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Qu’est-ce qu ’être bienveillant ?
La bienveillance est un « sentiment par lequel on veut du bien à quelqu’un » (Robert) dans le contexte particulier d’une relation inégale. Il s’agit d’une attitude favorable à l’égard d’une personne inférieure (âge, mérite, place hiérarchique, etc.). Celui qui est bienveillant pourrait ne pas l’être et user de son ascendant. Or justement la personne bienveillante choisit de ne pas abuser de son pouvoir et de trouver une qualité particulière dans le lien à autrui. Certains parleraient de compassion, d’altruisme, d’empathie, à tout le moins de sympathie.

 

Pourquoi être bienveillant ?
La posture de bienveillance n’est pas la plus naturelle car elle suppose d’oser la relation vraie. Il est beaucoup plus facile de se retrancher derrière son quant à soi, la sécurité d’une position hiérarchique, l’opacité de l’organisation. Pourtant de plus en plus d’entreprises font le choix de la bienveillance envers leurs collaborateurs. Les entreprises où il fait bon vivre ont fait le pari de l’autonomie et de la créativité (Google et Apple en sont de bons exemples) afin de faire émerger le meilleur du potentiel de leurs salariés. Ainsi, la bienveillance permet d’avoir des collaborateurs bien dans leur peau, rassurés sur leurs compétences, avec une bonne estime d’eux-mêmes. Et c’est finalement cela que permet la bienveillance : renforcer l’image narcissique, donner confiance en soi et dans les autres. Car l’intérêt ultime de la bienveillance, c’est qu’elle fait autant de bien à celui qui la reçoit qu’à celui qui l’exerce. Être bon profite à tout le monde. On retrouve ici la loi naturelle de l’attraction : le bien attire le bien.

 

Comment être bienveillant ?
La bienveillance en entreprise revêt des formes multiples qui permettent à l’ensemble des collaborateurs de se sentir bien dans leur travail et donc de mieux s’y investir. Etre bienveillant à l’égard des collaborateurs, c’est penser à leur condition physique et psychologique de travail en termes d’ergonomie, de lutte contre les risque psychosociaux notamment. C’est aussi prendre en compte les relations humaines au sein des équipes en privilégiant un management ouvert, avec un sens de l’écoute et du dialogue. Donner le droit aux managers et aux collaborateurs de se remettre en question grâce notamment à la formation professionnelle. C’est choisir une culture d’ouverture en favorisant la diversité dans l’entreprise (sexe, âge, ethnie) et en créant de la convivialité à travers des espaces de rencontre et d’échange. Et dans un même esprit, instaurer un esprit positif en favorisant la communication bienveillante et positive (certaines entreprises ont ainsi mis en place des rappels au code de la civilité) et en valorisant l’optimisme et la créativité.

 

Comment former à la bienveillance ?
La première étape peut consister à sensibiliser les étudiants aux comportements qui ne sont pas bienveillants. C’est le cas des pratiques de discriminations par exemple. À l’ESC Dijon, dans le cadre du module de tronc commun « Management des ressources humaines », tous les étudiants ont eu à réaliser des enquêtes sur le thème du handicap ou dernièrement sur l’égalité homme/femme.
La deuxième étape suppose d’accompagner les étudiants dans une prise de conscience de la nécessité d’être bienveillant avec soi-même. Le cours de « Management des émotions » permet aux étudiants qui le souhaitent de s’initier à la Mindfulness, méditation laïque permettant de réduire le stress par notamment un travail sur la respiration.
La troisième étape permet d’aller vers la bienveillance à l’égard des autres. Cela peut prendre la forme d’un engagement citoyen avec la pédagogie par l’action citoyenne (PAC) mise en place depuis longtemps à l’ESC Dijon, ou alors la formation pour ceux qui le souhaitent à la communication non violente (CNV).

 

Une attitude éthique et responsable
La bienveillance renvoie à l’éthique personnelle et au niveau de l’entreprise à la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE). Permettre la bienveillance c’est donner la place au respect de soimême et des autres. Qui peut ouvrir sur le respect plus large encore à l’égard de la planète.

 

Par Catherine Remoussenard – enseignant-chercheur en management des émotions au Groupe ESC Dijon Bourgogne
catherine.remoussenard@escdijon.eu