Depuis la rentrée 2017, l’EMIC propose un nouveau MBA dédié au management du jeu vidéo. Thomas Grellier, co-fondateur de l’école et responsable de la formation, nous dit tout sur ce nouveau programme où les étudiants sont acteurs de leur formation.

 

Pourquoi avoir créé un MBA en management du Jeu Vidéo ?

Il n’existe pas de vrai MBA de management spécialisé et sectorisé sur le jeu vidéo. Certains sont orientés plutôt technique. Notre ambition est de proposer le même contenu qu’une business school classique appliqué au champ du jeu vidéo. Les deux points qui nous différencient sont :

  • Nos 70 professeurs sont des professionnels salariés de Sony/Playstation, Electronic Arts (EA), Ubisoft, etc.
  • Toutes les matières abordées sont liées quasi-exclusivement au jeu vidéo.

Le jeu vidéo a besoin d’étudiants qui doivent savoir faire avant de savoir. Dans notre MBA, les étudiants sont acteurs de leur formation et travaillent sur des problématiques réelles portées par les professeurs professionnels du secteur. Nous apportons un regard pragmatique sur nos matières et nos formations.

Quels sont les nouveaux besoins dans le jeu vidéo auxquels répond cette formation ?

Nos professeurs partagent avec nous les attentes des entreprises et les évolutions des métiers et des besoins. Nous avons par exemple constaté l’émergence de besoins en data analysts. Certains métiers disparaissent comme le commercial ou l’ingénieur grand compte classiques et sont remplacés par des métiers orientés data. Nous pouvons également observer un transfert du physique vers le digital dans la distribution. Notre programme tient compte de ces évolutions. Nous formons des chargés de trade marketing qui savent négocier avec Cdiscount, Amazon, iTunes, la Fnac, etc. Cette approche semble fonctionner. Un chef de groupe marketing chez Ubisoft m’a dit : « c’est la première fois que je vais avoir un stagiaire qui a déjà vu un panel consommateur du jeu vidéo, qui connaît les outils dont nous nous servons au quotidien ».

Quid du smartphone et des téléviseurs connectés ?

Tous les nouveaux relais de croissance du jeu vidéo sont étudiés en cours : télévision connectée, e-sport, etc. Plusieurs spécialistes interviennent sur ce domaine. Mais ce n’est pas là que l’essentiel du business se fait. Notre formation s’intéresse aux écosystèmes classiques : PC, console, smartphone. C’est le secteur qui est le plus rentable et qui a donc le plus de potentiel de recrutement. Bien évidemment, le smartphone est une préoccupation importante car il représente une part considérable du marché du jeu vidéo, et présente des spécificités. On ne vend pas un produit à 1 € comme on vend un jeu vidéo à 60 €. Nous avons organisé un jeu de rôle de six heures sur la gestion du développement d’un jeu mobile.

Dans quel type de structures vont s’intégrer les diplômés du MBA ?

Nos étudiants ne sont pas formatés pour travailler chez les grands noms du jeu vidéo. Ils ont passé six heures avec le directeur marketing d’un jeu indépendant, puis six heures avec le directeur marketing Europe d’Activision au sujet de Call of Duty. Cette richesse des problématiques a été appréciée. À la fin de ces deux jours, les étudiants se reconnaissent dans l’approche et les modèles des différents éditeurs. Certains ont déjà exprimé leur souhait de travailler pour des indépendants quand d’autres ont manifesté leur volonté de manager dans des grands groupes.

Quels profils d’étudiants recherchez-vous ?

Les profils qui nous intéressent sont des étudiants titulaires d’un Master 1 en marketing ou en management, soit en école de commerce, soit en université. Néanmoins, nous avons recruté des profils différents : des ingénieurs, des titulaires d’un Bachelor qui sont en reprise d’études. Nous ne nous fermons aucune porte dès que nous repérons un étudiant qui a du potentiel. Globalement, notre processus de sélection est assez exigeant. Nos promotions ne dépassent jamais 20 élèves, car en France il y a un potentiel de recrutement de 15 à 25 postes tous les ans.

 

Emic © Mathieu Suprin

Emic © Mathieu Suprin

 

Quels atouts de l’EMIC retrouve-t-on dans ce cursus ?

Notre atout réside dans l’aspect pratique de notre formation. Cela ressort dans le recrutement des étudiants. Ils nous disent : « j’en ai marre des cours théoriques, ce que je veux faire c’est rencontrer des professionnels pour comprendre comment ils travaillent et commencer à me constituer un réseau ». Certains professionnels repèrent des talents dans les salles de classe pour les embaucher plus tard.

Quels métiers et entreprises pour les diplômés du nouveau MBA ?

En France, les acteurs traditionnels ont un pouvoir de captation important : Activision, EA, Ubisoft. Néanmoins, ces profils sont plébiscités par le secteur du retail, notamment la Fnac et Amazon. Pour ce qui est des métiers, ils exerceront dans toutes les branches du service marketing et commercial en priorité : chef de projet, chef de produit, chargé de communication, chargé de trade marketing et analyse de data. Les agences de communication qui travaillent dans le secteur du jeu vidéo recrutent également. Les étudiants doivent d’ailleurs comprendre que s’ils ne peuvent pas travailler directement avec la marque, ils peuvent toujours travailler pour l’agence qui s’occupe de la marque. C’est pourquoi six de nos intervenants exercent en agences.

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