Vous êtes créatif, innovant et vous fourmillez d’idées ? Forcément, vous êtes ingénieur. Alors quels sont les secteurs
où il faut être aujourd’hui pour participer à la construction du monde de demain ? Zoom sur les domaines qui font
bouger les lignes en France.

 

Pascale Ribon, Directrice de l’ESTACA

Pascale Ribon, Directrice de l’ESTACA

L’AÉRONAUTIQUE ET LE TRANSPORT
« Alors que les enjeux de la mobilité individuelle et collective sont énormes, la qualité du savoir-faire de nos ingénieurs dans le domaine des transports est un réel atout. Ils travaillent beaucoup en mode projet pour concevoir et modéliser ce qui fait l’innovation : logiciels auto, optimisation et fiabilité des systèmes électroniques, électrification des véhicules, gestion de l’énergie, conception de matériaux composites pour alléger les véhicules,… Dans l’aéronautique, la concurrence internationale, le développement des flottes et les enjeux économiques de gestion des appareils les ouvrent également à de belles opportunités dans la maintenance, la supply chain et la production. »
Pascale Ribon, Directrice de l’ESTACA

 

LES MATHÉMATIQUES APPLIQUÉES
« Les mathématiques appliquées attirent de plus en plus de candidats, que ce soit pour travailler dans les statistiques, l’imagerie biomédicale, l’aéronautique, la veille scientifique ou encore les études de marché et le marketing », annonce Serge Cohen, Directeur de l’Institut de Mathématiques de Toulouse. « Les entreprises apprécient leurs compétences d’experts mais aussi la structuration rigoureuse de leur réflexion, leurs capacités de synthèse et leur esprit critique. Ils débutent généralement dans des missions scientifiques d’ordre très technique mais peuvent aussi évoluer vers le management ou s’orienter vers la recherche pour les profils de docteurs – ingénieurs. Les mathématiques appliquées ont une importance extrême dans l’économie nationale : plus de 20 % du PIB français sont directement ou indirectement liés à des activités de recherche en la matière. C’est un enjeu industriel et national de première importance. »

 

LES NANOTECHNOLOGIES
« Ordinateur, voiture et même lave-linge : les nanotechnologies sont partout », affirme Stéphane Pignard, Directeur des Etudes de Grenoble INP – Phelma. « Si le domaine de base des micro et nanotechnologies est l’électronique, elles irriguent aussi de nombreux domaines. Nos diplômés se tournent notamment vers la R&D pour fabriquer des objets et développer des technologies à des dimensions toujours plus petites, vers la conception de nouveaux matériaux ou vers l’informatique (dans la conception et programmation de puces). Le secteur biomédical les attire également pour ses innovations comme la conception de nanoparticules dirigeables dans le corps humain pour cibler la délivrance de médicaments ou de puces à ADN pour améliorer les analyses et diagnostics génétiques. Les nanotechnologies les ouvrent aussi à tous les types d’entreprises : du géant de la micro-électronique comme STMicroelectronics basé à Grenoble à la start-up ou à la PME. »

 

L’ÉNERGIE
« Les énergies renouvelables intéressent beaucoup les jeunes : ça tombe bien, elles ont un grand besoin d’ingénieurs. Les technologies qui y sont liées n’étant pas encore matures, elles demandent beaucoup d’idées nouvelles notamment pour réduire leurs coûts de conception, d’installation et de maintenance, maîtriser leurs aspects règlementaires complexes et concevoir les solutions pour leur démantèlement et leur recyclage à terme. L’énergie traverse une phase de transition cruciale : elle a besoin d’ingénieurs généralistes mais s’ils sont teintés de renouvelable, c’est un plus. » L’Ecole Centrale de Nantes travaille sur les énergies marines renouvelables depuis 35 ans. Leader en Europe, elle met cette année à disposition des industriels la première plateforme mondiale d’expérimentation offshore in situ et à l’échelle 1.