Entre pilotage quotidien en connexion étroite avec l’opérationnel et participation aux décisions stratégiques, le Directeur Général Adjoint est bien plus que le bras droit du dirigeant d’une entreprise. Portrait de ce top manager au coeur de l’innovation et de la performance des organisations.

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La figure incontournable de l’entreprise de taille moyenne
Pourquoi de plus en plus de profils de DGA font-ils le choix de l’entreprise de taille moyenne ? Parce que malgré une rémunération souvent moins importante que dans les grandes entreprises, ils y voient un cadre idéal pour déployer leurs ailes. “ Grâce à l’expérience et à l’expertise rares qu’ils ont souvent acquises dans de grands groupes, ils apportent beaucoup à ces structures et leur permettent par exemple d’oser se lancer à l’international ou de se structurer grâce à des propositions organisationnelles innovantes inspirées de celles de ces grandes structures “ précise Pierre-Yves Sanséau, professeur à Grenoble EM. De leur côté, ces profils voient en ces entreprises moyennes l’occasion de prendre des responsabilités dans un cadre nouveau, plus humain et en grande proximité avec toutes les parties prenantes (dirigeants, salariés, clients, partenaires,…).

 

Plus qu’un manager, un binôme
Mais parler du DGA sans évoquer la figure du DG serait une hérésie. En effet, comme l’indique Hugues Poissonier, Professeur à Grenoble EM et Directeur de la Recherche de l’IRIMA, “ il faut toujours raisonner en terme de binôme où tout est une question d’équilibre et de complémentarité entre analyse des situations, empathie, fermeté, opérationnel et stratégie. “

 

Un rouage essentiel de la conduite du changement
Une complémentarité qui offre au DGA un rôle très concret à jouer dans la conduite du changement. “ Dans une entreprise, le DG répond généralement à la question du “ pourquoi “ et le DGA à la question du “ comment “. Or, le fait de répondre au “ comment “ (en tenant compte notamment des réalités du terrain) peut modifier de façon notable le “ pourquoi “, précise Hugues Poissonier en insistant sur la capacité du DGA à challenger les orientations proposées par le DG.

 

Le DGA made in America
Si les pays anglo-saxons (USA et Canada notamment) ont plutôt coutume de parler de Vice President pour désigner le cercle fermé qui accompagne le DG dans la constitution et le déploiement de sa stratégie, la figure du DGA est assez présente dans l’entreprise de taille moyenne. Il joue notamment un rôle important dans le domaine des nouvelles technologies où “ il est en veille permanente sur tout ce qui se passe en dehors de l’entreprise : les bonnes idées, les bonnes personnes, les bons brevets, les bonnes alliances,… Aligné avec la stratégie de l’entreprise, il fait figure de radar, de dénicheur d’opportunités et de nouveaux marchés “ ajoute Pierre-Yves Sanséau. Un rôle crucial dans un contexte de forte innovation et par nature instable.

 

Portrait robot du DGA de demain
Demain plus encore qu’aujourd’hui, le DGA sera la “ courroie de distribution entre la Direction Générale et le reste de l’entreprise. Doté d’un vrai goût pour le relationnel et l’empathie, il devra aussi agir avec fermeté pour faire évoluer les décisions stratégiques sans toutefois les remettre en cause systématiquement “ indique Hugues Poissonnier. Un subtil équilibre qui requiert des profils novateurs. Titulaire d’une formation Bac +5 de type école de commerce ou d’ingénieurs, le nouveau DGA a entre 35 et 42 réduite que ses ainés (7 à 12 ans en moyenne). “ Innovant et curieux, il a acquis son expérience dans de multiples entreprises. Successeur naturel du DG, il n’a pourtant pas forcément vocation à le devenir. La jeune génération de DGA a la bougeotte et a envie de vivre des expériences d’entreprises, de passer de structures en structures pour leur apporter le sang neuf et les idées nouvelles dont elles ont besoin “ conclue Pierre-Yves Sanséau.

 

CW.