Avec ses 225 000 habitants, trois IUT rattachés chacun à une université propre, une demidouzaine d’établissements offrant des formations en BTS, Lille représente sans aucun doute l’une des villes incontournables en France pour les jeunes étudiants en Bac +2/3. Reportage au sein de l’IUT de Lille 2, situé à Roubaix, à proximité de la métropole lilloise.

1 200 étudiants et bientôt 40 ans d’existence
Créé en 1974, situé en plein coeur de Roubaix, l’IUT de Lille 2 accueille 1 200 étudiants encadrés par 55 professeurs permanents et 200 à 300 vacataires. Quinze formations différentes sont proposées aux élèves : trois IUT ouverts en formation initiale classique, en formation continue, et en apprentissage (Carrières Juridiques, Techniques de Commercialisation et STatistiques et Informations Décisionnelles), dix licences professionnelles (ouvertes en formation initiale et continue, quasiment toutes disponibles en alternance, tandis que l’apprentissage ne concerne que l’une d’entre elles) et deux Diplômes Universitaires (DUETI et Acheteur public). Une offre de formation qui a changé au fil du temps, rappelle Frédérique Perron, chargée de communication pour l’IUT : « Il y a eu l’avant et l’après mise en place du système LMD : ce changement a coïncidé avec le développement des licences pro et avec l’arrivée du directeur qui a cherché à faire une place à l’IUT dans le système LMD, ce qui n’est pas toujours évident. » L’ouverture sur l’international représente également un axe de la formation offerte aux étudiants, via des stages ou des études à l’étranger facultatifs. Maryse Petit, chef du département Techniques de Commercialisation, estime qu’un quart des étudiants de l’établissement part à l’étranger au cours de sa scolarité.

 

« Une vraie collaboration avec les entreprises »
Une des fiertés du directeur de l’IUT, c’est ce lien fort que l’établissement entretient avec le monde professionnel. « Il y a une vraie collaboration avec les entreprises : elles sont très impliquées dans notre institut », déclare-t-il avec une satisfaction manifeste. « Elles viennent pour enseigner chez nous, elles sont là pour nous aider en termes de taxe d’apprentissage, elles font partie de nos comités de pilotage, et nous organisons des forums carrière, des réunions avec les professionnels qui recrutent nos élèves. » Sans oublier les offres d’emploi que les entreprises font parvenir à l’école, les enquêtes que l’établissement ou l’université réalisent auprès des recruteurs afin de connaître leurs besoins, les rencontres avec les professionnels, dans leurs locaux ou dans ceux de l’IUT.

 

3 nouvelles licences et peut-être un 4e IUT
Alors qu’il célèbre ses dix ans à la direction de l’IUT, Larbi Aït Hennani a des projets plein la tête pour les années à venir :
• Le développement de la formation en alternance et l’apprentissage, tout d’abord, ce qui n’a rien de surprenant pour ce directeur qui porte également la casquette de vice-président chargé de la formation continue et de l’apprentissage à l’université Lille 2.
• La création de nouvelles formations, ensuite : trois licences, éventuellement de nouvelles options, voire un quatrième IUT. Le but ? Offrir un enseignement qui soit toujours en adéquation avec les exigences et attentes des entreprises. « On s’intéresse aux besoins des entreprises et également aux métiers émergents », explique-t-il. « Actuellement, il y a certaines offres d’emploi auxquelles on ne peut pas répondre : nos étudiants n’ont pas ces compétenceslà. » Maryse Petit, responsable de la licence ecommerce, confirme cette attention que porte l’IUT à la parole des professionnels : « Dans le ecommerce par exemple certains métiers n’existaient pas il y a trois ans. Si on n’avait pas de contact avec les entreprises, on ne pourrait pas former nos étudiants. »
• Le changement de locaux, avec pour objectif d’offrir la place nécessaire aux étudiants qui suivront les nouvelles formations citées plus haut. Aujourd’hui, avec 1 200 étudiants, l’IUT de Roubaix atteint quasiment sa capacité maximale d’accueil. « On déménage pour augmenter notre offre d’enseignement. On ne peut pas parler de développement si on n’a pas de place », explique Larbi Aït Hennani. L’IUT de Roubaix offre donc à ses étudiants des programmes véritablement innovants, dans la mesure de ce qu’il est possible de proposer, nuance toutefois le directeur. Sachant que le DUT est un diplôme d’état qui suit un programme fixé au niveau national, la marge de manoeuvre dont dispose le corps enseignant pour proposer de nouvelles idées, de nouveaux cours, reste réduite.

 

« A l’IUT, il y a une vraie vie »
Grâce à la présence de nombreuses associations étudiantes (comme le BDE ou le BDS par exemple) qui organisent des rencontres sportives, voyages, soirées et autres manifestations, « à l’IUT il y a une vraie vie », se réjouit le directeur. Au sein du département Tech de Co, les étudiants sont soumis à l’obligation de mettre en place des projets et de faire partie d’associations. « Notre département a été l’un des premiers à mettre en place des projets tutorés alors qu’à l’époque ils n’étaient pas inscrits dans la plaquette pédagogique », déclare Maryse Petit avec satisfaction. « Comme nous étions à l’origine de cette initiative, il est évident que nous les soutenons et les développons. Nous demandons aux étudiants d’être autonomes et responsables d’un projet dont ils sont porteurs, évidemment en lien avec leur formation. Pour beaucoup de projets, il s’agit presque de simulations professionnelles. » Le département Tech de Co n’est pas le seul à agir de la sorte : au sein de l’IUT Carrières Juridiques, ce sont des simulations de procès, des conférences avec des magistrats qui sont mises en place. « Le but du jeu c’est aussi de leur apprendre à travailler en équipe », souligne Guillaume Serra, chef du département. Enfin, les étudiants de l’IUT de Roubaix ont accès aux nombreuses infrastructures sportives de l’Université Lille 2, aux activités culturelles qu’elle propose, etc.

A g., Maryse Petit, chef du département Techniques de Commercialisation, et à d., Frédérique Peron, chargée de communication pour l’IUT.

A g., Maryse Petit, chef du département Techniques de Commercialisation, et à d., Frédérique Peron, chargée de communication pour l’IUT.

« L’étudiant n’est pas un numéro de matricule »
« L’étudiant est au centre du dispositif chez nous. Ce n’est pas un numéro de matricule », avertit d’emblée Larbi Aït Hennani. Guillaume Serra approuve : « C’est vrai qu’on connaît les étudiants personnellement, ils ne sont pas noyés. Je trouve l’IUT très familial et c’est agréable d’y travailler. On accueille même des lycéens pendant les cours. » Conséquence ? Un lien fort qui unit certains anciens élèves à l’IUT. « Il y a des anciens étudiants qui sont devenus profs », précise Larbi Aït Hennani. Et Frédérique Perron d’ajouter l’anecdote d’une « ancienne élève qui apparemment avait un lien très fort avec l’IUT, et quand elle a su qu’un poste se libérait, elle a postulé. »

 

L’IUT de Roubaix en une phrase ?
« L’étudiant sera accompagné et il aura une formation de qualité qui lui permettra de construire son projet », Larbi Aït Hennani, directeur.
« Aider des jeunes à réussir et à être heureux de leur réussite », Maryse Petit, chef du département Techniques de Commercialisation.
« Une formation que j’aurais souhaité faire après le Bac », Vincent Vandewalle, chef du département Statistiques et Informatique Décisionnelle.
« L’écoute de l’étudiant, la taille humaine de notre IUT pour le professionnel de demain », Guillaume Serra, chef du département Carrières Juridiques.
« Faire aimer et découvrir le marketing qui est une matière qu’on m’a appris à aimer et découvrir », Frédérique Perron, chargée de communication et enseignante.

 

Trois IUT, trois domaines de spécialité
Vivier d’étudiants avides de savoir, Lille offre un panel diversifié de diplômes au niveau Bac +2/3. En effet, chacune de ses trois universités comprend son propre IUT :
Lille 1, Sciences et Technologies, IUT A
Lille 2, Droit et Santé, IUT C
Lille 3, Sciences humaines et sociales, IUT B
Larbi Aït Hennani met immédiatement les points sur les i : entre les IUT, c’est la coopération qui fait loi, sûrement pas la compétition. « Nous ne sommes pas dans des domaines concurrentiels, parce que nous sommes très complémentaires. Il y a des synergies entre nous : par exemple on fait des affiches ensemble pour promouvoir les IUT. » Et concernant les trois licences pro en projet pour l’IUT de Roubaix, le directeur se veut rassurant : elles se feront « dans un cadre lillois, sans concurrence, sans duplication de diplômes. »

 

 

Lille à travers vos cinq sens…
A voir : La rue Solférino, connue pour ses bars et restaurants, ou la piscine-musée d’art et d’industrie de Roubaix, magnifique lieu à deux pas de l’IUT de Lille 2 (23, Rue de l’Espérance).
A goûter : Les kebabs du Riadh servis avec leur fameux thé à la menthe (Place des Reignaux), ou une gaufre traditionnelle chez Meert (27, Rue Esquermoise).
A toucher : Les vieux livres du marché de la vieille bourse (sur la Grand Place) ou les parapluies tendance du Factory Design Shop (99, Rue Esquermoise).
A sentir : Les effluves fruités du marché de Wazemmes (place de la Nouvelle-Aventure) ou les chocolats chauds de Nothing Hill Coffee (94, Rue Esquermoise).
A écouter : Les concerts au Zénith, à l’Aeronef ou au Splendid, ou le carillon de la Chambre de Commerce de Lille qui imite l’air du p’tit Quinquin (2, place du Théâtre).

 

Claire Bouleau