Grèves mondiales pour le climat, l’Amazonie en feu, un ours polaire à la dérive sur un morceau de banquise… Dans la perspective de ce scenario catastrophe, plus question pour les acteurs du Supérieur de faire de la figuration. Ils donnent la réplique aux étudiants et commencent par rendre leurs campus « plus clean » aujourd’hui pour demain. Action. 

 

En septembre 2019, le REFEDD (REseau Français des Etudiants pour le Développement Durable) lançait un appel pour que chacun, à son niveau et selon ses responsabilités, s’engage en faveur de la transition écologique de l’enseignement supérieur. Le message est clair : il faut agir maintenant, pas dans 10 ans. « L’urgence climatique ne peut plus être ignorée », signale Emma Chevé, étudiante à l’Université de Nantes. Ainsi, aux côtés des étudiants de plus en mobilisés dans la lutte contre le réchauffement climatique, les universités et les grandes écoles françaises passent à l’action et adoptent la green attitude.

Faire du développement durable une seconde nature

En 2009, lors du Grenelle de l’environnement, le gouvernement français posait un cadre réglementaire aux institutions d’enseignement supérieur et de recherche concernant leur responsabilité sociale et environnementale. La Conférence des Présidents d’Universités (CPU) et la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) avaient donc élaboré ensemble un plan d’action, dit « Plan Vert », ainsi qu’un référentiel « Développement durable », guide d’autodiagnostic et base pour la certification, à l’attention de leurs établissements membres. 10 ans plus tard, où en sommes-nous ?

Campus Responsables

Si certains se sont depuis imprégnés des enjeux environnementaux, Elisabeth Laville regrette le peu d’opérations. La fondatrice du cabinet de conseil en développement durable UTOPIES a créé Campus Responsables : le 1er réseau francophone des grandes écoles et universités engagées en matière de développement durable et de responsabilité sociale. « Même si les initiatives fleurissent en France, je veux mobiliser davantage les établissements autour des enjeux écologiques et solidaires. A la fois dans leurs enseignements, mais aussi dans l’ensemble de leur fonctionnement et de leur stratégie. Campus Responsables est un premier pas. Nous essayons d’éveiller les consciences pour que les étudiants d’aujourd’hui soient les acteurs du changement de demain. »

Chaque année, Elisabeth Laville organise avec son équipe les Trophées Campus Responsables pour récompenser les projets les plus inspirants et les plus innovants. La version francophone des Green Gown Awards, l’évènement international. « Lors de l’ édition 2020, nous avons eu plus de candidatures que l’année précédente mais 30 projets c’est encore peu je trouve. Il nous manque l’Emmanuel Faber de l’enseignement supérieur qui osera prendre des risques pour faire du développement durable une norme dans cet écosystème ! »

Trophées Campus Responsables : votre campus est-il sur le podium ?

Sur certains campus, la graine est plantée…

NEOMA Business School fait partie de ces écoles qui se bougent. L’école de commerce a notamment initié un Comité RSE étudiant. « Nous avons mis en place cette assemblée pour échanger avec les étudiants et connaître les  sujets RSE qui leur tiennent à cœur. Nous nous étions rendus compte qu’il y avait parfois un décalage entre leurs demandes et les nôtres. Le premier comité s’est tenu spontanément et vu son succès, c’était trop bête de ne pas continuer », présente Bénédicte Dulaquais, Directrice Pôle Accréditations, Certifications et RSE. Grâce à ces échanges, des cendriers de sondage pour recycler les mégots ont été mis à disposition, les gobelets en plastique des machines à café ont été retirés, les poubelles des salles de classe ont été remplacées par des poubelles de tri dans les couloirs,  les ecocups sont privilégiées lors des évènements, des repas bas carbone sont proposés à la cafétéria… « L’enjeu maintenant est de réussir à essaimer le message dans la communauté étudiante sans être moralisateur et pessimiste », espère la directrice. Pour cocher cet objectif, elle peut compter sur la créativité et les skills des étudiants du Comité RSE. « Quand nous avons installé les premiers cendriers de sondage, ils n’étaient pas très utilisés. C’est grâce à l’implication des étudiants qui ont décidé de créer une vidéo de sensibilisation drôle, diffusée sur les écrans du campus, que l’opération a fonctionné », les remercie-t-elle.

… et porte ses fruits !

Même son de cloche du côté d’ICN Business School, labellisée Engagée RSE par l’Afnor. « Nous avions déjà entamé plusieurs initiatives depuis une bonne dizaine d’années », annonce Christine Morin, Responsable Développement Durable et RSE depuis 9 ans. Un engagement qui rayonne au sein du campus ARTEM que la business school partage avec l’école d’ingénieurs Mines Nancy et l’Ecole nationale d’Art de Design de Nancy. 98 000 mètres carrés de biodiversité préservés par l’ensemble des établissements. « Avec la dizaine de composantes du campus ARTEM, l’Université de Lorraine et la Métropole du Grand Nancy, nous avons créé le dispositif CADRE (Campus Artem Durable et REsponsable) en 2019. Ensemble, nous construisons l’avenir d’un campus à impact environnemental positif. Nous nous concentrons d’abord sur trois actions : mesurer et réduire notre bilan carbone, travailler sur la mobilité citoyenne responsable et gérer le tri des déchets. »

L’objectif ? « Protéger notre environnement bien sûr, mais aussi impliquer nos étudiants. Nous les formons à devenir des managers responsables, alors autant leur montrer l’exemple ! »

Les associations étudiantes : plus si jeunes pousses

Un état d’esprit apprécié par les étudiants. L’association Green’Touch Artem d’ICN Business School soutient l’école dans ses démarches green et complète, à son échelle, par d’autres activités sur le campus. Ventes de panier bio et local, marché de Noël équitable, cleanwalks… « On avait ramassé pas moins de 7 kilos de déchets ! » félicite encore Laura Metzger, présidente de l’association étudiante.

Autre établissement, même engagement. L’association ANOPHELE du pôle Santé de l’Université de Nantes a lancé « Année écolo » : des petits évènements tous les mois comme des cleanwalks, des apéros zéro déchet ou encore des ateliers DIY pour fabriquer soi-même ses cotons lavables ou ses produits ménagers. « Nous organisons aussi une distribution de paniers de fruits et légumes de saison, bio et accessibles en partenariat avec une productrice locale », ajoute Emma Chevé, vice-présidente en charge de la communication de l’association. La faculté suit le mouvement. « L’université a lancé le projet GRÜN l’année dernière : une semaine d’animation durant laquelle toutes les associations étudiantes pouvaient proposer des projets respectueux de l’environnement. L’occasion de voir ce que les autres faisaient et ce qu’on pouvait faire tous ensemble. » Les petits changements font les grandes victoires.

Podium 2020 des Campus Responsables Mercredi 19 février 2020 s’est tenue la 6e édition des Trophées des campus responsables au Ministère de la Transition écologique et solidaire. Quelles grandes écoles et universités ont été récompensées pour leurs best practices ?

Catégorie Pédagogie pour une société durable

Toulouse INP – ENSAT

Catégorie Implication des étudiants 

IUT St Etienne – Université Jean Monnet

Catégorie Transition écologique des campus

INSA Lyon

Catégorie Ancrage territorial

NEOMA Business School

Catégorie Impact positif sur la société

HEC Montréal

 

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