Interview Fabrice Guérin Réseau Polytech
crédits Régis Domergue

Réseau Polytech : plus responsables, ensemble – L’interview de Fabrice Guérin

Fabrice Guérin, coordinateur du Réseau Polytech, nous dévoile comment les 16 écoles Polytech s’engagent pour former des ingénieurs responsables et conscients des enjeux environnementaux et sociétaux.

Quelles initiatives le Réseau Polytech met-il en place pour intégrer la responsabilité dans la formation de ses ingénieurs ?

Interview Fabrice Guérin Réseau Polytech

Le Réseau s’est engagé dès 2020 par la signature d’une charte commune aux 16 écoles qui le composent. Cet acte fort marque notre volonté d’agir sur deux axes : d’une part, faire évoluer notre propre fonctionnement pour devenir des établissements plus responsables, et d’autre part, transformer notre offre de formation pour mieux intégrer les enjeux environnementaux et sociétaux. Pour concrétiser cet engagement, nous avons créé la commission des Transitions Environnementales et Sociétales (TES). Elle est chargée de mettre en place des dispositifs communs à l’échelle du réseau, avec un plan d’action défini annuellement. Plusieurs actions concrètes ont déjà été mises en œuvre, comme le consortium Erasmus Polytech Green qui permet à nos étudiants, dans le cadre de leur mobilité obligatoire, de bénéficier de bourses spécifiques lorsqu’ils travaillent sur des sujets liés à la transition écologique et utilisent des moyens de transport à faible impact environnemental. Plus globalement, toutes nos écoles sont engagées dans cette dynamique de transition, certaines détenant même le label DD&RS comme Polytech Montpellier.

De nouvelles formations émergent au sein du Réseau Polytech. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Effectivement, l’ouverture de nouvelles formations spécialisées dans les transitions à Marseille et Montpellier est l’une de nos actualités majeures. Ces nouvelles spécialités seront proposées à partir de septembre 2026 et elles répondent à une double demande : celle des entreprises, qui peinent à trouver des ingénieurs qualifiés pour les accompagner dans le développement des industries responsables, et celle des étudiants, de plus en plus sensibles à ces enjeux.

Comment les entreprises perçoivent-elles cette évolution vers plus de responsabilité ?

Cette question a été abordée l’année dernière au sein de notre comité d’orientation stratégique, porté par la Fondation partenariale Polytech. Les retours des industriels montrent que ces enjeux sont totalement intégrés dans leur stratégie. De fait, les entreprises impliquent naturellement nos élèves dans des stages portant sur ces sujets. Non seulement elles développent des solutions innovantes, mais elles ont également institutionnalisé ces préoccupations dans leur fonctionnement quotidien, ce qui est une excellente nouvelle pour nous.

Selon vous, quelles compétences un ingénieur de demain doit-il absolument maîtriser pour être un acteur du changement positif ?

Il ne s’agit pas tant d’acquérir des compétences particulières que d’être capable d’appréhender ces enjeux dans leur globalité. La grande majorité de nos formations intègre désormais ces dimensions, avec des enseignements spécifiquement dévolus à ces sujets. Sans nécessairement modifier nos référentiels de compétences, nous vérifions que nos étudiants sont en capacité, à travers leur futur métier, d’être acteurs des transitions. Le contenu des formations reste d’actualité, mais les sujets traités évoluent : par exemple, un projet qui portait auparavant sur l’aéronautique classique peut aujourd’hui s’orienter vers la motorisation à hydrogène.

Un partenariat sous le signe de la transition avec les écoles ENSA du Maroc

« Ce partenariat, signé en novembre dernier, place la transition écologique et sociétale au centre de notre collaboration. L’idée est de partager nos connaissances, de développer des formations communes et de mener des recherches conjointes sur ces sujets. Le Maroc a ses propres problématiques environnementales et sociétales, particulièrement importantes pour ce pays jeune dont la population est très sensibilisée à ces enjeux. Ce partenariat change un peu la nature traditionnelle des échanges internationaux : au-delà des mobilités étudiantes, nous cherchons à créer un véritable partage de savoirs et d’expériences autour des défis communs que nous devons relever. »