bouleverser l’ordre établi. C’est bien
plus passionnant
que gérer »

En quoi Solocal Group se montret- elle une entreprise innovante ?
On innove d’abord sur le contenu : celui des sites internet dont on est l’un des principaux créateurs et sur celui des campagnes de communication. On innove aussi dans les médias de communication locale : sur les mobiles en ce moment par exemple. Enfin, on innove en devenant petit à petit le service de com locale des entreprises. On spécialise nos équipes selon l’activité de nos clients : SEO, réseaux sociaux… Par exemple, on a énormément travaillé sur tous les services transactionnels : réservation, livraison, devis, rdv en ligne…

 

En 2012 comme en 2013, Solocal Group a signé plus de 300 CDI. Quels profils l’entreprise recherchet- elle actuellement pour renforcer ses équipes et qu’attendez-vous en particulier de ce sang neuf ?
On recrutera plus de 500 personnes en 2014 ; toutes avec un profil numérique. Sur l’ensemble des fonctions, mais plus particulièrement sur la vente et le conseil en communication locale (300 personnes). Et puis également côté marketing, web, techniciens, développeurs, spécialistes data, etc.

 

Quels attraits l’entreprise offre-t-elle qui puissent donner envie aux jeunes diplômés de la rejoindre ?
Nous disposons déjà de la plus large équipe du webmarketing ; Solocal Group est donc un bon endroit pour s’élancer ; d’autant que l’on est vraiment demandeur de nouveaux talents, de jeunes diplômés arrivant avec leurs idées, leurs modes de fonctionnement propres. Ici, ils auront la possibilité de s’exprimer, de prendre des responsabilités rapidement et d’évoluer tout aussi vite tant les choses bougent vite de nos jours.

 

Vous avez toujours été passionné par l’innovation. Après Centrale, vous avez travaillé 6 ans dans un cabinet de conseil en innovation tout en achevant votre DEA en management de l’innovation. D’où vient cette fascination ?
A Centrale, en seconde année, j’ai créé Centrale Entreprises International, première expression d’une envie d’entreprendre qui ne m’a plus quitté depuis. Autant je n’ai jamais été attiré par la préservation de l’ordre établi où il s’agit de gérer sagement pour préserver l’existant, autant inventer, innover, créer, construire de nouveaux business, voilà ce qui me passionne. A Centrale, en 3e année, on a eu un cours qui m’a profondément marqué sur la manière dont les mutations de sociétés débutaient toujours par une révolution technologique ; comment la technologie changeait les choses. Cette technologie source de rupture, modifiant les cartes et redistribuant les acteurs m’a fasciné et est devenu une sorte de leit-motiv dans ma vie. Après avoir travaillé en conseil en stratégie, j’ai donc créé Egencia, agence en ligne qui a révolutionné le voyage d’affaires, bousculé les grands et est devenu leader mondial. En 2009, la révolution numérique dans le monde des voyages était achevée ; en revanche, c’était au tour de la pub de se trouver placée à ce moment charnière où la technologie change les règles du jeu et où tout devient possible, même devenir numéro 1 mondial…

 

Conseils aux futurs entrepreneurs…
« Bien sûr, tout d’abord, il convient d’apprendre son métier, parce qu’à la sortie de l’école, en vérité, on ne sait pas faire grand-chose. Apprendre et comprendre l’entreprise, donc, tout en gardant intacte son envie de créer. Dans quoi se lancer ? La clé de l’innovation consiste, je crois, à résoudre un problème auquel on est confronté et à généraliser. Certes, il faudra y mettre volonté, ténacité, engagement et enthousiasme, indispensables pour se relever et continuez. Parce que vous allez échouer, oui. Personnellement, je n’ai jamais réussi du premier coup. L’important, c’est juste d’échouer rapidement ! La première qualité de l’entrepreneur est d’accepter l’échec. Oser, essayer, échouer, corriger, réessayez et réussir. Voilà comment les choses se passent… le plus souvent. »

 

En passant par Centrale
« J’ai tout appris sur l’innovation à Centrale ; dans le cursus classique tout d’abord, puis en y suivant un DEA dédié. Mais Centrale ne se contente pas de former ses élèves au monde de la technologie et à sa dimension essentielle, il replace celle-ci dans le contexte du monde, apporte une intelligence globale des choses et de leurs rapports. Encourageant qui plus est la prise d’initiatives, l’école est donc parfaite pour raisonner en fonction de ses rêves et non pas d’un quelconque plan de carrière. Je n’ai jamais envisagé quelque plan de carrière que ce soit : progresser dans un ordre établi est contraire à l’esprit d’entreprise où l‘on travaille en rupture, innove, change les choses. Tout en vous préparant au réel, Centrale préserve cette dimension personnel le intérieure sans laquelle vous ne deviendrez jamais un créateur, un inventeur, un n°1 ou tout simplement… vous-même. »

 

JB

 

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