Licorne en vue ! Comptant parmi les 40 startups françaises sélectionnées pour le Next 40 2021, Veepee (ex vente-privee.com) fait partie des meilleures candidates pour booster la compétitivité internationale des pépites françaises du web. Ilan Benhaim, Co-fondateur / Partner de Veepee nous raconte les secrets de cette success story.

 

L’entrepreneuriat et le digital, Ilan Benhaim a ça dans le sang. « Parce que l’informatique ce n’est pas réservé aux ingénieurs », celui qui a codé le tout premier site de vente-privee.com (après avoir appris le code tout seul à seulement 12 ans) est en effet le digne héritier d’une famille d’entrepreneurs. « Mon père et ses six frères et sœurs ont chacun monté leur entreprise. J’ai donc toujours grandi dans les succès, mais aussi dans les échecs, dans l’idée d’apprendre, de comprendre, de rebondir… et de devenir meilleur. »

 

5 minutes pour changer de vie

Pour lui, l’aventure Veepee commence à 24 ans, alors qu’il est en 3e année à NEOMA BS (ESC Rouen à l’époque). Une école rejointe un peu par hasard. « J’ai passé les concours, je n’ai pas eu de Parisienne et je ne voulais pas cuber. Pour choisir mon école de commerce, je me suis juste demandé quelle ville étudiante était le plus près du 16e arrondissement où j’habitais alors : c’était Rouen ! ». Un critère de choix peu académique certes, mais gagnant, tant les professeurs qu’il y a rencontrés étaient « extraordinaires. »

C’est aussi à NEOMA que la vie professionnelle du « geek de la famille » a commencé. « Un de mes cousins germains, associé de très longue date avec Jacques-Antoine Granjon m’a proposé de venir bosser avec eux. Déstockeurs de métier, ils voyaient poindre la concurrence des solderies traditionnelles qui ouvraient de plus en plus de boutiques. Après avoir essayé de prendre ce virage de la distribution en projetant à leur tour d’ouvrir plusieurs centaines de boutiques en France, ils ont finalement opté pour le e-commerce. Leur objectif : dupliquer le concept des ventes privées, en ligne. Une rencontre, cinq minutes d’échanges et la success story Veepee était en route. « Jacques-Antoine m’a demandé si c’était vrai qu’un site de commerce électronique n’était finalement qu’une boutique qui n’avait pas de murs. J’ai dit oui et il m’a répondu « ok, fais-nous ça » ! »

Mais pour faire ça, encore fallait-il du temps. N’écoutant que son envie de se lancer, Ilan Benhaim part alors rencontrer le DG de son école pour lui présenter le projet. Résultat : son année a été validée avant même d’avoir été terminée, le co-fondateur de Veepee étant alors un des deux seuls étudiants de sa promo à se lancer dans un projet d’entreprise.

 

Independance way

Un projet d’entreprise hyper sucessfull aujourd’hui, mais qui a connu quelques échecs à ses débuts. « Ces échecs, on les accepte car ils nous ont permis d’avancer. Nous avons mis trois ans à trouver notre modèle, mais une fois que c’était fait, l’explosion de l’activité a été immédiate » se rappelle Ilan Benhaim. Une réussite que l’entreprise doit, en partie, à son indépendance. « Toutes les boites qui se montent aujourd’hui dépendent d’investisseurs extérieurs. Nous avons appris à tout faire en interne et nous nous sommes toujours auto financés. Notre objectif : être rentable Day One et n’avoir de comptes à rendre à personne ».

 

Les clichés du succès ?

Et pour être rentable, les co-fondateurs de Veepee avaient et ont encore aujourd’hui un seul mantra : c’est l’offre qui génère la demande. « Driven by quality : voilà notre credo. Notre positionnement c’est la qualité de notre offre et notre offre de service. Car pour faire de la croissance, il ne suffit pas que les clients achètent, il faut qu’ils rachètent. Et pour ça, il faut qu’ils soient satisfaits dès le premier achat ».

 

Ils identifient alors très vite le nerf de la guerre : les photos ! « A l’époque, aucune marque ne faisait de photos alors qu’elles ont un impact monstrueux sur le taux de conversion dans la vente en ligne. Quand on achète sur internet, la vue est le seul sens sollicité. Il faut donc que le client puisse voir le produit sous tous les angles, pour n’avoir aucun doute sur le produit. Car « quand il y a doutage, il n’y a pas achetage » ! On nous disait fous d’investir autant dans les photos et les superbes mannequins mais on savait qu’on ne l’était pas : on soignait juste la vitrine de nos magasins pour faire entrer les clients » insiste-t-il.

 

La Piscine plutôt que le Cimetière des éléphants

Mais avec le succès vient aussi l’inévitable équation volume / qualité / coût. Quand les volumes augmentent, les coûts, aussi, engendrant ainsi le risque de faire faillite, alors même qu’on est en croissance. C’est là qu’intervient le troisième pilier de Veepee : l’innovation. « L’innovation ce n’est pas pour faire joli, c’est LE moteur de la croissance et de la rentabilité. Il ne s’agit pas de passer des années à trouver la meilleure solution à un problème, mais de régler les problèmes de façon rapide et efficace grâce à l’innovation ». Veepee a ainsi monté une plateforme de R&D, drivée par 800 jeunes ingénieurs, pour la plupart tout droit sortis de l’Ecole 42 et d’Epitech pour « faire de l’innovation opérationnelle et ne pas devenir un cimetière d’éléphants qui produisent des rapports magnifiques… mais inutiles ! ».

 

L’école au meilleur rapport qualité / prix du monde

Une force innovante qui anime encore et toujours Ilan Benhaim, à la fois comme dirigeant d’entreprise et comme président de NEOMA Alumni. « J’ai été contacté par la Fondation il y a 10 ans pour devenir un grand donateur. Un peu perplexe d’être sollicité alors que je n’avais plus de liens avec les alumni (à part ma femme, elle aussi diplômée de NEOMA !) j’ai quand même eu la curiosité d’aller voir. Et là, je suis tombé de ma chaise ! Sur la liste des grands donateurs potentiels de l’école : que des stars mondiales. Moi qui pensais avoir échoué car je n’avais pas fait HEC, je me suis rendu compte que j’avais fait l’école détentrice du meilleur rapport qualité prix du monde : j’avais eu des profs de ouf et je trouvais un réseau d’anciens de ouf ! ».

 

Give back mode d’emploi

C’est après le départ de Thierry Guibert il y a 6 mois pour des raisons professionnelles, qu’Ilan Benhaim prend sa suite à la présidence de l’association, venant ainsi compléter le trio de choc qu’il forme désormais avec Delphine Manceau (DG de NEOMA BS) et Michel-Edouard Leclerc, président du CA de l’école. Une prise de fonction en pleine crise Covid qui a poussé le Board de NEOMA Alumni à adopter une nouvelle stratégie et à redéfinir sa mission. « Notre association est là pour faire rayonner l’école, pour qu’elle réussisse toujours mieux et donne toujours plus de fierté à ses anciens. Nous développons aussi un Business Center pour favoriser les relations entre les diplômés en jouant la carte du tiers de confiance, pour rendre le réseau toujours plus utile. Car si tu es fier de ton école et que ton école t’est utile, tu as forcément envie de lui donner en retour ». Priorité absolue pour les 600 bénévoles de l’association aujourd’hui : l’employabilité des jeunes. « Ok nous sommes la plus grande fabrique d’événements alumni en France, mais ça ne suffit pas. Dans chaque événement il faut parler offre d’emploi, offre d’emploi, offre d’emploi : nous devons aider nos gamins ! » martèle Ilan Benhaim profondément marqué par la détresse des jeunes mais résolument confiant dans l’avenir. « La capacité de notre économie à rebondir est phénoménale et l’agilité de l’écosystème des startups y aura toute sa place ! » prédit-il.

 

Conseil de pro à un jeune entrepeneur

«Si tu as une idée et de l’énergie, si tu veux essayer de monter une boite fais-le à 24 ans, pas à 40 ! »