SKEMA anticipe en permanence les évolutions du monde de demain comme nous le démontre Alice Guilhon, directrice générale de SKEMA Business School.

 

Alice Guilhon, directrice générale de SKEMA Business School © Maxime Dufour Photographies

Alice Guilhon, directrice générale de SKEMA Business School © Pauline Beck

 

Avec un projet pédagogique fondé sur l’économie de la connaissance, SKEMA prend une longueur d’avance sur les business schools traditionnelles. Quelles sont les innovations en ce domaine ?
Nous avons mis en place une direction du Knowledge Management ainsi qu’une plateforme technologique « Knowledge Center ». Elle permet à des gestionnaires de projets d’accompagner nos élèves qui appartiennent à la génération des nouvelles technologies hyper connectées avec l’extérieur (ordinateur, tablettes, iPod…). Nous voulons rendre mobile l’apprentissage afin que les étudiants passent le moins de temps possible dans les salles de classe et acquièrent des connaissances partout où ils se trouvent. L’économie de la connaissance qui demeure au centre de nos préoccupations en matière d’acquisition et de mémorisation, nécessite de leur offrir un service d’enseignement disponible 24 heures sur 24.

 

Vous bénéficiez de trois campus, aux États-Unis, au Brésil et en Chine. Avez-vous des projets pour d’autres développements à l’international ?
L’international demeure l’ADN de l’école parce que l’éducation et l’enseignement supérieur constituent une industrie totalement globalisée. Nous avons opté pour une approche multi-sites en choisissant des lieux bénéficiant de synergies académiques et professionnelles, c’est-à-dire les technopoles à forte croissance. Dans cette optique, nous envisageons à moyen terme de nous implanter en Russie, pays qui crée une dynamique entrepreneuriale susceptible d’irriguer probablement son évolution économique durant les vingt prochaines années. De même, nous souhaitons intégrer le continent africain en développant un campus numérique afin d’effectuer le transfert et l’acquisition de connaissances vers des populations aux moyens financiers limités.

 

Les laboratoires de SKEMA sont à la pointe de la recherche dans plusieurs domaines. Comptez-vous encore progresser dans ce domaine ?
Nous renforçons régulièrement les spécialisations de nos quatre grands axes de recherche privilégiés (finance ; marketing ; innovation ; KTO – Knowledge, technologie et organisation). Les professeurs de SKEMA Business School  bénéficiant sur nos sites de relations étroites avec les entreprises, nous souhaitons nous démarquer des formes de recherche effectuées actuellement par les grandes écoles et les universités en utilisant nos campus sans passer par des équipes internationales de recherche aujourd’hui centrées sur des terrains thématiques et physiques restreints. L’objectif est de créer des synergies de recherche capables de proposer aux entreprises des comparaisons internationales de dynamique innovation, de dynamique entrepreneuriale, de dynamique de création, d’apprentissage et de déploiement des connaissances sur le terrain. Grace à nos différentes implantations, nous allons être en mesure d’effectuer ce type de recherche de façon autonome, en allant chercher l’information partout où elle se trouve tout en restant dans l’école.

 

Le nombre de femmes directrices dans les grandes écoles progresse. De quelle manière cela peut-il contribuer à l’excellence de ces établissements ?
La féminisation, c’est la diversité !  Les femmes sont très férues de créer des liens et d’apprendre les unes des autres. Les intégrer  dans un environnement a priori masculin, permet de bénéficier d’approches extrêmement différentes. En effet, les femmes posent les problèmes en fonction des solutions pouvant être trouvées alors que les hommes ont une façon de gérer plus axée sur l’efficacité et la prise de décision de façon à résoudre rapidement les problèmes. A cet égard, Michel Ferrary, enseignant-chercheur de l’école qui effectue des recherches sur les liens entre la féminisation des conseils d’administration et la performance sociale de l’entreprise, a démontré que la performance était d’autant plus forte que la féminisation de l’entreprise augmentait.

 

Patrick Simon