« L’EPF se revendique d’abord d’un axe social et non économique. Sa mission est de susciter les changements. » Jean-Michel Nicolle Directeur de l’EPF

Campus Sceaux Eco-bâtiment © Elodie Ratsimbazafy

Campus Sceaux Eco-bâtiment © Elodie Ratsimbazafy

QUELLES SONT LES SPÉCIFICITÉS DE L’EPF ?

La mixité constituant la première des diversités, l’EPF, dans la continuité de l’esprit de sa création, est devenue une fondation reconnue d’utilité publique avec dans son objet de contribuer à ouvrir les femmes aux sciences. Cette identité, l’EPF la porte dans la plupart de ses engagements comme celui, récent, de la création avec le CESI, le Groupement des industries métallurgiques et Syntec ingénierie, de l’Institut de la réindustrialisation. Les épreuves subies par l’EPF au cours du 20e siècle lui ont donné un esprit de résistance et surtout de progrès. Le combat pour l’accès des femmes aux formations d’ingénieures se porte sur d’autres territoires : nous revendiquons d’avoir deux fois plus d’élèves en situation de handicap que la moyenne des écoles d’ingénieur-e-s françaises !

QUELLE EST L’INFLUENCE DE LA PÉDAGOGIE DE L’ECOLE SUR LES QUALITÉS SCIENTIFIQUES ET PROFESSIONNELLES DES ÉTUDIANTS ?

Si nous sommes très attentifs à toutes les évolutions pédagogiques comme la pédagogie inversée, nous considérons qu’il faut d’abord cultiver le goût de l’effort et de l’engagement personnel pour être prêt à se confronter dans la durée à la compétition mais aussi à la complexité et à la transversalité qui caractérisent notre monde contemporain. C’est pourquoi, à l’entrée dans la formation, nous cultivons une pédagogie très classique qui repose sur des apprentissages exigeants avant de mettre en oeuvre des pédagogies innovantes dans lesquelles la résolution de problèmes au sein de projets collectifs constitue un élément important. Même dans leur culture d’ingénieur-e-s généralistes, nos élèves doivent de plus acquérir une excellence dans un champ de spécialité comme l’énergie, la mécanique ou l’environnement.

COMMENT MESUREZ-VOUS L’IMPACT DES PARTENARIATS AVEC LES ENTREPRISES SUR LA PROFESSIONNALISATION DE VOS DIPLÔMÉS ?

Cette rencontre entre l’apprenant et l’entreprise constitue la clé de l’efficacité mais aussi de l’identité de nos formations. Elle permet à l’étudiant de légitimer son apprentissage en prenant conscience qu’il contient une véritable réalité de sens pour l’entreprise. De leur côté, les entreprises appréhendent la dimension généraliste de nos élèves qui les met en capacité de s’emparer de problèmes très complexes avec une agilité scientifique, intellectuelle et technologique tout à fait étonnante. Comme pour beaucoup d’écoles d’ingénieurs françaises, 60 % d’entre eux trouveront un emploi avant d’obtenir leur diplôme.

QUELS SONT LES CARRIÈRES ET LES FONCTIONS LES PLUS EXERCÉES ?

Quand on observe la cartographie des métiers, on constate qu’ils sont extrêmement variés et pratiqués au sein d’univers différents. On constate en particulier que certaines fonctions offrent des évolutions de carrière exceptionnelles, suivies, à terme, de repositionnements sur des responsabilités de management. Le profil généraliste de nos diplômés leur donne une capacité de valoriser des opportunités très intéressantes. Par exemple, ils peuvent intégrer le secteur logistique de L’Oréal, un bureau d’études chez Airbus ou devenir responsable de gros projets de travaux publics chez Bouygues. Ce qui est remarquable c’est que les filles qui entament leurs études avec parfois certains a priori quant aux choix de filières, se rendent très vite compte, grâce à l’approche généraliste, que la plupart des univers industriels et techniques leurs sont accessibles avec autant de perspectives de carrières intéressantes.

QUEL EST LE POIDS DE L’INTERNATIONALISATION SUR LES CARRIÈRES ?

L’expatriation constitue l’une des briques de base de la culture internationale EPF. L’école impose à ses élèves une mobilité internationale d’au moins un semestre. Par ailleurs, une bonne manière de défendre la posture d’ingénieur-e-s généralistes consiste à les inviter à rechercher une éventuelle spécialisation complémentaire avec un double diplôme étranger. C’est une bonne manière de les préparer à aborder les environnements culturels et technologiques les plus divers auxquels ils seront très probablement confrontés.

NEWS : Dans un contexte de mondialisation et de forte concurrence internationale où les fonctions commerciales et marketing ne cessent de prendre de l’ampleur et de voir leur rôle se modifier, l’EPF – École d’ingénieur-e-s et l’ICD International Business School proposent un nouveau Bachelor totalement hybride « Tech Sales Management », en 4 ans.

 

Patrick Simon