« Passer d’une contribution individuelle à la capacité à faire contribuer les autres », telle est selon Pierre-Yves Lesaicherre l’étape cruciale qui fait basculer un manager dans le leadership. Fort d’une carrière marquée par l’innovation, l’international et un sens inné du business, ce français devenu CEO d’un des leaders mondiaux de la fabrication de LEDS revient avec nous sur un parcours entre technique et management qui l’amène à relever des challenges toujours plus ambitieux au coeur de la Silicon Valley.

 

Pierre-Yves Lesaicherre (INSEAD 97) CEO de Philips Lumileds

Pierre-Yves Lesaicherre (INSEAD 97) CEO de Philips Lumileds

 

 

« We create light »
Acteur clé de l’éclairage d’aujourd’hui et de demain, Philips Lumileds fait avant tout reposer sa force de frappe sur sa culture de l’innovation mise en oeuvre par 400 ingénieurs recherche diplômés des plus grandes universités américaines. Cette mentalité de l’invention, l’entreprise la tient d’ailleurs de l’héritage de Hewlett Packard (sa maison fondatrice) et de Philips, le plus gros fournisseur mondial de systèmes d’éclairages, et dont Philips Lumileds est une filiale à 100 %. Elle repose sur des projets aux moyens et aux budgets ambitieux, sur lesquels les ingénieurs « travaillent avec autonomie dans les meilleures conditions pour libérer leurs esprits et créer le futur. » Car c’est bien l’idée de repousser les frontières du possible qui motive Pierre- Yves Lesaicherre et ses équipes et qui leur permet de travailler main dans la main avec tous les leaders de la téléphonie mobile (sur les flashs des smartphones notamment), de l’éclairage automobile, de la télévision mais aussi, si ce n’est surtout, avec les plus grands de l’éclairage.

 

“ Capitaine de bateau, business man, meneur d’hommes… : le PDG doit savoir jouer le
bon rôle dans chaque situation, utiliser son temps de la meilleure façon possible, comprendre quand s’élever et quand descendre dans
les détails.”

Un français dans la Silicon Valley
Mais qu’est ce qui a mené cet ingénieur doctorant vers le top management au sein du temple mondial de l’innovation ?« Après avoir soutenu ma thèse en France, j’ai très vite compris que je n’arriverais pas à travailler dans un pays dont la mentalité ne correspondait pas à mon impatience à découvrir le monde, à mon besoin d’indépendance et d’autonomie. Après 5 ans de recherche en technologie des semiconducteurs au Japon, j’ai suivi une formation à l’INSEAD pour changer de direction, élargir mes horizons et comprendre le business. Il est alors devenu très clair que le seul endroit où je pourrais m’éclater, c’était la Silicon Valley. » A force de travail et de prise de risques, poussé par un leadership naturel, Pierre-Yves Lesaicherre est ainsi parvenu aux plus hautes responsabilités. Pour imprimer sa patte de leader dans cet univers multiculturel où la performance fait loi, il y a tout simplement cultivé son propre style. « La Silicon Valley puise sa force dans sa capacité à absorber des gens extrêmement différents et à prendre le meilleur de chacun pour créer quelque chose qui n’existait pas avant. J’ai fait mienne cette culture, j’ai travaillé très dur, je me suis entouré d’une équipe aussi forte que motivée et me suis focalisé sur les résultats : le business que j’ai lancé pour Philips Semiconductors est ainsi devenu son business le plus profitable. » Loin de se reposer sur ce succès, il se lance aujourd’hui le challenge le plus excitant de sa carrière : présider Lumileds, une société au CA de 2 milliards $, issue de la fusion de l’activité LED de Lumileds et de l’activité Eclairage Automobile de Philips et qui sera bientôt détenue en majorité par un fond de private equity américain. « Mon objectif est de continuer à faire de la croissance avec une entreprise innovante aux résultats toujours plus importants et à terme cotée en Bourse. Cette validation extérieure de la performance de mon entreprise serait pour moi la plus grande reconnaissance possible. »

 

Le Président est celui qu’on regarde tout le temps
Pour relever ce nouveau défi, Pierre-Yves Lesaicherre pourra s’appuyer sur les piliers de son leadership construits au fil de ses toujours celui qu’on regarde. » Il insiste également sur la pluralité des rôles du PDG. « Capitaine de bateau, business man, meneur d’hommes… : il doit savoir jouer le bon rôle dans chaque situation, utiliser son temps de la meilleure façon possible, comprendre quand s’élever et quand descendre dans les détails. » Estce à dire que le Président serait un manager à part ? Pierre-Yves Lesaicherre en est convaincu. « Un manager devient leader lorsqu’il passe d’une contribution individuelle à la capacité à faire contribuer les autres. Il devient alors le guide, celui qu’on suit. » Qui LEDS le suive !

 

La force de l’international
« Allemagne, Japon, USA, j’ai vécu chacun de mes dépaysements comme un exercice très utile d’adaptation, d’écoute et d’observation. J’y ai appréhendé des cultures différentes qui m’ont permis de me comprendre et de comprendre, en comparaison, ma propre culture. Quand on est à la pointe de l’innovation, il est indispensable de faire que différentes origines et différents backgrounds travaillent ensemble dans un objectif commun, que chacun amène le meilleur de sa propre culture pour en créer une nouvelle. C’est cette diversité qui est propice au progrès. »

 

Du jeune diplômé au CEO
« J’ai toujours été très impatient, ce qui n’est pas forcément un défaut quand on est jeune. Il ne faut jamais se satisfaire de la médiocrité et savoir changer de job s’il ne vous plait pas. Devenir CEO demande de se construire une carrière à travers de nombreuses expériences, multiculturelles si possible, mais aussi dans différentes fonctions et entreprises. L’accumulation d’expériences et la prise de risques sont indispensables pour évoluer vers des fonctions comme les miennes : alors lancez-vous dès maintenant car on n’a rien à perdre quand on est jeune. »

 

Président à plein temps ?
« Si la réalité d’aujourd’hui est qu’on n’échappe plus à ses emails et à son téléphone portable, il est important pour moi de me libérer le corps et l’esprit grâce au sport et à ma famille. Ancien adepte du sport collectif (handball et rugby), je pratique aujourd’hui la course à pieds longue distance et parcours 15 à 20 km deux fois par semaine. Même si je voyage énormément, je passe beaucoup de temps avec mes enfants. J’aime aller voir des matchs de football américain avec mon fils et assister à toutes les compétitions de natation de ma fille. Quand je suis avec eux, je le suis à 100 % et ne pense à rien d’autre. »

 

SECRET DE PRÉSIDENT
« Je lis tous les mails et les documents qui passent sous mes yeux en entier car il est fondamental de connaitre les choses en détails. Quand on est CEO il n’est pas nécessaire que vos collaborateurs sachent ce que vous savez mais ils doivent toujours croire que vous savez tout. En R&D notamment, les équipes ont besoin de savoir que vous portez un intérêt à ce qu’elles font et que vous comprenez leur travail. Cela nécessite d’entrer parfois dans les détails. Je dois pouvoir leur dire que je comprends leurs problèmes et que nous allons ensemble y trouver des solutions. »

 

CW.

 

Contact RH : http://www.philipslumileds.com/about-us/carrers