Vous avez dit précarité numérique ? Parce qu’on oublie que certaines personnes n’ont pas toujours accès à internet ou ne savent pas se servir des outils informatiques, Paul Burrero met sa passion de la tech au service des autres. Témoignage d’un étudiant solidaire dans une démarche salutaire.

 

En MBA stratégie digitale à l’ESCEN, Paul a 22 ans. Depuis tout petit, il se passionne pour l’informatique et lorsque l’heure de s’orienter a sonné, un métier dans le digital et la tech était une évidence. « J’aimerais beaucoup devenir assistant web marketing ou chef de projet digital », espère-t-il.

Mais se contenter d’apprendre, très peu pour lui ! « Je veux transmettre à mon tour mes connaissances. » Alors, en apprenant l’existence d’un partenariat entre l’ESCEN et Emmaüs Connect, Paul se lance. Car l’école de commerce tournée vers le numérique a en effet décidé de s’allier à l’association nationale pour faire du numérique une chance pour tous. Comment ? En proposant aux étudiants d’accompagner les personnes en précarité numérique.

Coaching

Seniors, travailleurs pauvres, demandeurs d’emplois, migrants… « Ce sont surtout des personnes âgées mais aussi des personnes qui ont de grosses lacunes en informatique », précise le bénévole. La précarité numérique touche les personnes qui n’ont pas les moyens de s’offrir un ordinateur et un smartphone ou qui ne savent tout simplement pas s’en servir parce qu’on ne le leur a jamais appris. Les étudiants de l’ESCEN, comme Paul, sont chargés de les aider. « Nous leur montrons par exemple comment faire les démarches administratives nécessaires à la déclaration d’impôts en ligne ou encore comment rédiger avec deux mains sur le clavier pour aller plus vite. »

Bonus

A raison de trois demi-journées par an, cette expérience fait partie intégrante du cursus. « On peut tous décider de participer au projet à partir de la dernière année de bachelor, puis continuer en master », a expérimenté Paul. Le jeune homme salue l’engagement de l’école. « Pour une fois, ce n’est pas un partenariat avec une autre entreprise mais avec une association qui mérite plus de reconnaissance. Et c’est tout aussi professionnalisant. »

Atout sur le CV, utilisation des compétences acquises en cours et découverte d’une nouvelle facette du numérique, toutes les raisons sont bonnes pour apprendre. « Quand on est étudiant, on manque d’expérience professionnelle et là, c’est l’occasion de s’en faire au service d’une bonne cause. Lors d’un entretien d’embauche, je serai mieux préparé à expliquer ce que je fais auprès d’une entreprise puisque je l’ai fait au sein d’Emmaüs Connect. » Que de bonnes raisons !

Bonus +++

Sans compter l’enrichissement personnel. « J’ai aussi appris à leurs côtés sur le plan humain. Je me suis rendu compte que le numérique n’est pas un acquis et que tant que je pourrai aider le autres je le ferai. » Son prochain défi ? Rendre le numérique plus vert. « Engagez-vous dans des causes et des associations humanitaires ! » Un lanceur d’appel.

Les oubliés du numérique En 2019, l’illectronisme, ou illettrisme numérique, concernait 17 % de la population. Les personnes les plus âgées, les moins diplômées, aux revenus modestes, celles vivant seules ou en couple sans enfant ou encore résidant dans les DOM sont les plus touchées par le défaut d’équipement comme par le manque de compétences. Source : INSEE