« Ingénieur. La première carrière pour un jeune homme. Connaît toutes les sciences. » Voici comment Gustave Flaubert qualifiait le métier d’ingénieur dans Bouvard et Pécuchet, dictionnaire des idées reçues(1881). En France, depuis le XIXe siècle, mathématiques et humanisme se côtoient « naturellement » au sein des plus de 200 écoles habilitées à délivrer le titre d’ingénieur.

© Ecole des Mines d'Albi

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Qu’est-ce qu’un ingénieur à la française ?
À la fois manager et scientifique, l’ingénieur à la française se distingue par « sa capacité à comprendre finement les métiers qu’il coordonne », selon Jean- Pascal Jullien, directeur de la Formation Initiale à Télécom ParisTech. Quelle que soit l’école, le socle commun repose sur la rigueur scientifique et mathématique acquise en classe préparatoire, « mais il faut d’autres qualités lorsque l’on est confronté à la réalité. Voilà pourquoi les sciences humaines et sociales sont utiles », complète Alain-Louis Schmitt.

 

Des sciences complémentaires
Le rôle de l’ingénieur ne cesse d’évoluer face aux changements inhérents au monde de l’entreprise et à une sophistication de plus en plus poussée. Les mathématiques sont alors la clé pour maîtriser cette d’afficher un raisonnement pointu et de se montrer très agile », explique Bertrand Bonte, directeur Développement & Métiers de l’Institut Mines-Télécom. Aujourd’hui, face à l’accélération de la vie des produits, « la capacité de l’ingénieur à innover est mise en avant », insiste Jean-Pascal Jullien. Les sciences humaines et sociales l’aident ainsi à devenir un acteur décisionnaire central dans l’accompagnement de cette révolution numérique et facilitent la compréhension de son écosystème. « Il est fondamental de les former à la terre culturelle. C’est dans l’ADN de l’Institut Mines- Télécom. Les entreprises ont besoin d’ingénieurs avec une grande capacité à conduire des changements. C’est de l’humain avant tout ! »

 

Une forte ouverture internationale
« 10 à 15 % des ingénieurs français commencent à l’étranger », précise Bertrand Bonte. À l’heure de la mondialisation des talents, les ingénieurs français sont particulièrement recherchés. « Les Américains sont très créatifs mais ils ont du mal à structurer leurs idées, renchérit Alain-Louis Schmitt. C’est là que les Français font la différence. À Albi, nous avons mis en place le fil rouge de l’innovation qui mixe enseignements théoriques et sur le terrain. » Les élèves doivent également valider un quitus international sur la base d’un examen d’anglais et d’un stage de 3 mois ½ à l’international. Une orientation internationale concrétisée par l’ouverture de son 1er mastère labellisé Grandes Écoles uniquement en anglais, qui accueille déjà 16 inscrits dont 14 étrangers.

 

L’humanisme au coeur des Mines d’Albi-Carmaux
Symboles de cet enseignement : une formation en Management de la diversité et de l’égalité des chances, en partenariat avec la Dilcra et la Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE), et les Cordées de la Réussite, programme de tutorat entre un élève ingénieur et un lycéen. Pour Eva Petitdemange, étudiante en 2e année, c’est fondamental : « C’est à l’école de nous donner cette dimension humaine notamment par le biais de projets extrascolaires. C’est là qu’on fait la différence en tant qu’ingénieur… en menant des équipes ! Je suis présidente d’un festival universitaire européen de théâtre -Acthéa- et secrétaire du BDE. C’est très enrichissant et intéressant à vivre. » Une dimension qu’apprécie également Quentin Schoen, étudiant en dernière année : « J’ai pu recréer le club théâtre à l’école. La gestion d’équipe m’a alors aidé à mieux m’intégrer lors de mon stage en Espagne. » L’ambition de ce féru de théâtre : s’orienter vers la gestion de salle de spectacle. « C’est très complémentaire : l’ingénieur français peut travailler partout grâce à ses acquis. On nous apprend à apprendre et ensuite on fait ce qu’on veut ! Mon prochain stage se fera au sein de l’Établissement Français du Sang dans la logistique ! » Prochaine étape pour l’école : enseigner la langue des signes !

 

VC

 

Contact :
Le portrait de l’ingénieur 2030, par l’Institut Mines-Télécom :
http://www.mines-telecom.fr/linstitut-mines-telecom-presente-le-portrait-de-lingenieur-2030/