La mobilisation massive et les manifestations mondiales en faveur du climat, les images de l’Amazonie en feu, ou de régions dévastées par des ouragans ou des cyclones, de migrants se noyant en Méditerranée ou détenus en camps de rétention aux frontières, sont autant de scènes désormais communes. De la distribution inéquitable des richesses à la surexploitation des ressources, de la pollution et à la dégradation de l’environnement : des maux qui sont la représentation des défis environnementaux et socio-économiques auxquels nos sociétés doivent désormais faire face.

 

Un constat alarmant

L’épuisement des ressources de notre planète est largement dû à la croissance économique mondiale des dernières décennies. Aujourd’hui, l’humanité utilise l’équivalent de 1,5 planète et les scénarios modérés des Nations Unies suggèrent même que si les tendances actuelles en matière de croissance de la population et de consommation se maintiennent, nous aurons besoin de l’équivalent de deux planètes d’ici 2030. Plus de 40 % de nos limites planétaires ont été dépassées. Plus de 30 % des sols sont moyennement à fortement dégradés, 20 % des aquifères sont surexploités et la pêche commerciale porte atteinte à 30 % de la population de nos fonds marins. La plupart des métaux qui alimentent les batteries de nos téléphones portables et de tous nos autres gadgets électroniques sont de nature limitée. La croissance économique mondiale et la répartition inégale de la richesse ont également conduit à des inégalités socio-économiques qui n’ont cessé de s’accroitre depuis. Aujourd’hui, peu de gens possèdent les mêmes caractéristiques que la moitié la plus pauvre du monde et le 1% des plus riches est plus aisé que l’ensemble du reste du monde. A cela s’ajoute, 30 à 40 % des populations urbaines qui n’ont pas accès aux services de base.

Evidemment, nos modes de vie et les activités humaines sont à l’origine d’un grand nombre de ces problèmes. Nous jetons un tiers de la nourriture que nous produisons. Un million de bouteilles en plastique sont achetées chaque minute. Nous sommes ainsi la première génération qui a le plus de chance de mourir du fait de ces choix de vie que d’une maladie infectieuse.

Former les générations futures

Les conséquences de ces défis socio-économiques et environnementaux sont imminentes, graves et tentaculaires. Dès lors, les changements radicaux dans les styles de vie et les comportements de consommation sont indispensables; les pratiques habituelles ne sont plus une option. Les générations passées et actuelles n’ont pas compris, ont ignoré, n’ont pas suffisamment osé ou ont capitulé devant la complexité et la nature perverse des menaces qui nous font face. Les générations futures devront compenser les tentatives infructueuses des générations passées d’agir de manière décisive et collective.

Compte tenu de l’impact critique des entreprises dans ce discours, de nombreuses écoles de commerce ont commencé à développer et à offrir des cours sur la durabilité et le leadership responsable à leurs étudiants. Dans de nombreux cas, ces cours sont soit facultatifs, soit annexes; on les trouve rarement au cœur des programmes d’études des écoles de commerce.

L’ESSEC Business School encourage très tôt dans le cursus ses nouveaux étudiants du programme Grande école à évaluer de manière critique et à remettre en question les mentalités habituelles en entreprise qui continuent de dominer l’état d’esprit notamment parmi les dirigeants et dans leurs décisions stratégiques. Au cours du séminaire de rentrée d’une durée deux semaines, Comprendre et Changer Le Monde, les étudiants apprennent qu’à l’avenir, ils ne seront plus jugés uniquement sur leurs résultats nets, mais par leurs contributions à la société et à un avenir durable pour tous.

Désormais et plus que jamais, les étudiants disposent des outils et de la compréhension nécessaire afin de transformer nos défis mondiaux en opportunités et pour que les changements nécessaires deviennent une mission possible.

Stefan Gröschl est professeur au département Management de l’ESSEC et co-fondateur de la chaire Leadership et Diversité de l’ESSEC. Son expertise s’étend au management de la diversité, leadership responsable, management des ressources humaines internationales et comportement organisationnel. Il a partagé cette expertise dans de nombreuses interventions publiques et académiques, et a publié 5 livres. Il est membre du comité éditorial de plusieurs revues académiques et presse du management.

 

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