VERS UNE NÉCESSAIRE CROISSANCE SOUTENABLE

Les différentes crises écologiques et sociales qui se sont manifestées sur la scène internationale ces dernières décennies (réchauffement climatique, raréfaction des ressources naturelles, pénuries d’eau douce, sécurité alimentaire, déforestation, appauvrissement de la biodiversité, croissance de la population mondiale, catastrophes naturelles/industrielles) ont permis une prise de conscience à tous les niveaux (Etats, acteurs économiques, Société Civile) de la nécessité de transformer notre société en adoptant une approche soutenable de la croissance.

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE POUR LA CROISSANCE VERTE

Secteur clé de nos économies et important contributeur au réchauffement climatique, le secteur de l’énergie est pilote avec la « transition énergétique » : il convient de rationaliser nos usages de l’énergie (moins de carburants fossiles, moins de transport, plus d’efficacité énergétique dans le bâtiment et l’industrie), produire en respectant l’environnement (ressources locales, énergies renouvelables, moins de déchets), faire progresser la société en réduisant les inégalités, générer de l’emploi. Au delà de ses effet positifs sur la société et l’environnement, la croissance verte engendrée devrait, pour la France seulement, générer, d’ici 2030, plus de 100 000 emplois dans le bâtiment, les énergies renouvelables, l’économie circulaire et les transports propres.

APRÈS LA CROISSANCE VERTE, LA CROISSANCE BLEUE

Autres moteurs de l’économie mondiale, les mers et océans ne sont pas oubliés. La stratégie « Croissance Bleue » de l’UE vise à mettre en place des politiques maritimes spécifiques basées sur une meilleure connaissance du milieu marin et de son exploitation, ainsi que des stratégies soutenables optimisées par bassin maritime. Elle doit également permettre le développement d’activités spécifiques ciblées : aquaculture, tourisme côtier, biotechnologie marine, énergie marine, exploitation minière des fonds marins. En France, cela devrait conduire à la mobilisation de la filière des énergies marines et au renouvellement des navires de pêche et de commerce au profit de motorisations plus sobres énergétiquement et moins polluantes. On estime que cela devrait engendrer la création de 300 000 emplois, en France, d’ici 2030.

LE NUMÉRIQUE, PIERRE ANGULAIRE DES NOUVEAUX MODÈLES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

Qu’elle soit verte ou bleue, la croissance soutenable engendrera de nombreuses opportunités pour les ingénieurs qui devront se montrer créatifs et innovants et adopter des approches toujours plus systémiques, transverses et pluridisciplinaires. Ce changement de paradigme passera par des transformations en profondeur de nos modèles économiques et sociaux qui ne seront rendus possibles que par la révolution numérique en cours. Le numérique apporte, en effet, une capacité à agir collectivement ; il autorise la collecte et l’exploitation de nouvelles ressources d’information et permet le pilotage d’activités et la mesure des résultats. Les nouvelles possibilités offertes par le numérique rendent ainsi possible la construction de systèmes économiques alternatifs qui s’appuient davantage sur l’usage, la proximité ou encore l’échange. Il ouvre ainsi de nouvelles perspectives dans les secteurs du bâtiment, de la mobilité, de l’efficacité énergétique (notamment au niveau des réseaux), de l’écologie industrielle, de l’ensemble de l’industrie et des services (industrie 4.0).

 

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Par Dr Philippe Haïk,
Responsable du Dept. « Energie & Environnement » à l’ECE Paris

philippe.haik@ece.fr