Jamais Samy Boudiaf (ESSEC Business School 2023) n’aurait cru pouvoir travailler dans le cinéma en intégrant l’ESSEC en 2019. C’est pourtant ce qu’il a fait en créant (SIC) PICTURES, sa société de production, dès 2020, en plein Covid. Gros plan sur un jeune dip’ en pleine lumière.
Samy Boudiaf n’avait pas forcément prévu de travailler dans le cinéma, lui qui vient d’une famille qui a émigré d’Algérie à la fin des années 80, très éloignée de ce milieu. À l’ESSEC, il pousse la porte de l’asso étudiante Ciné Qua Non qui organise chaque année un concours de scénario dont elle produit le lauréat. Malheureusement, l’édition 2020 est annulée pour cause de Covid19. « C’est là que se produisent mes premières réflexions. À la lecture d’un scénario qui me tenait particulièrement à cœur (je l’avais trouvé drôle et faisable), je suis allé à la rencontre des deux réalisateurs : j’avais envie que ce film existe. » Résultat, le court-métrage est produit grâce à la force du collectif des étudiants de l’asso.
Action !
Un coup de cœur qui s’est transformé en société de production, (SIC) PICTURES, créée avec un autre étudiant de l’Essec, Charles Benoin. Cinq ans après, Samy gère la société avec Stanislas Wicker, également diplômé de l’école, et compte déjà à son actif plus d’une vingtaine de courts-métrages (dont un sélectionné aux César !) et un premier long-métrage consacré à Maria Callas, avec Monica Bellucci dans le rôle principal, présenté en avant-première au Festival international du film de Saint-Sébastien. « C’est au fil de cette aventure que j’ai acquis ma légitimité et la certitude de ma vocation. La production est un métier qui touche à l’artisanat, à l’art, à la création. Or c’est en créant que l’on devient. Donc, les quatre premières années m’ont permis de travailler sans réelle vision à long terme, avec la seule stratégie d’apprendre mon métier. » Pari gagnant.
Coup de projecteur sur le parcours à la carte
Même si créer une société de production prend du temps… et faire un film encore plus ! Grâce à un parcours à la carte, Samy a eu la possibilité d’aménager son temps d’étude selon son planning de production. « Les études rassurent et vous enseignent la patience. Le modèle ESSEC m’a permis de tester, de me tromper aussi. Grâce à l’école, j’ai pu commencer à construire, à planter les premières graines des fruits dont je récolte les fruits aujourd’hui. » Samy a notamment intégré la Chaire ESSEC Media & Digital – et ainsi rencontré de nombreux acteurs de l’industrie du cinéma – et fait valider ses stages dans le cadre de son activité entrepreneuriale ou de coproductions internationales. « L’administration de l’ESSEC s’est montrée extrêmement compréhensive. Elle m’a écouté. On a pris le temps de discuter et de trouver des solutions ensemble. »
Silence, ça tourne
Aujourd’hui, (SIC) PICTURES a trouvé son rythme de croisière. Le tournage du prochain long-métrage devrait commencer début 2026. Et d’autres devraient suivre durant l’année. « Pendant quatre ans, on s’est battu, on a défendu un optimisme, un regard, une foi, une croyance, une volonté. Et aujourd’hui, cette volonté s’est transformée en possibilité. » La chance de Samy ? Avoir lancé sa société pendant ses études. Et c’est d’ailleurs le conseil qu’il partage aux étudiants qui ont plus qu’une passion, une vocation. « Si vous ne vous lancez pas maintenant, vous ne le ferez jamais. Vous n’avez rien à perdre. Le courage n’a pas le droit de procrastiner. Si vous êtes à l’ESSEC, c’est que votre champ des possibles est infini. Vous disposez d’un écosystème ultra favorable, donc à vous de planter les graines. »
Clap de fin
Ta plus grande fierté ? « Voir les émotions que suscitent mes films auprès des spectateurs. Ça rappelle l’importance de ce qu’on fait et c’est très motivant. »
Ton plus gros défi ? « Ne pas abandonner alors même que j’ai lancé ma boîte à un moment compliqué pour le cinéma en France. »
L’acteur / actrice que tu rêverais de voir jouer dans un de ses films ? « J’aurais adoré tourner avec Michel Piccoli et Marlène Jobert, ou avec Robert de Niro parce que mon père adore le cinéma américain… alors que je produis des films français ! »
Le réalisateur / la réalisatrice que tu adorerais produire ? « Rebecca Zlotowski que je trouve incroyable dans sa façon d’appréhender son cinéma, de façon très intellectuelle et particulièrement vivante. »
Finis la phrase, le cinéma, c’est… « Oublier qu’on existe, et c’est une chance inouïe en 2025. »