« CONSTRUIRE ET MENER À BIEN SON PROJET EST UN CHEMIN DE VIE ET D’AUTONOMIE. » CETTE APPROCHE QUE CHRISTIAN GRAPIN, DIRECTEUR DE L’ASSOCIATION TREMPLIN – ÉTUDES, HANDICAP, ENTREPRISES APPLIQUE DEPUIS 2002 AUX ÉTUDIANTS EN SITUATION DE HANDICAP QU’IL ACCOMPAGNE DANS LES ÉTUDES ET VERS L’EMPLOI, EST UNE PHILOSOPHIE QUI L’ANIME PERSONNELLEMENT. PORTÉ PAR DES VALEURS SINCÈRES, IL EST DOTÉ DE BEAUCOUP D’HUMOUR.

CHRISTIAN GRAPIN, DIRECTEUR DE L’ASSOCIATION TREMPLIN – ÉTUDES, HANDICAP, ENTREPRISES

CHRISTIAN GRAPIN, DIRECTEUR DE L’ASSOCIATION TREMPLIN – ÉTUDES, HANDICAP, ENTREPRISES

RESPECT
Christian Grapin passe son enfance en banlieue parisienne. Il n’est pas très studieux et préfère « l’école du rugby, pour ses belles valeurs : respect de l’autorité et de l’adversaire, réussite collective. » Il finira par prendre goût aux études grâce à un professeur de maths « atypique et doté d’un humour cynique. » Sur ses conseils il entre en prépa mais décide de ne pas passer le concours et fait son service militaire. « J’avais demandé les DOM, je me suis retrouvé en Allemagne ! » raconte-il espiègle. Et d’ajouter « ça m’a beaucoup plu. J’ai appris à conduire des camions, j’ai rencontré des gens venus de tous les milieux et j’ai été vacciné deux fois (par précaution !) contre la méningite… »

 

ET COMPRÉHENSION DE L’AUTRE
Il découvre le monde professionnel durant ses jobs d’été dans la banque où travaille son père. « J’ai beaucoup appris sur les devises et travaillé sur les premiers ordinateurs. » Il se lance ainsi dans l’informatique de gestion et débute dans le consulting, ce qui le conduit à s’intéresser aux sciences humaines. Il se forme au CNAM, sa passion pour comprendre l’autre dans sa différence était née. « Cette posture nous conduit à mettre notre compréhension à l’épreuve, à tester notre empathie et notre tolérance. »

 

UN OBJET SOCIAL PORTÉ PAR DES ENTREPRISES
Il rencontre TREMPLIN en 2001. L’association veut étudier la faisabilité de se déployer hors de l’Ilede- France, sa région de création en 1992 où elle compte 19 entreprises membres. Il va plus loin et démontre la faisabilité en mettant en place des actions d’accueil de stagiaires et alternants en situation de handicap à Lyon. En 2002, la présidente lui proposer de prendre la direction de l’association pour la développer. « J’ai accepté, motivé par le potentiel de TREMPLIN et par son concept d’objet social porté par des entreprises.

 

SE MOBILISER POUR ET AVEC LA JEUNESSE
Il met en place une organisation structurée afin « d’offrir une solidité financière à TREMPLIN. » Aujourd’hui, l’association accompagne 500 étudiants par an avec 220 entreprises et mène de l’ESSEC. Il prépare l’ouverture de son action au champ de la jeunesse dans toutes ses problématiques. Membre du codir de TREMPLIN, Véronique Dubois en a été la présidente. « J’ai tout de suite apprécié quelqu’un de direct et sincère. Il a une vision du rôle de TREMPLIN. Il est très obstiné. C’est une qualité dans le monde du handicap où les barrières restent nombreuses. Si TREMPLIN a sa place aujourd’hui, c’est 200 % grâce à lui ! »

 

UNE APPROCHE HUMAINE ET PROFESSIONNELLE
C’est aussi l’approche de TREMPLIN qui a séduit Cécile Hétier. Christian Grapin l’a accompagnée alors qu’elle étudiait à Reims Management School. « J’avais une réticence à contacter une association. Mais M. Grapin m’a tout de suite expliqué qu’il m’accompagnait non pas parce que j’étais en situation de handicap, mais tel un chasseur de tête parce que j’avais des compétences à offrir aux entreprises. Il m’a considérée comme une personne avec des projets et le désir d’être pleinement actrice de mon parcours. Il m’a permis d’entrer dans une dynamique positive grâce à son regard enthousiaste et bienveillant. »

 

QUÊTE SPIRITUELLE
Après le rugby et le volley, Christian Grapin pratique le karaté et l’aïkido. « L’aïkido est un combat d’absorption. On utilise la force de l’adversaire. On est dans le contrôle, c’est une approche utile en toutes circonstances. » Il est adepte du jeu de go pour des raisons similaires. De son autre passion la plongée sous-marine, il dit aimer « pouvoir faire le vide et se trouver en apesanteur. On plonge en binôme, chacun prenant soin de l’autre. » Amateur de philosophie, il trouve sa « voie » à mi-chemin entre le stoïcien Epictète et le taoïsme, et se nourrit des écrits de Foucault sur le gouvernement de soi ou de Nietzsche sur le ressentiment.

 

A. D-F

 

Contact : www.tremplin-handicap.fr