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INSA Lyon, un pas de danse pour la mémoire

INSA Lyon danse - Projet Gwada
© Mathis Arbez

Du 18 au 24 avril 2022, 32 étudiants de l’association Art de la Scène de l’INSA Lyon se sont envolés en Guadeloupe pour découvrir le Gwo-ka, une danse historique de l’île. Récit d’une aventure hors du commun !

Une rencontre artistique et humaine

Le projet est né de la rencontre entre la chorégraphe Guadeloupéenne Léna Blou et Delphine Savel, enseignante référente danse et responsable de la Section Danse-études de l’INSA Lyon, en 2015. Les deux femmes se reconnaissent en tant que pédagogues, danseuses, chorégraphes dans leur amour et leur défense de l’art de la danse. Delphine Savel promet alors à Léna Blou de venir en Guadeloupe avec ses étudiants. En juin 2021, cette promesse devient officielle et les deux professionnelles de la danse créent le projet « Insularité » et « pluriversalité », un pas de danse à la rencontre de l’autre. Projet qu’elles proposent aux élèves ingénieurs de l’Art de la Scène (l’association des étudiants des sections Danse et Théâtre-études).

Une des ambitions de l’INSA Lyon est de former de véritables ingénieurs, participant à une culture humaniste. Le Centre des Humanités soutient cet axe de formation en coordonnant les 5 sections Arts-études : Danse, Théâtre, Musique, Arts plastiques et Cinéma. Ces sections permettent le développement artistique et culturel de l’étudiant. Ce projet porté par l’INSA Lyon est construit en partenariat avec le CNSMD Paris et soutenu par la Maison de la Danse. Il est porté financièrement et logistiquement par l’association d’étudiants Art de la Scène et reçoit les soutiens de la section Danse-études, du Centre des Humanités, de l’institut Gaston Berger et de la fondation de l’INSA Lyon.

Tomber mais se relever

Voilà un des principes fondamentaux de la danse Gwo-ka et du bigidi. C’est au côté de Léna Blou que les étudiants de la section Danse-études ont appris les bases de cette danse historique. A l’origine, le Gwo-ka était pratiqué par les esclaves pour montrer leur résistance face à la déshumanisation. Cette pratique associe le chant, les rythmes joués aux tambours ka et la danse, tout en valorisant l’individu par des séquences d’improvisation. En novembre 2014, le Gwo-ka guadeloupéen est inscrit par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Durant cette semaine immersive, les étudiants ont pu découvrir la culture guadeloupéenne en visitant des lieux chargés d’histoire mais aussi en participant à différentes masterclass autour de la danse et de l’environnement artistique et chorégraphique de Léna Blou. Ils ont alors intégré la notion de Bigidi, de déséquilibre, dans leur vocabulaire artistique.

Ce séjour a été l’occasion pour les ingénieurs-danseurs mais aussi vidéastes et techniciens de faire des rencontres pleines d’émotions, de joie et de partage. Un projet et des rencontres qui permettent de développer les softskills de connaissance de soi, du groupe et de management de projets d’envergure comme la gestion de budget ou la gestion logistique et administrative.

Léna Blou au campus de la Doua

Docteure en anthropologie de la danse et décorée de l’ordre de chevalier de la légion d’honneur, Léna Blou est une danseuse, chorégraphe et pédagogue guadeloupéenne. Actuellement, elle exerce le rôle de directrice du centre de formation de danse La Fabrik’. 

Soutenu par la Maison de la Danse et en partenariat avec le département de notation du mouvement du CNSMD à Paris (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse) l’INSA Lyon accueillera Léna Blou en novembre 2022. Elle interviendra le mardi 8 novembre pour animer une conférence autour de l’esthétique du Bigidi, issu du Gwo-ka : Le geste chaotique du corps dansant : expression d’une nouvelle pluriversalité. Le jeudi 10 novembre la danseuse présentera « Le sacre du sucre », un solo de danse accompagné par deux percussionnistes, suivi par la restitution des étudiants. Ce sera l’occasion pour eux de transmettre au public leur travail réalisé en Guadeloupe. 

La notation de la Techni’ka

Léna Blou développe la Techni’ka, une technique d’enseignement contemporain du Gwo-ka et sa théorisation. La Techni’ka est un véritable outil de transmission de cette danse patrimoniale. Après des années de recherches et d’analyses, Léna Blou publie un ouvrage qui amène à réfléchir sur l’histoire du corps dansant intégré dans les caraïbes.

Faustine Aziyadé, étudiante au CNSMD de Paris en écriture du mouvement (notation Laban), contribue également au projet. Elle se rend en Guadeloupe avec les étudiants de l’INSA, pour entamer un travail de notation de la Technik’a à partir du glossaire de pas établi par Léna Blou dans son ouvrage éponyme, paru aux Editions Jasor en 2005. Cette notation serait une concrétisation supérieure au travail de la chorégraphe, qui permettrait de faire entrer le Gwo-ka dans l’histoire de la danse.

Chiffres-clés :

32 étudiants
1 enseignante
64 000 €

L’’info en + :

Une deuxième campagne de crowdfunding a été lancé dès la rentrée pour financer la venue de Léna Blou. Pour soutenir ce projet vous pouvez effectuer un don sur la plateforme ou simplement le suivre sur les réseaux sociaux.

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