DOSSIER SPÉCIAL JEUNES DIPLÔMÉS : TOUS LES POSSIBLES S’OUVRENT AUX INGÉNIEURS DÉBUTANTS

 

Il y a toujours du travail pour un ingénieur. A en croire les chiffres de l’Insee, les jeunes ingénieurs sont en effet depuis quelques années les diplômés les mieux insérés sur le marché du travail en France. Comment expliquer ce phénomène persistant malgré la crise ?

UN TAUX D’INSERTION PROFESSIONNELLE IMBATTABLE
Selon l’Enquête Insee Formations Emploi 2013, le taux d’insertion des diplômés des écoles d’ingénieurs s’élève à 96 % (contre 90 % pour les universités et 93 % pour les business schools). Et même hors des grandes écoles, les sciences de l’ingénieur font recette. A l’université, les meilleurs taux d’insertion bénéficient en effet aux étudiants en informatique (97 %), en mathématiques (95 %), en génie civil, génie des procédés et en électronique (94 %). Des chiffres boostés par des pôles d’activités régionaux, comme à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, implantée dans une région experte dans l’aéronautique, l’agriculture et l’oncologie, où les besoins dans les domaines des mathématiques, de l’informatique et du numérique entrainent 40 000 recrutements (dont 30 000 Bac + 5).

 

LES INGÉNIEURS SONT PARTOUT
Et si les ingénieurs ont plus que jamais la cote, c’est notamment grâce à l’omniprésence de la technologie qui imprègne tous les secteurs de l’économie. Cela implique en effet une forte demande de profils ingénieurs pour les bureaux d’études, la conception et les SI, mais aussi de profils plus atypiques comme en témoigne l’essor, chez les ingénieurs, de compétences commerciales pour vendre des produits à fort contenu technologique. Dans un monde économique de plus en plus complexe, les entreprises ont aussi besoin de ces experts pour construire l’ensemble de leurs offres structurées et les recrutent également pour le marketing, le consulting stratégique ou les RH. Des fonctions à forte dimension managériale qui sont privilégiées par les diplômés des écoles, alors que les universitaires continuent plutôt dans des pas étrangère à l’explosion du nombre de doubles-diplômes entre écoles d’ingénieurs et business schools.

 

ON MANQUE ENCORE D’INGÉNIEURS !
« Il y a 15 ans, 18 000 ingénieurs étaient diplômés de nos écoles, aujourd’hui ils sont 34 000 et ils bénéficient toujours d’une insertion professionnelle quasi parfaite. Alors que c’est le seul diplôme à s’être développé aussi vite, on ne forme toujours pas assez d’ingénieurs en France. Car tous les secteurs en ont besoin. Un ingénieur, ce n’est pas seulement un professionnel de la production, c’est aussi un concepteur. Il est donc indispensable partout, même là où on ne l’attend pas. Dans le luxe par exemple, où il est essentiel dans la conception des emballages et dans la gestion logistique, mais aussi dans la banque, où il crée les outils et logiciels évolutifs nécessaires aux traders. Les besoins sont tels que même si demain nous formons 50 000 ingénieurs, ils seront toujours autant plébiscités par les entreprises. »

 

LES ENTREPRISES PLÉBISCITÉES PAR LES JEUNES INGÉNIEURS
Selon le classement Universum 2013, le Top 3 des diplômés des écoles d’ingénieurs est clair : EADS, Google et Dassault Aviation (qui, en évinçant Thalès du podium confirme leur intérêt croissant pour l’aérospatial et la Défense). Du côté des universitaires, le Top 5 Thalès, EADS, Google, Air France et Safran évince les géants Apple et Microsoft.

 

Christian Lerminiaux,
Président de l’UTT
et de la Conférence des Directeurs
des
Ecoles Françaises d’Ingénieurs (CDEFI)