EXPO

 

C’est dans la salle d’exposition temporaire de la chapelle que se tient l’exposition Rodin, la chair, le marbre, cela tout au long des travaux de rénovation de l’hôtel Biron. La mise en scène des marbres et des maquettes en terre cuite ou plâtre est confiée à l’artiste et architecte Didier Faustino et à son équipe. Les statues présentées témoignent de l’importance que tiennent le marbre et son traitement dans l’oeuvre de Rodin.

 

Auguste Rodin, La Danaïde, Grand modèle © Musée Rodin - Photo : Christian Baraja

Auguste Rodin, La Danaïde, Grand modèle © Musée Rodin - Photo : Christian Baraja

 

Influencé à la fois par la Grèce antique et par la Renaissance italienne à travers la figure de Michel Ange, Rodin réussit à donner forme et vie à la matière. Dans une constante recherche de la vérité de la nature et du mouvement, ses marbres s’éveillent. Il parvient à animer un matériau voué à l’immobilité. Dans le marbre brut, statique et grossier l’âme prend naissance. Il saisit le moindre souffle, le moindre frémissement. Fasciné par la danse (une de ses principales sources d’inspiration) ses corps semblent respirer par l’impression de mouvement que son couteau leur donne (la Danaïde). Il transforme la matière dure et froide et lui donne souplesse et chaleur.
Pour accentuer cette impression de vie et de liberté de rythme, il utilise le non finito. Cet état d’inachèvement de son travail confère à ses sculptures une intensité spirituelle et dramatique. Là encore, Rodin est marqué par Michel Ange qui fut le promoteur d’une esthétique de l’inachevé. Délibéré ou non chez Michel Ange, ce non finito est pour Rodin un moyen conscient d’expression et constitue presque sa marque de fabrique. Il « transmute » la roche qui devient charnelle. Son génie et sa virtuosité confondent cette chair et ce marbre et les réconcilient dans un perpétuel dualisme que l’on retrouve aussi dans le choix des ses sujets (la Centauresse, alliance de l’humain et de l’animal).
L’opposition âme-corps, la dualité esprit-matière donnent pourtant un effet d’équilibre, de réconciliation. Tous ces paradoxes que l’on retrouve dans nombreuses de ses oeuvres convergent toujours autour de l’amour, de la sensualité et du désir (Paolo et Francesca, le Baiser). Les contemporains de Rodin voyaient en lui le dominateur de la pierre devant lequel « le marbre tremble », je me permettrai d’ajouter devant lequel le marbre vit.

 

Auguste Rodin, Paolo et Francesca dans les nuages © Musée Rodin - Photo : Christian Baraja

Auguste Rodin, Paolo et Francesca dans les nuages © Musée Rodin - Photo : Christian Baraja

 

Musée Rodin – 79, rue de Varenne – 75007 Paris
8 juin 2012 – 3 mars 2013
Du mardi au dimanche De 10h à 17H45

 

Anne Perceval