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crédit : ESSEC Business School

« L’excellence ne suffit pas, il faut y ajouter la pertinence » – Entretien avec Vincenzo Vinzi, Dean de l’ESSEC

Transcender les frontières et les barrières disciplinaires. Tel est le mot d’ordre de Transcend, le plan stratégique de l’ESSEC Business School qui veut instaurer, à l’horizon 2028, la Future-fit business education. Entretien avec Vincenzo Vinzi, Dean de l’école.

Quels sont les contours de la Future-fit business education portée par votre plan ?

Nous nous sommes appuyés sur notre histoire, et à travers elle, l’esprit entrepreneurial, la liberté d’apprentissage, les valeurs humanistes et d’engagement, le tout conjugué avec les besoins de la société. Transcend porte en lui le dépassement. Celui des frontières tangibles et intangibles, des idées préconçues et des préjugés, pour promouvoir un progrès partagé. La Future-fit business education place le business au cœur, mais un business enrichi par les questions de durabilité, l’impact de la technologie, les sujets d’entrepreneuriat et d’innovation, et les enjeux géopolitiques. L’ESSEC entend devenir la business school de référence du 21èmr siècle en conjuguant cette vision business et ces quatre problématiques, pour permettre à ses diplômés de déployer une vision holistique de la société et d’apprendre tout au long de leur vie.

Pourquoi cette ouverture n’est-elle plus une option ?

Cette ouverture est critique pour les écoles. Notre mission est de préparer les leaders de demain, amenés à évoluer dans des environnements en transformation permanente. L’excellence ne suffit pas. Il faut y ajouter la pertinence. Nos diplômés doivent être capables d’adopter toutes les méthodes et connaissances apprises à l’école, et de s’adapter à des situations inédites qu’ils auront su anticiper. Ce triptyque des 3 AAdopter, Adapter, Anticiper – est extrêmement important. Ne pas s’ouvrir engendrerait le risque de rester en marge des grandes transformations économiques, sociales, technologiques et géopolitiques.

Quelles formes revêt cette ouverture ?

Elle embrasse la diversité sous ces formes, véritable source d’innovation. L’ouverture internationale, par exemple, est clé pour naviguer dans des contextes mondiaux, interconnectés et multiculturels. Notre ADN est de proposer un vrai dialogue interculturel pour s’enrichir des différences, casser les silos entre les cultures et dépasser les frontières. Sans pour autant négliger l’ancrage territorial. Il faut emprunter les deux directions. L’ouverture est également disciplinaire, au risque de devenir rapidement obsolète, et technologique. Nous venons notamment de nouer un partenariat stratégique avec Mistral AI pour accélérer l’intégration de l’IA dans la recherche, l’enseignement et l’innovation pédagogique. Aujourd’hui, c’est l’IA générative, mais le quantique arrive très rapidement dans les entreprises. Donc cette ouverture est vitale pour nous permettre d’être pertinents dans l’éducation des jeunes talents qui, demain, devront eux aussi se montrer pertinents pour avoir un impact sur la société.

« L’ouverture évite d’être dans l’opposition » La transdisciplinarité enrichit la formation. L’ESSEC est ainsi la première école à avoir créé il y a 40 ans des chaires d’entreprise. Dernière en date : la Chaire Industries Culturelles, Arts & Technologies Créatives, ouverte en septembre 2025. L’école a également lancé un nouveau double diplôme en droit et management avec UCLA School of Law. « Il ne faut pas opposer durabilité et performance, excellence académique et ouverture sociale, technologie et humanisme. Quand on s’ouvre, on conjugue ces approches plutôt que de les opposer. »

Comment s’exprime l’excellence à l’ESSEC ?

L’excellence ne repose plus uniquement sur l’acquisition de savoirs académiques solides mais aussi sur la capacité à interconnecter des disciplines, à comprendre des écosystèmes globaux, et à incarner un leadership qui soit engagé et responsable. Pour cette raison, l’ESSEC s’engage à préparer des leaders capables de bâtir des future-fit business et, par extension, des organisations résilientes, innovantes, responsables, capables de prospérer et de contribuer à toutes les transformations de notre époque. Comment ? En déployant des compétences techniques pointues, socio-émotionnelles et transversales.

Un message aux jeunes talents ?

Soyez acteurs et pas uniquement spectateurs des changements du monde. Ayez confiance dans le futur en étant vous-mêmes et en ayant confiance en vous. Soyez les sculpteurs du progrès avec audace et sagesse.