Le groupe français Schneider Electric est engagé depuis plusieurs décennies dans le management de l’énergie, son transport, sa distribution, sa conversion et sa fiabilisation. Son terrain de jeu est international avec plus de 135 pays couverts. Rencontre avec Sylvain Frodé de la Foret (Supélec 96), Buildings & Partner Projects Vice President Schneider Electric. Fanny Bijaoui

 

Quel est votre périmètre de responsabilités ?

Je suis directeur des activités bâtiments de Schneider Electric en France. Nous adressons tous les segments de clientèles du monde du bâtiment : l’immobilier de bureaux, les hôpitaux, les salles de spectacle, les écoles ou les universités. Il s’agit de vendre des produits à des intermédiaires qui travaillent eux-mêmes pour le bâtiment, mais aussi de vendre des projets et des services. Nous intervenons dans les domaines des automatismes du bâtiment, de la distribution électrique, de la gestion technique du bâtiment avec la gestion du confort que cela implique (qualité de l’air, stores automatisés, température…). Je manage environ 400 personnes aux profils très variés : techniciens d’intervention, professionnels du marketing, vendeurs ingénieurs conseils.

En quoi la transition numérique des bâtiments est-elle une révolution ?

C’est une révolution à la fois pour les filières de conception, de construction et d’exploitation grâce, notamment, à la modélisation des données du bâtiment (Building Information Modeling) basé sur des modèles 3D. C’est aussi une révolution pour ceux qui vont y séjourner ou y exercer une activité professionnelle. En effet, l’intérêt pour ces clients, pour ces usagers, n’est pas tant de posséder un tableau électrique ou gestion technique du bâtiment que de bénéficier des fonctionnalités et des services qu’ils procurent. Nous sommes en train de migrer vers du payement à l’usage.

Quelles sont les qualités indispensables à l’ingénieur innovateur ?

Pour innover, il faut être ingénieur. Pas au sens diplôme du terme ; mais avoir la capacité de prise de recul pour appréhender un sujet d’innovation de façon plus globale. Auparavant, le disjoncteur était le produit cœur de Schneider Electric et on l’appréhendait en spécialiste. Aujourd’hui, réfléchir en mode ingénieur, c’est connaître l’information que l’on peut extraire de ce produit pour générer des données sur la base desquelles un service sera rendu à l’usager. De même, avant il y avait l’énergie d’un côté et l’IT de l’autre. Aujourd’hui, il est vital de mixer les deux. Cela créé des opportunités en terme technique et surtout en termes de business model avec de véritables ruptures dans ce domaine. Il nous faut des collaborateurs capables de conduire cette transformation. Au-delà de la compétence technique, il faut avoir un comportement de curiosité et travailler en réseau.

Ainsi, nous avons développé de nombreux Hub d’innovation, notamment en Chine, en Inde, en France et aux Etats Unis. Un jeune peut donc trouver un poste partout dans le monde.

Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes Supélec ?

Il faut varier les expériences en termes de métiers et en termes géographique. Privilégiez un environnement de travail multiculturel. Par ailleurs, je leur conseille de faire du management fonctionnel avant de se précipiter vers le management hiérarchique. Les véritables leaders le sont par leur vision, leur ambition et leur capacité à fédérer pour atteindre un objectif ; bien moins par leur titre.

Schneider Electric The Hive (c) Schneider Electric

Schneider Electric The Hive (c) Schneider Electric

Micro CV : 2013-16 : Partner Projects & EcoBuildings VP, Schneider Electric France / 2010-13 : Buildings Business VP, Schneider Electric France / 2008-09 : France Sales Directot for Large Builidings, Energy & infrastructure markets, Schneider Electric France / 2007-08 : Field Services Business Line Director, Schneider Electric France / 2001-07 : Head of Power Distribution Projects department, Siemens France / 1997-01 : Project Manager, Cegelec Comsip

 

Contact : sylvain.frode-de-la-foret@schneider-electric.com