Le RÉSEAU UT, composé des universités de technologie UTC , UTT et UTBM, a engagé depuis 10 ans l’exportation de son modèle mariant atouts des écoles d’ingénieurs et de l’université. Après la Chine, une formation ouvre au Chili tandis que d’autres se profilent au Maroc et au Mexique. L’ambition de construire une université mondiale de technologie devient réalité.

Pascal Brochet, directeur de l’UTBM © Samuel Carnovali

Pascal Brochet, directeur de l’UTBM © Samuel Carnovali

Déjà 1 000 ingénieurs UT Chinois
Le réseau UT célèbre cette année les 10 ans de l’Université de Technologie Sino-Européenne de l’Université de Shanghai, UTSEUS. « C’est une très belle réussite, se félicite Pascal Brochet, directeur de l’UTBM. Elle souligne la pertinence et l’attractivité de notre modèle UT. » L’école chinoise propose un cursus sur le modèle des UT. D’abord 1 an de français et 2 ans de tronc commun à Shanghai. « Les élèves sont formés à la française et s’intègrent facilement en cycle ingénieur en France pour un cursus de 3 ans », précise Pascal Brochet.
UTSEUS forme 120 élèves par an. « 60 viennent à l’UTC, 30 à l’UTT et 30 à l’UTBM », explique Alain Storck, président de l’UTC et du réseau UT. En 10 ans, UTSEUS a formé près de 1 000 ingénieurs. « Notre coopération avec l’université de Shanghai inclut l’accueil de 6 mois à 1 an pour nos étudiants français », ajoute Pascal Brochet. 70 élèves ont fait ce choix de l’acculturation.

 

Un modèle attractif
Au niveau institutionnel, les formations françaises sont reconnues. « La Chine s’intéresse à notre modèle et nourrit même une forme d’admiration », confirme Pascal Brochet. Les étudiants chinois ont compris que leur employabilité auprès des groupes français est décuplée par le diplôme UT. « Ils apprécient une formation professionnalisante, de haut niveau car irriguée par la recherche et ils sont attirés par la culture française. » L’UTSEUS bénéficie des relations de son club d’entreprises. Le réseau discute avec son partenaire chinois pour monter à Shanghai un cycle ingénieur reconnu par la CTI, ouvert à des élèves chinois et internationaux. « Il porterait sur les thèmes Big data, ville durable et gestion des grands réseaux complexes » précise Pascal Brochet.

 

Après la Chine, le Chili
Le développement international du réseau passe par l’ouverture d’antennes. « A l’instar d’UTSEUS, elles sont fondées sur le triptyque formation, recherche et partenariat avec les milieux économiques », précise le président Storck. L’UTC est partie en éclaireur au Chili. Elle a ouvert en mars 2014 une antenne au sein du lycée Jean d’Alembert à Vina Del Mare. « Nous avons associé des partenaires économiques avec le soutien de la chambre franco-chilienne de commerce et d’industrie. Via une Fondation, ils dotent nos élèves de bourses pour étudier sur place puis pour terminer leur cursus en France. » L’antenne chilienne est à vocation régionale et vise des promotions de 50. Elle accueille déjà des étudiants des pays voisins et est associée avec 3 universités.
Autre caractéristique de la stratégie : les antennes sont thématisées. Le thème systèmes urbains, ville durable et intelligente à Shanghai est adossé depuis 3 ans à un laboratoire conjoint aux UT et à la SHU. Au Chili, le thème est transports et chimie verte. « Nous réfléchissons à monter un laboratoire commun avec l’université de Valparaiso sur la valorisation des agro-ressources et le biomédical » indique Alain Storck.

 

Le Mexique
Les UT ont été sollicitées début 2015 par l’Ambassade de France au Mexique pour un projet de pôle de technologie. « Il se monte en partenariat avec des entreprises et des institutions » explique Alain Storck. Le premier volet concerne la création d’un double diplôme de master transports ferroviaires. Il comprendra à l’avenir un cycle sur le modèle d’UTSEUS.

 

Et le Maroc
Autre projet au Maroc : un cluster de formation, de recherche et d’innovation entre le réseau UT et RabaTech composé d’écoles d’ingénieurs et de l’université, sur le thème des transports. « C’est le Maroc qui a fait appel à nous, ce qui confirme à nouveau l’attractivité de notre modèle, se réjouit Alain Storck. Cette antenne aura aussi une vocation régionale vers le continent africain. Notre ambition de construire une université mondiale de technologie passe par une présence sur chacun des continents. »

 

A. D-F