La règlementation est toujours au coeur de l’actualité économique et bancaire. A peine Bâle 3 et Solvabilité 2 assimilés et mis en place, voilà que le Conseil de Stabilité Financière qui regroupe les plus grands gouverneurs des banques centrales du monde entier a décidé en novembre 2014 d’aller encore plus loin dans la réglementation et de renforcer les capitalisations bancaires.

Aujourd’hui, il manquerait en moyenne aux principales banques systémiques – celles qui sont trop grosses pour mourir – près de dix milliards d’euros chacune de fonds propre. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans le monde de la finance. Certes les banques auront probablement jusqu’en 2019 pour se conformer à de nouvelles contraintes, certes elles dégagent actuellement des bénéfices conséquents et arriveront probablement à atteindre les objectifs fixés de ce qui portera peut-être le nom de Bâle 4, il n’empêche que cela ne sera pas sans difficultés.

 

Une réglementation foisonnante…
Les principales préoccupations des banques pour les prochaines années seront sans nul doute une meilleure maîtrise de leurs risques financiers. La multiplication des organismes supranationaux ne peut qu’accentuer le phénomène. A côté de la vieille Banque des Règlements Internationaux qui abrite le comité de Bâle et le Conseil de Stabilité Financière évoqué plus haut, le système de surveillance européen de supervision financière, nouvellement créé, est désormais bien en place : s’y côtoient l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA ), l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), l’Autorité bancaire européenne (EBA ) ainsi que le Conseil européen du risque systémique (ESRB) ! En perspective, toujours plus de surveillance et de textes de loi.

 

Et qui conditionne l’activité
La compréhension des risques ne concerne pas seulement le contrôle interne d’un organisme financier en liaison avec la BCE ou la FED, il conditionne aussi ses choix d’investissement. Aujourd’hui, l’économie tourne en rond entre banques, assureurs et OPCVM ; chacun achetant à l’autre au jour le jour des produits pour optimiser leur LCR ou SCR. La gestion des risques est devenue l’alpha et l’oméga de toute l’activité économique.

 

Des modèles de gestion des risques sophistiqués
Les formules dites standards et autres modèles internes deviennent extrêmement sophistiqués. Il suffit de parcourir quelques règlements et directives européens concernant les banques pour se rendre compte qu’ils sont remplis de formules absconses aux profanes. Jetons par exemple un coup d’oeil à la Directive sur les exigences de fonds propres CRR/CRD IV ainsi qu’au Règlement no 575 de 2013 concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit (CRR). Impossible d’y comprendre quoi que ce soit sans de solides connaissances préalables en statistiques et en probabilité…

 

Un MSc exigeant et responsable
Il nous paraît donc que le but doit être avant tout de comprendre comment les textes des directives européennes traduisant l’esprit des recommandations de Bâle 3 prennent forme mathématiquement dans les banques jusqu’à leur implémentation dans les ordinateurs. Il s’agit de former des décideurs responsables avec de fortes compétences scientifiques et qui maîtrisent leur sujet. Tel est l’objectif que nous nous sommes fixés à l’ESILV (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci) avec le MSc IBRM en partenariat avec l’Université de Padoue.

 

Par Cyril Grunspan,
Responsable du département d’ingénierie financière de l’ESILV (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci) Paris-La Défense