… à condition d’en sortir car tout part de là, et précisément du 27, rue Saint Guillaume, prénom d’origine allemande Wilhelm qui signifie volonté et protection, tout un programme !

 

© Fotolia

© Fotolia

 

Everywhere I go
On pourrait croire que les diplômés de cette prestigieuse école s’orientent plutôt vers des fonctions liées aux sciences politiques mais ce n’est pas le cas. Ils intègrent les secteurs les plus divers, publics ou privés, industriels ou tertiaires, culturels ou artistiques et bien sûr politiques. Ceux qui accèdent à la notoriété utilisent tous les mêmes ingrédients indispensables fournis par Sciences Po : méthode, effort sur soi-même, culture et ouverture ; car ces réussites souvent exceptionnelles demandent à la fois énergie, travail, esprit de décision et volonté. Anne, Camille, Léa, Alain, Bruno, Brice, Frédéric et Hervé se sont certainement croisés au cours de leurs brillantes carrières où ils auront certainement évoqué le souvenir de leur école.

Les arts en Seine
Anne Roumanoff, Camille Dalmais dite Camille et Frédéric Beigbeder constituent trois exemples de parcours culturels et artistiques bien spécifiques qui aboutissent tous au succès. Sorties de Sciences Po, Anne et Camille se dirigent directement vers les métiers artistiques qu’elles ont choisis alors que Frédéric s’essaie à la communication d’entreprise avant de devenir lui-même son propre objet publicitaire car on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Après Sciences Po, il perfectionne ses connaissances en marketing au Celsa, débute dans la publicité avant de s’attaquer à l’écriture littéraire (romans, essais, scénarios, BD, critique littéraire…), à la réalisation de films et à l’animation télévisuelle chez Canal+ ou Paris Première. Créateur du prix de Flore dont il préside le jury, c’est lui encore qui dirige la rédaction du magazine Lui, pendant français de Playboy.

Les aphorismes d’un dandy
S’il fréquente les soirées people parisiennes, il passe certainement une grande partie de son temps à travailler, s’interrogeant sur l’avenir de la planète. “Croyez-vous encore qu’une croissance infinie soit possible sur une planète où les ressources sont limitées ?”, menant une quête sur le sens de la vie qu’il traduit dans des aphorismes percutants. “Tout s’achète : l’amour, l’art, la planète Terre, vous, moi.”, en rêvant d’une certaine éternité. “La célébrité c’est bien ; la postérité c’est mieux.”

Côté scène
Anne et Camille affrontent directement le public dès la sortie de Science Po, la première en jouant des sketches, la seconde avec son premier album Le Sac des filles auquel elle a consacré son stage de fin d’études. Il est vrai qu’Anne Roumanoff complète son cursus par les cours Simon et le cours Florent avant de créer son personnage de gentille jeune femme espiègle et maligne au café-théâtre des Blancs-Manteaux. Très vite, elle se révèle une touche-à-tout de talent en matière de radio, de télévision, de chroniques journalistiques, d’écriture et surtout de sketchs, son dernier spectacle créé à l’Olympia ayant été retransmis dans plus de 150 salles de cinéma. Sciences Po oblige, la politique, elle connaît « Jospin, qui donne des conseils aux socialistes, c’est comme Poulidor qui expliquerait comment gagner le Tour de France. » De son côté Camille sort des sentiers battus, « Il ne faut pas suivre les parcours fléchés », comme elle dit, Camille, car elle fait hypokhâgne et Science Po avant d’écrire et d’interpréter des chansons originales, sensiblement intellectualisées. Son premier album ayant reçu un accueil mitigé, elle s’arme de patience, de volonté et collabore à différentes créations avant de se faire remarquer avec le single Ta Douleur qui lui permet d’enchaîner interviews et passages télévisés. Au passage, elle s’essaie également au cinéma notamment dans Les Morsures de l’aube et au théâtre dans La Dame de la mer d’Henrik Ibsen.

Des lauriers et un président
Grand prix de la chanson française attribué par la SACEM en 2012 et prix de la chanson originale de l’année aux Victoires de la musique pour Allez allez allez, les prestations scéniques de Camille et ses chansons atypiques la placent à l’avant-garde de la scène française. Elle fait chanter le président Hollande le jour de la fête de la musique 2015, ayant promis plusieurs fois à la foule. « Le président va vous chanter une chanson. » Comme quoi, avec les élèves de Science Po, il y a toujours quelque chose en eux de politique !

La voie des médias
Avec son école de journalisme, Science Po Paris peut s’enorgueillir d’avoir ouvert la voie de la notoriété à de nombreux journalistes français. Si les hommes ont longtemps dominé de leur présence les médias, les femmes sont en train de prendre leur revanche, notamment à la radio et à la télévision. Chroniqueuse dans l’émission On n’est pas couché et intervieweuse dans la matinale de France Inter, Léa Salamé, 36 ans, réfléchit à intégrer de nouvelles émissions. Qu’elle plaise ou non, sa façon d’être, moitié psychologue, moitié philosophe en fait une intervenante très écoutée du paysage audiovisuel français.

Léa vue par une amie
« Léa, c’est, d’un côté, une diva très entourée et, de l’autre, une bosseuse qui avance avec courage, le couteau entre les dents. Une princesse mais aussi une guerrière », confiait en début d’année sa meilleure amie Alexandra au magazine ELLE.

 

De l’un l’autre
C’est dans l’orbite du magazine Paris-Match et du Journal Du Dimanche (JDD) que les deux journalistes Alain Genestar et Bruno Jeudy ont évolué. Un reportage sur son épouse n’ayant pas eu l’honneur de plaire au ministre de l’Intérieur de l’époque Nicolas Sarkozy, Alain Genestar fut remercié pour dérive déontologique. Mécontent, il estime que « dans un grand pays libre et démocratique comme le nôtre, il n’est pas concevable qu’un ministre de l’Intérieur puisse être à l’origine du limogeage d’un journaliste ». Mais les SciencesPistes ont de la ressource. Il dirige maintenant le magazine Polka, fondé essentiellement sur la photographie. « Pour ceux qui veulent voir et savoir ». Quant à Bruno Jeudy, il trace progressivement son chemin dans les médias, car à côté de ses fonctions de responsable de magazine, il intervient régulièrement dans des émissions télévisées afin d’évoquer différentes problématiques de l’évolution politique de notre pays. Il vient de quitter la direction du JDD pour la place de rédacteur en chef politique/économie du magazine Paris match.

 

© Fotolia

© Fotolia

La politique, toute une science !
S’ils sont politiquement proches et d’une génération qui tient par les rênes du pouvoir depuis deux décennies, leur parcours a été ponctué de postes à responsabilité locales et nationales de toute nature ayant débouché sur des fonctions ministérielles importantes. Très vite monté très haut, Hervé Gaymard, jeune poulain de Jacques Chirac dut démissionner de son poste très convoité de ministre de l’Economie du gouvernent Raffarin, suite à une affaire concernant son logement de fonction de 600 m2 loué très cher par l’Etat. Jacques Chirac lui aurait dit : « Tu as 37 ans, tu es jeune, tu vas sortir en lambeaux si ça continue ; il faut que tu démissionnes. » Il a su rebondir pour se faire élire député de Savoie en 2007 puis en 2012. L’horizon semble se dégager puisqu’il soutient Alain Juppé qui l’a chargé de coordonner son projet pour la primaire des Républicains.

Sarko and Co
De son coté, Brice Hortefeux, soutien inconditionnel de Nicolas Sarkozy dont il est l’ami, a pris la tête de quatre ministères en tant que ministre délégué aux Collectivités territoriales, ministre de l’Immigration, ministre du Travail et pour terminer ministre de l’Intérieur. Il siège actuellement au Parlement européen et soutient l’ancien président dans sa quête présidentielle. Plusieurs fois député, Pierre Lellouche s’est toujours tourné vers l’étranger, occupant diverses fonctions internationales avant de devenir secrétaire d’État chargé des Affaires européennes puis secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Il est l’auteur d’une proposition de loi tendant à aggraver les peines punissant les infractions à caractère raciste ou antisémite qui a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale.

Sans parti-pris ?
Brice Hortefeux estime que son parti, Les Républicains. « Est en réalité le parti de redressement de notre pays… alors que celui-ci aujourd’hui se courbe. »

Patrick Simon